Le grand cirque de Carthage
L'expression du racisme en Tunisie au plus haut sommet de l'État, ainsi que ses conséquences sur le terrain (la fameuse vidéo), relèvent d'une politique régionale assumée et mûrement réfléchie.
La fonction de Kaïs Saïed dans ce cirque est de regrouper en Tunisie les migrants venus de Libye et d'Algérie. Rappelons qu'aucune frontière ne nous relie aux pays subsahariens et que leur acheminement vers notre pays fait partie du deal.
Ce « hub migratoire » est destiné à transformer leur séjour en un enfer sur terre afin de faire regretter à ces pauvres gens l'idée même d'espérer traverser la Méditerranée pour rejoindre l'Europe.
Et c'est bien l'Europe, et plus précisément l'Italie, notre vis-à-vis, qui orchestre ce sinistre spectacle en le finançant et en fermant les yeux sur ses dramatiques conséquences.
Saïed, en bon toutou, organise les mauvais traitements infligés à ces personnes, profère des discours racistes, autorise leur propagation sur internet, alimente la théorie du grand remplacement et criminalise les individus ou les associations qui daignent venir en aide à ces Subsahariens.
En contrepartie, on le ménage et on le laisse anéantir les derniers espoirs portés par la Révolution. Des espoirs qui ont failli changer toute la politique régionale et peut-être menacer un ordre établi dans lequel l'Europe, au fond d'elle-même, préfère toujours avoir pour vis-à-vis des dictatures serviles, capables, moyennant finances, de s'aligner aveuglément sur les intérêts occidentaux.
À qui la faute : à l'Europe, à nos dictatures ou à nous, les populations ?
PS: je remercie l'ami qui m'a suggéré l'idée du dessin.