2523- Tant que l’État africain dépendra des douanes pour se financer, il sera structurellement anti‑industriel.
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Extrait de la Leçon d'Economie Politique n° 2523 de Jean-Paul Pougala destinée aux enfants des écoles primaires d'Afrique à lire dans son intégralité de 33 pages avec un livre gratuit à télécharger sur
pougala.net
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C'est l'Economie, Idiot ! (Bill Clintotn 1992)
Tant que l’État africain dépendra des douanes pour se financer, il sera structurellement anti‑industriel. Jean-Paul Pougala
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Le marché ne crée pas d'industrie (Braudel) - Sans État stratège, il n'y aura jamais d'industrialisation africaine
L'Afrique reste pauvre tant qu'elle ne créera pas elle aussi ses propres instruments de capitalisme Comme les à charte en Europe, les Zaibatsu keiretsu au Japon, les Chaebols en Corée et les SOEs BATX en Chine.
Cette leçon de 33 pages vise à répondre aux questions suivantes :
Comment l'Europe utilise l'Afrique comme périphérie commerciale, par quels mécanismes institutionnels, et pourquoi cela empêche toute industrialisation ? Comment le Japon, la Corée et la Chine ont procédé pour déjouer le piège européen de la prétendue économie du marché en lieu et place du capitalisme industriel ? Quelles solutions pour l'Afrique ?
COMMENT L'EUROPE A PIEGE L'AFRIQUE ET L'A ENFERMEE DANS UN PIEGE DE LA PAUVRETE PERPETUELLE ?
Question :
Par quels mécanismes l'Europe utilise l'Afrique comme périphérie commerciale qui n'a aucune chance e s'industrialiser ?
Comment l'Europe utilise l'Afrique comme périphérie commerciale, par quels mécanismes institutionnels, et pourquoi cela empêche toute industrialisation. ?
Réponse :
Le mécanisme central du piège colonial européen face à l'Afrique est de transformer l'État africain en machine à importateur et donc en machine anti-industrialisation.
Comment ça marché ?
L’État africain dépend des impôts sur les importations pour survivre. C'est le mécanisme fondamental qui empêche toute industrialisation.
L'État africain est construit pour vivre des douanes.
Dans la plupart des pays africains, 30 à 60 % des recettes publiques proviennent des douanes. Cela signifie que plus on importe, et plus l'État gagne, moins on importe, et plus l'État s'effondre. Donc mathématiquement, l'État africain a intérêt à tuer la production locale, car produire localement = moins d'importations = moins de recettes.
C'est un mécanisme anti-industriel structurel. C'est ce que Braudel qui fait l'objet de cette leçon, appelle un contre‑mécanisme de développement.
Le piège politique c'est l'État africain hypertrophié et clientéliste.
L'État colonial puis postcolonial recrute massivement les fonctionnaires, les militaires, les enseignants, les agents territoriaux, les cabinets politiques. Et tout ceci se fait selon des logiques ethniques, claniques, partisanes.
Mais l'État n'a pas de base fiscale productive
Il n'y a pas d'industrie, pas de classe moyenne imposable, pas de capitalistes productifs, pas de chaînes de valeur locales. Donc l’État ne peut pas financer sa masse salariale. Il se tourne vers la seule source facile : les douanes.
C'est le piège parfait que la France et le Royaume-Uni ont tendu à leurs anciennes colonies qui permettent de continuer les spoliations, sans plus être accusées des affaires de la colonisation.
En effet, l'État hypertrophié doit payer des fonctionnaires, il n'a pas de base productive, il taxe les importations, il détruit la production locale, il augmente encore sa dépendance aux importations. C'est un cercle vicieux.