Plan d’immigration du PQ : amateur et erroné
Ça faisait quelque temps que j’attendais le plan d’immigration permanente du Parti québécois et les détails de leur proposition de réduire ces seuils à 35 000 personnes par année. Malheureusement, je dois avouer que je reste sur ma faim alors que les révélations de La Presse ce matin présentent un plan incomplet, basé sur des chiffres erronés, et surtout, minant la part de l’immigration francophone dans nos seuils d’immigration permanente. Décidément, l’idéologie aura eu raison des faits et c’est très dommage.
J’en aurais long à dire, mais je m’en tiendrai à ces quelques points :
1. Couper l’immigration économique comme veut le faire le PQ va nuire au français
La proposition du PQ est d’accorder la résidence permanente à davantage d’immigrants économiques qui se trouvent actuellement déjà au Québec en tant que temporaire. Ceci est une excellente proposition qui est depuis longtemps mise de l’avant par Québec solidaire qui vise avant tout à privilégier les candidats du Programme de l’expérience québécoise (le PEQ).
Cependant, de réduire ces seuils et de les faire passer de 43 800 à 23 000 dans la catégorie économique vient ni plus ni moins sabrer dans l’immigration économique spécifiquement sélectionnée par le Québec. Surtout, c’est dans cette catégorie que nous pouvons imposer un niveau important de connaissance de la langue française. C’est aussi dans cette catégorie que le Québec identifie précisément les métiers en demande. Je comprends mal que le PQ suggère de réduire de près de la moitié l’immigration économique francophone choisie par le Québec. C’est une très mauvaise décision.
2. Le PQ utilise des chiffres erronés sur le regroupement familial
Aujourd’hui, ce sont des milliers de Québécois et de Québécoises qui sont en attente de pouvoir retrouver leurs époux et enfants qui sont à l’étranger. Cette crise de la réunification familiale cause de graves souffrances et une immense détresse et mettent sur pause des projets de vie comme celui d’avoir un enfant.
Le PQ prétend trancher en faveur des familles dans son plan d’immigration. Cette intention est tout à fait louable, sauf que les chiffres avancés ne fonctionnent pas. Le PQ prétend pouvoir épuiser l’arriéré (le backlog)dans cette catégorie en deux ans en admettant 12 000 personnes par années (au lieu de 10 400 de la CAQ). Or, selon les dernières statistiques du gouvernement, il y avait 40 000 personnes qui attendaient dans cette catégorie. D’ici 2026, avec les chiffres actuels, cet arriéré sera encore plus élevé. Le calcul péquiste et son affirmation de pouvoir écouler l’arriéré en deux ans sont tout simplement inexacts.
De plus, le fait de passer à 5 000 admissions par année deux ans plus tard dans le regroupement familial, alors que le volume habituel est d’environ 10 000 demandes par année, fait en sorte que la crise de la réunification familiale va se perpétrer et s’empirer sous un gouvernement péquiste. Il est donc faux de prétendre que le PQ tranche en faveur des familles, c’est plutôt le contraire : le PQ abandonne les familles.
Finalement, sur la question d’exclure les parents et les grands-parents, une telle mesure peut sembler plus facile à dire qu’à réaliser et surtout ne tient pas compte des délais déjà très différents, souvent plus du double, avant d’être réunis avec les parents. Aussi, ceci ignore que les seuils sont beaucoup plus bas dans cette catégorie, évidemment. Ces grands-parents viennent surtout aider les parents néoquébécois avec leurs jeunes enfants et leur permettent de reprendre ou de demeurer au travail plus longtemps, en plus de participer activement à la vie familiale.
3. Arriérés et catégories humanitaires
Également, selon les données récentes, il y avait actuellement plus de 120 000 personnes déjà sélectionnées par le Québec, donc avec un Certificat de sélection du Québec, qui attendent leur résidence permanente. Le Québec leur a dit oui, ils se sont classés et qualifiés, ils ont payé leurs frais, ils attendent leur résidence permanente. Quelle place auront-ils dans un plan péquiste à 35 000 personnes par année? C’est tout simplement inapplicable.
Dans les catégories humanitaires pour l’immigration permanente, qui comprend les Ukrainiens établis au Québec notamment, les délais réels sont actuellement de 10 à 25 ans pour la résidence permanente. Je comprends mal comment le PQ peut prétendre avoir un plan d’immigration solide et maintenir des délais de plus de 10 ans dans certaines catégories, ça n’a aucun sens.
En terminant, le PQ ne présente pour l’instant aucun plan de réduction de l’immigration temporaire qui est actuellement beaucoup trop élevé à 600 000 personnes. C’est là qu’il faut réduire, tous le reconnaissent. Le PQ propose de réduire le tout à environ 250 000 – 300 000 en quatre ans, mais les révélations ne contiennent aucune explication ou détail pour ce faire. C’est nettement incomplet et c’est ici qu’il faut couper et non pas dans l’immigration permanente.
#polqc
Le PQ propose un moratoire sur l’arrivée d’immigrants économiques
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