Petit message à Julie Snyder
Madame Snyder,
Il y a quelque chose d’assez particulier à vous voir monter aux barricades parce qu’Éric Duhaime a utilisé un terme que vous jugez déplacé, alors que vous-même n’avez jamais hésité à manier la morale comme une massue lorsque cela servait votre narratif. Vous vous offusquez aujourd’hui d’un mot, mais vous étiez étrangement silencieuse lorsque, sur votre propre plateau, on a présenté comme acceptable l’idée que des citoyens non vaccinés méritaient la prison, en le faisant dire à deux enfants‑acteurs. Je ne sais pas ce qui est pire : vouloir enfermer des gens qui refusent une injection à laquelle ils ont le droit de dire non, ou affirmer que la première ministre a l’air d’une matante.
Vous vous permettez de distribuer des leçons, mais seulement lorsqu’elles confortent votre position. La cohérence, elle, semble facultative. Et avant de dénoncer les insultes dans l’espace public, il serait peut‑être utile de reconnaître que vous avez vous‑même contribué à un climat où la nuance a été remplacée par la stigmatisation.
Vous accusez les autres de manquer de respect, mais vous avez activement participé à diviser la population entre bons et mauvais citoyens. Alors venir aujourd’hui jouer les gardiennes de la bienséance politique, c’est… disons, audacieux.
Un peu de retenue, ou simplement un regard honnête sur votre propre rôle dans la dégradation du débat public, serait sans doute plus utile que des sermons sélectifs.