🇫🇷🇪🇺 Revenons sur cette déclaration de Jordan Bardella car les mots ont un sens
"Nous assistons au retour de tout ce que l'Union européenne a cherché à déconstruire, à démanteler, voire à détruire : la Nation, la souveraineté, les frontières, le peuple dans sa dimension pleinement souveraine."
Cette décision m'a interloqué car elle nie les avancées récentes de l'UE, appelle de facto au Frexit et, pire, frise le complotisme.
1. Frexit de facto
Par principe, l'UE entraîne un partage partiel de souveraineté, sur certaines compétences définies comme la politique commerciale, avec les autres États membres.
Vouloir un retour du "peuple dans sa dimension pleinement souveraine", c'est appeler de facto au Frexit.
2. Complotisme
Quand il parle du fait que l'UE cherche à "détruire" la nation, la souveraineté, les frontières, cela s'apparente à du complotisme.
En effet, l'UE n'est pas une organisation dirigeante unique, ce sont 27 États membres qui votent les décisions à la majorité, souvent qualifiée, ou à l'unanimité pour la modification des traités.
Il n'y a pas de projet secret visant à détruire les nations.
Quant à la Commission, objet de nombreux fantasmes, elle dispose du monopole d'initiative législative mais n'a pas le droit de vote et n'a qu'un pouvoir d'application et de contrôle dans certains cas (ex : concentrations).
3. Déni des avancées récentes
Il y a effectivement un retour de la notion de souveraineté en Europe à travers "l'autonomie stratégique", la souveraineté industrielle ou encore l'introduction d'une dose de préférence européenne dans la défense et les secteurs stratégiques. Mais tout cela est largement dû à l'activisme d'Emmanuel Macron, qui a défendu sans cesse ces concepts, notamment ces derniers mois concernant la préférence européenne.
Nombreuses sont les politiques européennes en faveur de notre indépendance : la constellation basse orbite IRIS2 pour se passer de Starlink, la diversification des approvisionnements énergétiques, le soutien à l'Ukraine, le plan SAFE dans la défense qui prévoit des seuils minimaux de composants européens, les règlements DSA/DMA, la proposition d'Industrial Accelerator Act de la Commission du 4 mars...
En définitive, Jordan Bardella donne l'impression qu'il ne sait pas de quoi il parle : il semble ignorer les évolutions européennes de ces dernières années, loue certains concepts dont l'émergence est le fait en grande partie d'Emmanuel Macron au Conseil européen et s'enferme dans des déclarations simplistes voire complotistes.
Nous assistons au retour de tout ce que l'Union européenne a cherché à déconstruire, à démanteler, voire à détruire : la Nation, la souveraineté, les frontières, le peuple dans sa dimension pleinement souveraine.
Tous ces concepts sont de retour.
@POLITICOEurope