Encore un chèque. Encore un dispositif.
Encore l’illusion que l’on réindustrialise la France à coups de bons d’achat.
L’« écochèque made in France » est présenté comme une idée moderne. C’est en réalité un aveu d’impuissance. Quand un pays en vient à subventionner l’acte d’acheter ce qu’il n’est plus capable de produire à un prix compétitif, le problème n’est pas le consommateur. Le problème, c’est le système.
On culpabilise la demande pour éviter de réformer la production.
On empile normes, charges et contraintes, puis on s’étonne de l’écart de prix.
Et pour finir, on demande aux entreprises de financer la bonne conscience publique.
Après les primes, les labels et les chèques « vertueux », voici donc le chèque correctif obligatoire.
L’État échoue à créer les conditions de la compétitivité et délègue la facture aux employeurs.
C’est commode. Et profondément malhonnête.
La France n’est pas dépourvue d’atouts : elle est entravée.
Le tissu entrepreneurial existe, l’innovation aussi.
Ce qui manque, ce sont des entreprises capables de grandir, du capital, une énergie abondante et compétitive, et surtout la fin du conformisme technocratique qui étouffe la production.
Le made in France n’a pas besoin de subventions à la consommation.
Il a besoin d’un État qui change le cadre au lieu de distribuer des béquilles.
La souveraineté ne se distribue pas en bons. Elle se construit par le courage de réformer.