Il te faut bien comprendre Pascal : Le moteur psychologique du permis épistémique repose sur un mécanisme pervers, ce que je nomme : la projection paranoïaque inversée.
Dans une projection classique, un individu projette ses propres pulsions inavouables sur autrui.
Dans la version inversĂ©e propre Ă ce que je nomme lâEndystopie, le sachant projette sur sa cible son propre dĂ©sir de domination et de destruction, mais il le maquille sous les traits d'un diagnostic bienveillant.
La conclusion précÚde systématiquement la prémisse : le dominant veut disqualifier le sujet ; il utilise alors d'un appareil conceptuel à sa disposition pour fabriquer la preuve de cette disqualification.
Exemple type - scénario : La vignette clinique de Florence. Florence, cadre supérieure de 42 ans, est orientée en consultation pour une « rigidité managériale doublée d'un effondrement anxieux ». En analysant l'historique de son histoire, le protocole du permis épistémique apparaßt de maniÚre chirurgicale.
Quelques mois plus tÎt, Florence avait alerté sa direction sur les failles éthiques d'un nouveau progiciel de contrÎle algorithmique de ses équipes.
Sa direction a immédiatement activé la désignation : ses alertes répétées ont été lues comme de hyper-vigilance. Puis la stabilisation est survenue : un cabinet de conseil en ressources humaines l'a qualifiée de profil « inadapté aux mutations technologiques à haute circularité ».
La menace a suivi : son attitude risquait de « contaminer le climat social du département ». L'injonction finale n'a pas tardé : une mise à l'écart sous forme de congé thérapeutique forcé pour « prendre soin de sa santé mentale ».
Ce que Florence subissait était une exécution épistémique.
Le diagnostic a été utilisé pour vider ses alertes éthiques de toute substance factuelle.
Sa souffrance légitime face à un systÚme toxique a été retournée contre elle pour devenir la preuve de sa propre défaillance biologique.
Le permis épistémique ne produit pas seulement des effets dévastateurs dans l'espace social ; il
altÚre profondément l'architecture neuronale de la victime.
Le patient se met Ă s'observer lui-mĂȘme Ă travers les yeux du diagnostic. Il devient le gardien de
sa propre prison cognitive, vérifiant constamment si ses pensées n'entrent pas en dérive par
rapport à la norme édictée.
C'est terrible, il te faut le conscientiser.