« Ma chère mère,(…) Par quel miracle suis-je sorti de cet enfer ? Je me demande encore bien des fois s'il est vrai que je suis encore vivant. Nous sommes montés 1200 et nous sommes redescendus 300 ; pourquoi suis-je de ces 300 qui ont eu la chance de s'en tirer ? J'ai peur ; à chaque minute, pendant ces huit long jours, j'ai cru ma dernière heure arrivée.(…) Oui, ma chère mère, nous avons beaucoup souffert et personne ne pourra jamais savoir par quelles souffrances horribles nous avons passé. Huit jours sans boire et presque sans manger, huit jours à vivre au milieu d'un charnier humain, couchant au milieu des cadavres, marchant sur nos camarades tombés la veille(…) Nous avons tous bien vieilli, ma chère mère, et pour beaucoup, les cheveux grisonnants seront la marque éternelle des souffrances endurées ; et je suis de ceux-là... » Gaston Biron