La mobilisation hier dans les rues de Paris de près de 20 000 soignants n’a que peu intéressé les grands médias.
Pourtant la colère est profonde et l’inquiétude sans précédent.
Il n’y avait pas que des médecins : des infirmiers étaient présents, des employés de la sécu.
Il n’y avait pas que des libéraux : des étudiants étaient présents, des médecins hospitaliers.
En 2000, nous étions le meilleur système de santé au monde. C’est à cette époque que j’ai commencé mes études. Aujourd’hui on est relégué au 17 eme rang. Et rien n’est fait pour que cette dégradation s’arrête.
Comment en sommes nous arrivés là? Eh bien depuis des années, c’est l’Etat qui a décidé de tout gérer. Limiter le nombre de médecins car un médecin ça prescrit et ça coûte. Ne pas augmenter les cotations depuis des décennies amenant à une médecine de plus en plus low cost qui n’ose plus embaucher, investir dans l’innovation. Les hôpitaux sont en déficit et tributaires de rallonges budgétaires annuelles. Des établissements privés ferment dans l’indifférence générale. Des infirmiers libéraux deplaquent amenant à aggraver le maintien au domicile.
Mais aujourd’hui nous assistons à une accélération de la volonté des pouvoirs publics de contrôler encore plus le système de santé.
👉En sanctionnant ceux qui prescrivent par ex trop d’arrêts de travail avec mise sous quota des déviants, sans se demander pourquoi les gens sont en arrêt ou ceux qui ne répondent pas aux injonctions administratives.
👉En décidant unilatéralement de manière autoritaire de baisser les tarifs de certains actes techniques. C’est ce qui est arrivé sur décision unilatérale du Directeur de la CNAM
@ThomasFatome le 1/11/25 et ce que prévoit désormais la loi sur le financement de la sécurité sociale votée : chaque année même sans accord syndical il pourra tordre le bras à ceux qui coûtent trop.
C’est ce qui a mis le feu au poudre.
Sans indépendance médicale, sans santé payée au juste prix (des forfaits de perfusion à domicile ont été baissés de 40% l’année dernière !), nous continuerons notre chute. Ceci aboutira à une perte des vocations, dégradation de la qualité des effecteurs de soins, et à une fuite des cerveaux.
Je m’y refuse.
Pour mes patients.
Pour mon métier.
Pour mes enfants.
Pour redonner du sens il faut rompre avec la logique que certains jusqu’à récemment encore n’hésitaient pas à verbaliser : rentiers, coercition, sanctions, menaces (CNAM, ARS…) …
Ça suffit.
Pour limiter les dérives budgétaires il faut déjà mettre le paquet sur la prévention : au travail, sur les maladies évitables.
Il faut parler pertinence donc en valorisant mieux les actes techniques et les consultations donc en faisant exactement l’inverse de ce qui a été fait en 25 ans et qui a été accéléré en 2025.
Personnellement je ne suis pas syndiqué.
Je ne partage pas en toute sincérité toutes les stratégies décidées en petit comité de nos représentants qui ont laissé faire impuissants ces mesures.
Personnellement je n’aurais pas refusé l’invitation de Madame
@stephanie_rist
Personnellement je pense que le mouvement aurait dû être fait bien plus tôt au moment du vote d’où notre mobilisation à Nice le 3/12
Personnellement je demande la démission de M
@ThomasFatome qui a exprimé tellement de fois son mépris qu’il ne peut plus être celui avec qui on renoue une confiance conventionnelle, eux non sauf
@JeunesmedecinsF
Je demande aussi à nos élus la prochaine fois qu’une loi aussi complexe est votée qu’ils ne soient pas que 1/3 à être présents lors des votes des articles car après obligés de voter un bloc de lois imparfait et mortifère.
Voilà le résumé.
Je remercie sincèrement ceux qui ont exprimé un soutien hier et n’en veux pas à ceux qui ont insulté sous mes posts d’hier.
On continue la mobilisation pour vous. Et on espère que les journalistes couvriront un peu plus le mouvement.
Bon dimanche