#RDC: [ Congo confidentiel ] Pressions sur le Procureur, Résistances, Motivation et Terrain d'entente] Ainsi, lors de son séjour à Kinshasa, Karim Khan aurait subi des pressions extrêmes de la part de Tshisekedi et de son entourage pour aller dans ce sens à la suite de la réouverture des enquêtes de la CPI sur le pays.
“ Un dossier à charge de l'ancien Président Kabila, constitué par une commission d’experts de la Présidence, de l'Auditorat militaire et des Services de renseignement, a été remis au Procureur de la CPI” nous confirme un Attaché militaire occidental en poste à Kinshasa qui affirme, en outre, que certains renseignements font aussi état d'une forte motivation, en espèces sonnantes et trébuchantes, mise à la disposition du Procureur par le pouvoir de Kinshasa, pour accompagner positivement cette initiative.
Originaire d'Afrique Centrale et au fait du dossier, une ancienne cadre de la CPI fait plutôt état des “ fortes réserves” de l'équipe du Procureur face à ce montage. Selon elle, “Karim Khan et son équipe résisteraient à cette proposition du fait, premièrement, des difficultés techniques à qualifier les différents faits allégués
dans le dossier reçu, de crimes relevant de la compétence de la Cour Pénale Internationale et, deuxièmement, de la bonne image dont jouit Kabila au sein des structures de la CPI, pour avoir donné, en 2002, la soixantième ratification qui avait permis l'entrée en vigueur du Traité de Rome et, subséquemment, collaboré franchement avec la Cour.
Durant son mandat à la tête du pays, plus de six congolais, poursuivis pour crimes relevant de la compétence de la Cour, ont en effet été pris en charge et jugés”. Malgré ces résistances de l'équipe du Procureur, Kinshasa n’en a pas démordu, insistant sur la pertinence de sa démarche et mettant en balance la suite des opérations communes avec la Cour qui, face à la pression de l'Administration Trump et d'Israël et ses autres alliés, a besoin de se requinquer sur d'autres dossiers, dont le Congo.
Ainsi, un terrain d’entente aurait été trouvé entre Kinshasa et La Haye. Il s’agirait pour le Bureau de la CPI d’inviter à titre d’information l'ancien Président Kabila à La Haye dont la réponse, positive ou négative, à l'invitation, servirait d'élément déclencheur d'une vaste campagne médiatique, menée en sous-main par la machine de propagande de Kinshasa et destinée à jeter l'opprobre sur Joseph Kabila et à le disqualifier des enjeux politiques en cours dans son pays, la RDC. (2)