Trois ans après l'ouverture de son usine de captage du CO2 dans l'air, la startup 🇨🇭 Climeworks dévoile une nouvelle version de sa technologie qui capte 2 fois plus de carbone pour moitié moins cher, avec des matériaux 3 fois plus durables.
En 2021, Climeworks a mis en service Orca en Islande, la première usine au monde de captage direct du CO₂ dans l’air (DAC) et de stockage (DAC S), faisant de l'élimination du CO₂ à grande échelle une réalité. Plus récemment, en mai 2024, la startup suisse a inauguré Mammoth, sa plus grande usine de captage à ce jour, avec une capacité dix fois plus importante que celle d’Orca, toujours en Islande. A terme, cette nouvelle usine sera capable d'extraire 36 000 tonnes de CO2 de l'air chaque année. Parallèlement, l'entreprise a profité de cette occasion pour présenter au monde la troisième génération de sa technologie.
Le nouveau système présente une conception cubique repensée et un sorbant (matériau utilisé pour absorber le CO2) repensé, qui peut capturer deux fois plus de dioxyde de carbone que la conception précédente. Le nouveau système utilise moitié moins d'énergie, tandis que les matériaux devraient durer 3x plus longtemps, ce qui réduit les coûts globaux de captage directe de CO2 de l'air de 50 %. « C'est donc un véritable bond en avant sur le plan technologique. Et tout cela servira de base à toutes les futures installations de Climeworks qui seront construites. En particulier, pour notre prochaine installation prévue aux États-Unis en Louisiane, dans le Cypress Hub, qui devrait être le premier centre d'élimination du dioxyde de carbone de l'ordre d'un million de tonnes aux États-Unis. »
« L’art de concevoir une technologie de capture directe de l’air consiste à trouver le moyen le plus efficace possible de mettre en contact le flux d’air avec notre matériau filtrant. » Pour la dernière itération de sa technologie, l’entreprise a créé un nouveau « sorbant structuré », dont la géométrie a été modifiée pour augmenter la surface de contact avec l’air. Cela réduit de moitié le temps d’absorption ou de libération du CO2, ce qui permet de capturer deux fois plus de CO2 dans un temps donné et de réduire considérablement la quantité de chaleur nécessaire pour libérer le gaz, et le stocker par la suite sous terre.
Les ingénieurs de Climework ont entièrement repensé la disposition des unités de collecte. Dans l'usine de Mammoth, les unités de collecte sont actuellement installées dans des racks à trois niveaux qui dépassent du bâtiment principal. Mais la troisième génération passera à une conception cubique, avec quatre murs de collecteurs entourant un puits central avec plusieurs ventilateurs positionnés au sommet. Les ventilateurs aspirent l'air à travers les collecteurs puis l'expulsent vers le haut, ce qui empêche l'air déjà décarboné de recirculer à travers les collecteurs. La nouvelle conception réduit ainsi le coût global.
Avec cette nouvelle version de sa technologie, Climeworks entend faire descendre les coûts de captage entre 250 et 350 dollars par tonne d'ici 2030. En tenant compte de tous les frais pour aller jusqu'à l'élimination du CO2 emprisonné dans de la roche, les coûts pourraient s'établir aux alentours de 400 à 600 dollars par tonne, soit « une réduction pouvant aller jusqu'à 50% par rapport à aujourd'hui ». Les coûts élevés du captage sont en effet l'un des grands défis pour le captage de CO2 : actuellement il faut compter entre 600 et 1000 dollars par tonne. Ceci étant dit, d'autres startups travaillent sur des solutions encore moins chères : à moins de 200 $ la tonne, voire même moins de 100 $ la tonne (startup Graphyte).
Sources :
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spectrum.ieee.org/carbon-cap…
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youtube.com/watch?v=urWhQoAZ…
Comment fonctionne la nouvelle technologie de capture du CO2 directement dans l'air extérieur, et de stockage profond sous forme solide, que les startups Climeworks et Carbfix ont mis en œuvre et testent actuellement en Islande.
lefigaro.fr/sciences/en-isla…