« L'Europe actuelle, nouvelle et grande "Cacanie", saura-t-elle être autre chose que "l'Euramérique", c'est-à-dire un conglomérat de nations vassales pour devenir une "Europe européenne" ? [...] La France avait su ne pas se confondre avec l'atlantisme, elle doit résister, aujourd'hui, à un enrégimentement "occidentaliste" qui ne dissimulerait à personne le renoncement de l'Europe à exister par elle-même. L'esprit public est-il prêt à cet effort, en France, mais aussi en Allemagne et dans le reste de l'Europe ? Pouvons-nous trouver avec les États-Unis les bases d'un accord nous permettant, ensemble, de "continuer l'Histoire" ? »
Les questions posées depuis plusieurs décennies par Jean-Pierre Chevènement, sous les quolibets et autres accusations d'europhobie, résonnent aujourd'hui, tristement, avec l'actualité des pressions et prédations américaines.
Imagine-t-on néanmoins ceux qui ont construit une Union européenne pieds et poings liés avec les États-Unis brûler aujourd’hui ce qu’ils ont adoré hier ? Il n’y a rien à attendre de l’actuelle classe dirigeante pour engager le long et nécessaire travail de reconstruction de notre indépendance. Celui-ci ne pourra être porté que par une élite nouvelle, patriote, convaincue qu’il n’est pas de liberté sans souveraineté, ni de souveraineté sans puissance.