Acheter des actions Apple ou Nvidia dans un portefeuille crypto n’est plus réservé aux développeurs. Depuis juin 2025, c’est possible pour tout utilisateur non américain via xStocks, un produit de Backed Finance intégré à la plateforme Kraken. Voici ce qu’il faut savoir.
Backed Finance a été fondée en 2021 à Zug, en Suisse, par 3 Israéliens : Adam Levi, Roberto Klein et Yehonatan Goldman. Adam Levi est docteur en physique théorique du Technion, l’Institut israélien de technologie, et cofondateur de DAOstack, un protocole de gouvernance décentralisée où il était CTO. Roberto Klein, également issu du Technion, avait travaillé sur les questions légales et réglementaires chez DAOstack avant de rejoindre Backed.
Le choix de la Suisse est délibéré. L’équipe a étudié 5 juridictions. La plupart imposaient un système de whitelist : chaque utilisateur devait être approuvé avant de recevoir ou transférer des tokens. Adam Levi a refusé ce modèle.
Une loi suisse adoptée en 2020 spécifiquement orientée vers la blockchain permet d’émettre des tokens librement transférables sans liste blanche. L’entité émettrice officielle est Backed Assets Limited, enregistrée à Jersey, avec des actifs conservés par un dépositaire agréé en Suisse et à Jersey.
En décembre 2025, Kraken a racheté Backed Finance sans révéler le montant de la transaction. Cette acquisition s’inscrit dans une série d’achats menés par Kraken avant son introduction en bourse, qui incluaient NinjaTrader pour 1,5 milliard de dollars et Small Exchange pour 100 millions de dollars.
Chaque xStock est un token sur Solana adossé 1 pour 1 à l’action réelle, détenue par le dépositaire. 60 actifs étaient disponibles au lancement : 55 actions et 5 ETF, dont Apple, Tesla, Nvidia, Amazon et le S&P 500. Le trading fonctionne 24h/24 et 5 jours sur 7 sur Kraken, avec accès en dehors des horaires boursiers. Une fois retirés vers un portefeuille personnel, les tokens s’échangent 24h/24, 7j/7 on-chain. La mise minimum est de 1 dollar.
Les dividendes ne sont pas versés en cash. Le solde de tokens de l’utilisateur augmente automatiquement pour refléter le montant du dividende. Il n’y a pas de droit de vote, pas de droit à l’information de la société sous-jacente.
Ce point mérite d’être compris
clairement. Adam Levi lui-même le formule sans détour : les xStocks sont des wrappers au-dessus des actions. L’utilisateur ne détient pas Tesla, il détient un droit à la valeur économique de Tesla. En cas de liquidation de la société émettrice ou de défaillance du dépositaire, le détenteur du token n’a pas de créance directe sur les actifs résiduels de l’entreprise concernée.
Depuis le lancement, xStocks a dépassé 25 milliards de dollars de volume cumulé dont 3,5 milliards on-chain, avec plus de 80 000 portefeuilles uniques et environ 225 millions de dollars d’actifs sous gestion en février 2026. Le produit représente 46% des parts de marché des actions tokenisées sur Solana.
Un programme de points existe pour les utilisateurs qui détiennent des xStocks on-chain ou qui fournissent de la liquidité dans des pools DeFi. Ces points pourraient donner droit à une distribution de tokens si Backed ou xStocks lance sa propre cryptomonnaie. Aucune annonce officielle ne confirme cette hypothèse à ce stade.
xStocks n’est pas accessible aux résidents américains, canadiens, britanniques et australiens. Le risque principal à retenir est que détenir un xStock revient à parier sur la solidité juridique et opérationnelle de toute la chaîne de garde autant que sur le prix de l’action sous-jacente. Si un maillon cède, l’utilisateur se retrouve propriétaire d’un token qui ne suit plus rien.