La Bonnotte de Noirmoutier, la pomme de terre la plus chère du monde.
Elle vient de Barfleur, en Normandie. Un cultivateur l’introduit sur l’île dans les années 1920. Elle s’adapte à merveille au sable, au goémon et au micro-climat, prenant alors son identité noirmoutrine.
Toute petite, ronde, à la peau fine, elle se pèle presque toute seule. Elle offre un goût iodé, sucré, avec une note de noix qui la rend inimitable.
Puis la mécanisation arrive. La Bonnotte refuse les machines : il faut l’arracher à la main, une par une. En 1960, on l’abandonne, trop fragile et peu rentable.
Trente ans plus tard, des producteurs de l’île envoient quatre lots de plants à l’INRA. Deux sont authentiques. L’INRA les multiplie. En 1995, la Bonnotte renaît.
Un an après, la coopérative agricole de Noirmoutier met sa récolte aux enchères à Drouot. Cinq kilos sont adjugés 15 000 francs. La pomme de terre la plus chère du monde, validée par le Guinness Book des records.
Aujourd’hui, elle se vend 7 à 8 euros le kilo. Plantée à la Chandeleur, récoltée à la main début mai, elle se consomme dans les jours qui suivent. Production totale : moins de 150 tonnes par an.
Une variété qu’on avait jetée, qu’on a eu la sagesse de garder dans quelques jardins et qu’on a ressuscitée parce qu’elle le méritait.
Le terroir ne s’industrialise pas. Il se conserve.