Certaines lois ont une portée budgétaire. D’autres ont une portée profondément humaine. 𝐋𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐚̀ 𝐥’𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬-𝐥𝐚̀.
Comme médecin généraliste, j’ai accompagné de nombreux patients confrontés à un cancer. J’ai vu leur courage face à la maladie, leurs traitements, leurs inquiétudes et parfois les années nécessaires pour retrouver une vie normale.
Mais j’ai également constaté qu’une fois guéris, certains continuaient à subir les conséquences de cette épreuve lorsqu’ils souhaitaient assurer un prêt immobilier, souscrire certaines assurances ou mener à bien un projet personnel.
Comme si la maladie continuait à les poursuivre. 𝐔𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐭𝐞́ 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢̂𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐠𝐮𝐞́𝐫𝐢𝐬𝐨𝐧. C’est pourquoi j’ai été heureux, en tant que député fédéral, de voter le 30 janvier 2025 la loi renforçant le droit à l’oubli.
Cette réforme a marqué une étape importante. Elle a confirmé le délai général de 5 ans après la fin d’un traitement réussi sans rechute, supprimé l’obligation de déclarer un ancien cancer dans les assurances concernées après ce délai et interdit aux assureurs d’utiliser cet antécédent pour appliquer des surprimes, des exclusions ou des refus.
Depuis ce 1er juin 2026, une nouvelle avancée entre en vigueur avec l’extension de cette protection aux assurances annulation voyage. Derrière ces dispositions juridiques, il y a une conviction simple : une personne qui a vaincu un cancer ne doit pas rester prisonnière de son passé médical.
La guérison ne doit pas seulement être reconnue sur le plan médical. Elle doit aussi l’être sur le plan social, administratif et humain.
Le droit à l’oubli ne retire rien à personne. Il permet simplement à celles et ceux qui ont déjà traversé une épreuve majeure de regarder l’avenir avec davantage de sérénité.
C’est une réforme discrète, mais elle change concrètement la vie de nombreux citoyens. Et c’est précisément ce que l’on attend d’une politique publique utile : corriger des injustices réelles et améliorer la vie quotidienne des personnes concernées.