Joined June 2007
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Longtemps, je me suis situé dans le camp des techno-optimistes. Lorsqu'Internet est apparu dans les années 90, j'ai comme beaucoup pensé qu'il s'agissait d'un facteur essentiel de progrès pour l'ensemble de l'humanité. Et il a été un facteur de diffusion de la connaissance comme nul autre : les techniques sont plus rapidement adoptées, nos économies sont devenues plus efficaces, etc. Mais rares étaient ceux qui auraient alors pu énoncer qu'internet serait source de graves menaces sur la démocratie, qu'il serait un facteur de concentration sans pareil des richesses (il y a quinze ans, l'homme le plus riche du monde possédait de l'ordre de 60-70 milliards de dollars. aujourd'hui plusieurs d'entre eux ont, au moins momentanément, franchi le seuil des 300 milliards, tous issus du monde de la technologie), qu'il créerait d'importants enjeux de santé mentale, de cognition (ces deux derniers points à différencier l'un de l'autre), de cybersecurité, avec les conséquences que cela peut avoir dans le monde réel... On m'a rapporté récemment que certains disent que je suis devenu "techno-réac". Même si je trouve la définition assez injuste, je reconnais ne plus avoir un enthousiasme univoque à l'égard des technologies. Et puis, si moi j'ai probablement évolué, il me semble que beaucoup de ceux qui font la technologie ont eu ont énormément changé. Dans la Silicon Valley, contrer le techno-optimisme, être décroissant, a toujours été un peu comme s'auto-désigner hérétique face au tribunal du saint Office de l'inquisition au XVIème siècle. Peter Thiel le résume d'ailleurs très bien : sans explicitement le dire, il compare la nécessité de l'accélération comme une quête messianique, et quiconque conteste cela a tôt fait de se faire labelliser par lui d'antéchrist, comme l'ont été Greta Thunberg et Eliezer Yudkowsky. L'accélération y est devenue une fin en soi et l'IA est emblématique de cette accélération (certains suspectent qu'en souhaitant dépasser l'humain, ceux-là réglent leurs compte à tous ceux qui les ont renvoyé à leurs propres limites, leurs frustrations). Désormais quiconque s'oppose au progrès technologique, en particulier de l'IA est plus ou moins un ennemi de Yarvin, Thiel, Andressen, Sacks, représentant la sainte inquisition technologique connue pour son absolutisme, son rejet de la démocratie et leur souhait de voir advenir une dictature technologique... .  Je conçois qu'il n'y ait d'ailleurs pas que des inconvénients à cet absolutisme ; il a le mérite de maintenir une ferveur religieuse - Thiel ne s'y trompe d'ailleurs pas et utilise à dessein ce corpus théologique. Dans un livre à paraitre d'ici quelques jours, je me suis posé la question de la finalité de l'accélération : est-ce que l'on sera plus heureux lorsque l'on vivra 120 ans ? lorsqu'on aura tous un QI de 145 ? Lorsqu'on aura envoyé des humains sur Mars ? Ces questions ne sont jamais posées ; et pourtant elles ont une incidence directe sur notre réel : car c'est maintenant qu'il faut faire des choix de société forts.
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C'est pas votre chef de parti qui explique qu'il veut renforcer les liens avec Trump ?
Le gouvernement américain vient d’interdire à tout ressortissant étranger d’accéder à Fable 5 et Mythos 5, les deux modèles les plus puissants d’Anthropic. Cette nuit, des millions d’Européens en ont été coupés sans préavis. Un gouvernement étranger décide, par décret, quels outils vous avez le droit d’utiliser. Sur votre propre ordinateur. Dans votre propre pays. Voilà ce qu’est la dépendance technologique quand elle se révèle. Je l’écris noir sur blanc dans mon rapport sur la souveraineté technologique, soumis au Parlement européen en mars : nous sommes en train de devenir des vassaux numériques. Des députés européens ont préféré en atténuer les recommandations au nom de leurs calculs idéologiques et politiciens. Cette nuit en est la conséquence. Tant que nos politiciens préféreront réguler nos champions plutôt que les armer, tant que notre fiscalité chassera nos talents et notre capital, les discours sur la souveraineté ne seront que des mots. Les mêmes qui nous ont conduits là, avec leurs normes, leurs taxes et leur méfiance de l’entreprise, ne changeront rien. Il faut libérer notre intelligence, pas la corseter, ni la taxer.
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Et bien dis donc. Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais vu à peu près toute la classe politique, de la droite à la gauche s'exprimer sur un sujet lié à l'IA avec une position aussi unanime. A marquer d'une pierre blanche. Ce qui est paradoxal, c'est que finalement, Trump et son administration semblent de plus en plus être les meilleurs alliés de l'Europe, on nous forçant à sortir de notre apathie. Des fois j'en viens à me demander s'ils ne devraient pas gagner les midterms ! Il faudrait cependant en tirer les conséquences : seuls, les Etats membres de l'Union européennes ne pèsent pas grand chose et ne peuvent rien (*). Ni accéder à des capitaux en quantité pour développer des alternatives, ni créer un marché unifié suffisant pour permettre à des entreprises technologiques de ce développer, ni s'opposer politiquement et technologiquement, notamment sur le plan militaire. Finalement que dit cette histoire ? Que la puissance se trouve avant toute autre chose à terme dans l'IA. Et que si nous voulons faire perdurer nos valeurs, nous n'avons pas d'autre choix que d'avoir quelque chose à dire au monde, à construire et à défendre ; tout cela dans le contexte de l'émergence de l'IA. Nous ne pouvons donc pas rester statique, les institutions européennes doivent évoluer, le projet même d'Europe unifiée également. Notre prise de conscience des enjeux de l'IA doit être affermit (on devrait généraliser CaféAI à l'échelle européenne). On peut vraiment penser faire un projet généreux, ambitieux, et puissant, car ce qui est remarquable c'est que l'IA rend les futurs désirables potentiellement à notre portée, à condition d'accepter de les penser ensemble. (*) L'exemple de ce qui existait avant que l'on puisse opposer le RGPD aux entreprises étasuniennes est parlant : elles ne prenaient même pas la peine de se rendre aux convocations de la Cnil.
En suspendant l’accès des modèles les plus puissants d’Anthropic aux non-américains, le gouvernement US décide de soumettre le développement de l’IA à sa logique de puissance. L'IA est désormais une infrastructure critique, aussi essentielle que l'électricité ou Internet. Une infrastructure dont nous ne maîtrisons ni les modèles, ni le calcul, est une infrastructure que d'autres peuvent débrancher. Pour éviter la vassalisation, il est temps que l’Europe se réveille et déploie ses propres armes : - Buy European Tech Act et marchés technologiques européens - ⁠Accès préférentiel à notre électricité decarbonée aux acteurs européens - Politique d’attraction des talents mondiaux - Simplification des normes qui avantagent les big tech americaines Avec nos talents, notre énergie décarbonée et nos entreprises formidables, @MistralAI en tête, nous avons tout pour rester libres. Agissons !
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Une petite polémique apparait sur les RS (dont je suis partie prenante). Celle consistant à dire que c'est fantastique d'attirer des investissements liés aux datacenters d'IA. Pourquoi pas. Il faut toutefois avoir à l'esprit qu'un DC-IA c'est essentiellement des équipements américains à commencer par les GPU et que la valeur qui restera en local pourrait bien être marginale : le béton et quelques équipements secondaires. Ceux qui observent que Schneider, société française, assure la partie électrique doivent avoir à l'esprit que les BU qui fabrique ces équipements sont pour l'instant en majorité situées à l'étranger, notamment aux USA. Certes, il est prévu dans le deal Softbank une implantation d'usine à Dunkerque et il faut s'en féliciter. L'inquiétude vient légitimement du fait qu'en n'y prêtant pas attention, la valeur ajoutée française sera minime : électricité, foncièr, gardiennage, quelques ingénieurs chargés de superviser tout cela, tout au plus quelques dizaines par DC. Donc si l'annonce semble spectaculaire (des dizaines de milliards d'Euros) la valeur ajoutée locale pourrait être faible, voir très faible. Dans l'idéal, ce qu'il aurait fallu susciter c'est un acteur français qui exploiterait ces DC et revendrait de la capacité de calcul aux hyperscalers. Des sociétés américaines comme Coreweave ou Crusoe font cela très bien. L'ambition aurait pu être de favoriser l'éclosion d'une telle dynamique et de créer une réelle filière d'exploitation française ou Européenne de DC-IA de classe mondiale. Arthur Mench ne disait pas autre chose lors de son audition parlementaire récente. Il y a un autre point : nous allons vendre, en faisant une marge de l'électricité parfaitement décarbonée, grâce au nucléaire. Or la France est le seul Pays au monde à avoir de la surcapacité immédiatement disponible ET décarbonée. Pour l'utilisateur du DC (l'hyperscaler), c'est une opportunité de créer un goodwill extraordinaire en pouvant affirmer que ses prompts vont être entièrement décarbonés. Or, une fois que le deal est fait, il est fait. Il ne sera pas possible de réaffecter cette énergie ailleurs. On peut donc se poser la question de l'opportunité d'un tel deal sachant cette dynamique de goodwill qu'elle induit. Vendre de l'électricité à 60/70€ le Mwh c'est bien, mais ça ne va pas nous faire rentrer dans cette nouvelle ère et il n'est pas dit que nous ne pourrions pas la réaffecter à des usages semblables mais plus européens. Quand à l'argument de la souveraineté des données, il ne tient pas. Si le DC est américain, le fait qu'il soit en France ne change rien. Celui qui l'administre en fait ce qu'il veut, il l'arrête quand il veut et personne d'autre n'y peut rien changer.
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RT @Olivier1Schmitt: Des nouvelles du parti poutinien de droite, qui reprend le même discours servi par RT et consorts depuis 2014
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Ça fait 10 fois que je tente d’écrire un truc poli pour commenter ça. Je me bornerai à dire qu’1/3 des Français sont des ignares et des incultes. Résultat d’une sous-information quant à la nature du RN depuis 20 ans dans les médias.
📊 En cas de guerre, J. Bardella est la personnalité perçue comme la plus à même de faire un bon président (32%), devant E. Philippe (30%) et M. Le Pen (29%). Aucun n’obtient la confiance d’au moins 1/3 des Français. À noter le niveau alarmant de la gauche… @OdoxaSondages
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Gilles Babinet retweeted
Today I'm publishing a new essay, Policy on the AI Exponential. AI is progressing extremely fast—much faster than the policy process was built to handle. The essay lays out where I think the technology is now, and the action needed to close the gap: darioamodei.com/post/policy-…
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Vivatech approche et en raison d'un événement familial (positif, mais à l'agenda un peu imprévu), j'ai du très largement réorganiser mon agenda pour les semaines à venir. En particulier, je dois annuler plusieurs prises de paroles prévues à Vivatech et je m'en excuse auprès de mes co-panelistes et auprès de ceux qui avaient prévu de m'écouter. Je maintiens donc uniquement mes trois interventions prévues les 17, 18 et 19 juin à 14.30 sur le stand @OVHcloud_FR (Hall 7.3 - Stand 3D05). Le temps sera limité et il y aura beaucoup de sujets que j'aimerais aborder : parmi lesquels, - Existe t'il une feuille de route pour que l'Europe redevienne souveraine ? Quelles en sont les grandes étapes ? - L'avènement de l'IA ouvre un nouveau cycle technologique : l'Europe peut elle s'inscrire dans celui-ci ? Les annonces récentes de l'EU ont elles une pertinence dans ce sens ? - Peut on faire le pari de l'ouverture (à l'instar du modèle chinois) et de l'open-source ? Est-ce suffisant ? Qu'est-ce que l'argentique et le wibe-coding changent le paradigme de l'ouverture ? - Que ne fait-on pas encore que l'on devrait faire plus (sujet passionnant) ? Cela fait plusieurs mois que nous travaillons avec l'observatoire du @longterme sur une sorte de feuille de route à propos de ces enjeux de résilience, nous la publierons d'ici quelques temps après Vivatech, mais je vais m'appuyer dessus lors de ces cessions. A vite pour en parler. ps : Ca sera en anglais.
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Difficile de connaître les detail mais : softbank aurait voulu emprunter 6 milliards pour les passer à OpenAi avec comme collateral sq participation dans openAI (13% valorisés 98 milliards). Les banques auraient refusé selon Reuters yahoo finances et Japan Times reuters.com/legal/transactio…
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Gilles Babinet retweeted
GitHub went from 1 billion commits a year to 1.4 billion commits a month. AI did that. And GitHub is breaking because of it. GitHub COO Kyle Daigle just went public and admitted it openly. The platform that hosts 100 million developers has logged hundreds of incidents in the past 12 months. Outages hitting search, GitHub Actions, CI/CD pipelines. Public apologies. All of it. AI agents alone are generating 17 million pull requests every single month. GitHub planned for 100% growth. The actual number blew past that before they could even react. Here is what they are doing to survive it: → Rebuilding how GitHub Actions dispatches jobs entirely from scratch → Moving performance sensitive code out of their Ruby monolith into Go → Migrating fully off their own data centres onto Azure → Isolating critical services so one broken system cannot take everything else down → Bringing in Microsoft engineers who have scaled systems at this level before The goal is to get GitHub to handle 30 times its current load. Not 30 percent. 30 times. GitHub launched Copilot in 2021 and created the AI coding era. That same wave is now threatening to break their own platform. The company that started the fire is now racing to stop it from burning everything down. Full story here: thenewstack.io/github-wants-…
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Ou exactement le contraire : il suffit de voir le niveau de defiance qu'induisent deja les algo de la caf de la DGFIP, de parcours sup, des radars routiers dans lesquels il y a peu ou pas d'ia pour comprendre Uunensupervisiik humaine va rester en place longtemps. En revanche j'ai rencontré des juges qui, face a l'engorgement de leurs courts n'hésitaient pas recourir à Chat gpt pour accélérer le traitement de leur dossier en partant du principe du moindre mal.
On finira par avoir une I.A. qui remplacera les magistrats. Cela accélérera considérablement le fonctionnement de la justice. Les juges I.A. bénéficieront sans doute d'un immense succès et de la confiance du peuple, bien davantage que les juges actuels.
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Gilles Babinet retweeted
⚡️🇪🇺|🇫🇷FLASH - La #France compte 4 fois moins de procureurs que la moyenne européenne. Voici le nombre de #procureurs par pays pour 100 000 habitants dans les États du Conseil de l’Europe : 🇱🇻 Lettonie : 24,3 🇧🇬 Bulgarie : 23,9 🇲🇩 Moldavie : 23,6 🇺🇦 Ukraine : 23,0 🇮🇸 Islande : 21,9 🇱🇹 Lituanie : 21,1 🇨🇾 Chypre : 19,6 🇭🇺 Hongrie : 19,5 🇳🇴 Norvège : 19,5 🇸🇰 Slovaquie : 18,7 🇹🇷 Turquie : 17,2 🇲🇪 Monténégro : 16,6 🇭🇷 Croatie : 16,2 🇵🇱 Pologne : 15,7 🇵🇹 Portugal : 14,4 🇩🇰 Danemark : 13,5 🇦🇲 Arménie : 13,4 🇲🇨 Monaco : 12,8 🏴 Écosse : 12,3 🇦🇿 Azerbaïdjan : 12,2 🇪🇺 Moyenne : 12 🇷🇴 Roumanie : 11,6 🇨🇿 République tchèque : 11,5 🇨🇭 Suisse : 11,3 🇪🇺 Médiane : 11,2 🇸🇪 Suède : 11,1 🇬🇪 Géorgie : 11,1 🇷🇸 Serbie : 10,4 🇧🇦 Bosnie-Herzégovine : 10,4 🇸🇮 Slovénie : 9,8 🏴 Irlande du Nord : 9,3 🇱🇺 Luxembourg : 8,8 🇲🇹 Malte : 8,8 🇦🇩 Andorre : 8,5 🇲🇰 Macédoine du Nord : 8,5 🇫🇮 Finlande : 7,9 🇩🇪 Allemagne : 7,7 🇧🇪 Belgique : 7,5 🇦🇱 Albanie : 7,2 🇳🇱 Pays-Bas : 5,8 🇬🇷 Grèce : 5,7 🇪🇸 Espagne : 5,6 🏴 Angleterre et Pays de Galles : 5,0 🇦🇹 Autriche : 4,3 🇮🇹 Italie : 3,8 🇫🇷 #France : 3,2 🇮🇪 Irlande : 2,7 (CEPEJ, Rapport d’évaluation 2024 - données 2022)
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Peu de choses peuvent faire plus de mal à la démocratie d'induire que les responsables ne sont en fait pas responsables. Cette nouvelle tendance consistant à accuser l'administration est dangereuse et condamnable. Aller se balader dans n'importe quel tribunal, parler avec les greffiers, les juges, les substituts et on comprend vite que ces gens là travaillent comme des damnés avec des moyens insuffisants.
🔴 🗣 "J'ai pensé que cette défaillance, ici, ne tenait pas aux instructions que le ministère [de la Justice] a donné", estime Gérald Darmanin, interrogé sur son éventuelle démission après le scandale judiciaire né avec la mort de Lyhanna. #canal16
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Ce papier de la revue "Science" met bien en évidence les risques inhérents au développement d'une nouvelle catégorie d'IA dite RSI (pour "recursive self-improvement"), au centre de l'attention des équipes de R&D des entreprise d'IA frontières, soit Alphabet, Anthropic, OpenIA et quelques autres... L'idée c'est que l'IA s'améliore elle-même, soit en améliorant son code, soit en améliorant le filtrage de son corpus d'apprentissage avant ingestion dans le modèle. L'article souligne que le problème est qu'au travers de ces cycles récursifs s'efface peu à peu la capacité de compréhension humaine dans la mesure où ces modèles se déploient dans des espaces à haute dimensionnalité qui résistent à toute intuition. L'article note en particulier que cette perte de compréhension risque de s'exprimer très vite dans les environnements multi-agents hyper-connectés — robots qui négocient avec des robots, algorithmes qui s'optimisent entre eux, systèmes qui s'entraînent mutuellement — où la complexité de ces échanges sera telle qu'elle ne sera inaccessible pour l'être humain. Ce n'est pas théorique et Demis Hassabis, par exemple, défend l'idée que la prochaine architecture de l'internet pourrait bien être en constellation avec des agents qui automatiseront leurs relations entre eux. Ce cas de figure crée mécaniquement une asymétrie : pendant que notre compréhension de l'IA décline, la compréhension que l'IA a de nous, elle, s'approfondit. Les systèmes apprennent nos comportements, nos biais, nos schémas décisionnels avec une précision croissante. Nous devenons lisibles pour eux. Eux restent opaques pour nous. C'est un déséquilibre de pouvoir sans précédent dans l'histoire des outils que l'humanité a inventés. Ce sont de type d'enjeux qui devraient nous inviter à mettre en place une gouvernance appropriée. A ce titre, les annonces faites par l'Administration américaine sont une bonne farce : Trente jours de délai de réserve aux autorités. Non contraignant pour les acteurs privés. Aucune obligation de transparence sur les modèles. Aucune évaluation systématique des risques. Pour être plus clair encore : c'est moins une politique de régulation qu'un aveu de soumission aux géants de l'IA. Mon dernier livre, "Le Péril IA — Devenir des machines ou rester vivants" résume d'ailleurs ces luttes : La question reste de savoir si nous allons rester les auteurs de nos vies ou en devenir les figurants. science.org/doi/10.1126/scie…
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Il va falloir être un prestidigitateur de haut vol pour continuer à défendre l'idée que ce pays n'a pas besoin d'une réforme des retraites de fond lemonde.fr/les-decodeurs/art…
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Faut-il donner une identité légale aux IA ? Une intéressante réflexion de Yuval Harari où il observe qu'une telle initiative -que le président argentin semble avoir prise- ouvrirait un champ de possibilités largement préjudiciable aux humains ft.com/content/b8cc4bf4-6d3c…
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