Madame Kelly,
Il y a des indignations qui sentent moins la liberté que la mise en scène.
Quand l’Arcom met Radio France au piquet, vous trouvez la leçon nécessaire.
Quand l’Arcom regarde CNews, votre maison, votre autel, votre petit Vatican cathodique, vous criez à l’acharnement.
Allons.
Le pluralisme ne devient pas une persécution parce qu’il frappe à votre porte.
Il ne devient pas une vertu seulement lorsqu’il sert à cogner le service public.
Ce que vous appelez “deux poids deux mesures” ressemble surtout à cette vieille ficelle des puissants contrariés : applaudir la règle quand elle tombe sur les autres, pleurer au complot quand elle revient à la maison.
CNews n’est pas une chapelle martyrisée.
C’est une chaîne privée puissante, adossée à un empire médiatique, avec ses choix, sa ligne, ses obsessions, ses invités, ses silences.
Alors oui, Radio France doit rendre des comptes.
France Télévisions aussi.
Mais CNews aussi.
Tout le monde.
Même les saints de plateau.
Surtout les saints de plateau.
Car Tartuffe, aujourd’hui, ne porte plus forcément la soutane.
Il a parfois une oreillette, un prompteur, et une indignation en solde.
Le pluralisme n’est pas votre propriété.
C’est une règle commune.
Et une règle commune qui cesse à l’entrée des studios de CNews n’est plus une règle.
C’est un passe-droit avec maquillage HD.
Je dénonce cet acharnement contre Cnews.
Non au deux poids deux mesures avec les autres médias.