Depuis ma découverte éblouie de la « Société féodale » dans la collection ‘´L’évolution de l’humanité’´, l’admiration que je lui portais n’a fait que croître du savant à l’homme. Son testament me bouleverse toujours. Un de mes héros.
Dans une semaine, un homme entre au Panthéon. De son vivant, on l'avait chassé de l'université parce qu'il était juif. Il aurait pu fuir. Il a choisi la Résistance.
Marc Bloch n'était pas un soldat. C'était un professeur. Le plus grand historien français de son siècle, fondateur d'une nouvelle façon d'écrire l'Histoire.
Quand la guerre éclate, il a déjà fait 14-18. On ne l'attend plus sous les drapeaux. Il s'engage quand même. Il a 57 ans.
1940, la défaite. Exclu de tout, il entre dans la clandestinité. Nom de code : Narbonne.
Mars 1944, Lyon. La Gestapo l'arrête sur un pont. Direction Montluc. Il est torturé. Il ne parle pas.
Le 16 juin 1944, on le fait monter dans un camion avec 29 autres prisonniers. Un champ, près de Lyon. Il tombe en criant deux mots : Vive la France.
Dix jours après le Débarquement. Il aurait pu tenir encore un peu.
Le 23 juin prochain, Marc Bloch entre au Panthéon.
L'historien qui a passé sa vie à expliquer le passé devient, lui-même, une page de notre Histoire.