Russie 🇷🇺 - Géologie climatique
🔸 C'est sûr que ça ne sera jamais aussi clickbait que des ammonites sur l'Everest mais prenez juste 5 min pour lire cet article.
Je vais vous expliquer concrètement comment Moscou a bâti son empire sur une bombe à retardement climatique (tout est sourcé, fiable et vérifiable).
... Car sous des milliers de km de toundra sibérienne, la catastrophe suit son cours. Le permafrost, ce sol gelé depuis des millénaires, fond et avec lui, un enchaînement climatique, économique, sanitaire et géopo.
Ce que Moscou pensait être une de ses grandes puissances est en train de devenir sa grande faiblesse, sa condamnation...
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Cette bombe à retardement a 40 000 ans
Le pergélisol ou permafrost, désigne tout sol dont la T° reste négative pendant au moins 2 ans consécutifs. Il recouvre aujourd'hui 1/4 des terres émergées de l'hémisphère Nord soit environ 25M de km² et constitue l'un des systèmes cryosphériques les plus vastes de la planète. En Sibérie, il peut atteindre 600 m de profondeur dans les monts de Verkhoïansk, et jusqu'à 1000 m dans certaines zones de Sibérie orientale. Ces sols renferment une quantité colossale de matière organique gelée : les sols arctiques concentrent environ 1668 milliards de tonnes de CO₂ équivalent. C'est quasi le double de ce que l'atmosphère contient actuellement. Or ce capital carbone, accumulé sur des dizaines de millénaires, est en train de se libérer...
La Sibérie se réchauffe environ 3 à 4 fois vite que la moyenne mondiale. Les simulations de l'Université de Toulouse (publiées dans The Cryosphere en décembre 2024) confirment que le dégel saisonnier du permafrost de Sibérie centrale augmentera de plus de 60% d'ici 2100, quel que soit le scénario d'émissions retenu.
Plus alarmant encore, le permafrost ne sera pas à l'équilibre thermique en 2100. Même en cas d'arrêt total des émissions à cette date, il continuera de fondre au XXIIe S. (Orgogozo et al., The Cryosphere en 2024).
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Comme un symbole du déraillement géologique, comment ne pas parler du cratère Batagaïka ?
En Sibérie orientale, ce cratère, le grand thermokarst (dit d'un phénomène strictement physique ou thermique de dégel d'un sol ou fonte de glace) jamais documenté au monde est un show off force du phénomène.
Les données satellitaires USGS (série Landsat/Sentinel-2 1991-2024) montrent que la paroi recule à raison de 12 m/an en moyenne avec des pics locaux atteignant 30 m/an sur la période 2020-2024. Depuis les 70's, ce seul site a libéré un total estimé de 169 500 tonnes de carbone organique (Karmactive, cité in Actualités News Environnement en mars 2025). Les habitants yakoutes le surnomment la "Porte de l'Enfer".
L'expression mérite d'être prise au sérieux car lorsque le pergélisol dégèle en conditions anaérobies, les bactéries produisent du méthane (CH₄) un gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement est 80 fois supérieur au CO₂ sur 20 ans.
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