En République centrafricaine, le procès de l’ancien président François Bozizé, exilé en Guinée-Bissau, s’ouvre ce mardi à Bangui devant la Cour pénale spéciale (CPS). Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2003, avant d’être renversé dix ans plus tard par la rébellion de la Séléka, il est poursuivi pour des faits qualifiés de crimes contre l’humanité.
Selon les éléments rendus publics par la CPS, l’affaire porte sur des violences présumées commises entre février 2009 et mars 2013 dans la prison civile et le centre d’instruction militaire de Bossembélé, un site parfois surnommé le « Guantanamo » centrafricain. Des opposants et détenus y auraient été victimes de meurtres, de disparitions forcées, de torture, de viols, de détentions arbitraires et d’autres traitements inhumains.
La garde présidentielle de l’époque et plusieurs services de sécurité sont mis en cause. François Bozizé est notamment poursuivi au titre de sa responsabilité pénale en tant qu’auteur, co-auteur ou supérieur hiérarchique.
Ce procès illustre une évolution majeure : l’immunité des dirigeants n’est plus absolue. Le dossier Bozizé s’inscrit dans le prolongement du procès de l’ancien président tchadien Hissène Habré au Sénégal et fait écho à celui de Moussa Dadis Camara en
#Guinée. Condamné en 2024 pour sa responsabilité dans les événements du 28 septembre 2009 avant d’être gracié par les autorités guinéennes, l’ancien chef de la junte avait notamment été reconnu coupable au titre de sa « responsabilité de commandement ». Une notion qui rappelle les poursuites visant aujourd’hui Bozizé pour sa qualité de supérieur hiérarchique.
Le message est clair : ne pas avoir personnellement commis un crime ne suffit plus à écarter sa responsabilité. Lorsqu’on détient le pouvoir, l’inaction, la complaisance ou le silence face aux exactions de ses subordonnés peuvent, eux aussi, conduire devant la justice.
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