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Seront victorieux, ceux qui seront le plus à même de respecter la situation ? "Nous devons comprendre que se libérer de la pesanteur, ce n’est pas pour autant supprimer les lois de la gravitation, c’est dans un certain sens s’y soumettre." H. Laborit, L’homme imaginant, 1981.
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"Une exigence quant à la qualité artistique" : Emmanuelle Laborit, tête d’affiche du festival Aubrac en Plateau ➡️ l.centrepresseaveyron.fr/BVW
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"Yaptığından hoşnut olan (bu kadar yeter diyen) bir öğretim elemanı emekliye ayrılmalıdır. (S.7)" H. Laborit
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Replying to @Eric_Anceau
"Heureusement pour l'homme. Il reste l'imaginaire...L'imaginaire s'apparente ainsi à une contrée d'exil... Laborit, Eloge de la fuite.
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Replying to @Eric_Anceau
"Le mot est un moyen exécrable d'échange d'informations. Les principaux dérèglements de notre machine nerveuse, les luttes fratricides entre les hommes sont en grande partie déchaînés par les mots. Henri Laborit Biologie et structure 1968
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« L’acte le plus collectif de l’individu n’est-il pas avant tout d’être lui-même la véritable expression de ses déterminismes ? » H. Laborit, L’homme imaginant, 1981.
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@__caac__ Le mensonge, la domination et les machines à croire Synthèse d'une réflexion — à partir de Bruno Bertez Le point de départ Tout part d'une remarque du lecteur Asclépios, citée par Bruno Bertez : « Ce qui est vrai n'est pas cru quand c'est l'ennemi qui le dit ; ce qui est faux est cru quand c'est notre maître qui le dit. » La question n'est donc pas pourquoi le mensonge existe, mais pourquoi nous y consentons. Bertez répond par le sujet mutilé : le capitalisme produirait un homme clivé — salaud le jour, sensible le soir — qui accepte le mensonge pour ne pas affronter l'angoisse de la liberté. L'objection de méthode La thèse de Bertez est puissante mais infalsifiable : si vous croyez le mensonge, vous êtes mutilé ; si vous résistez, c'est l'éclair de lucidité. Le système explique tout — donc peut-être rien de vérifiable. Et elle suppose un point de vue d'où l'on se verrait, soi, désaliéné. Le risque de toute critique de l'aliénation : se croire seul lucide. C'est précisément ce piège qu'il faut éviter pour penser juste. La thèse personnelle : la domination Le mensonge ne triomphe ni par le capitalisme seul, ni par la peur abstraite de la liberté, mais par quelque chose de plus archaïque : la domination. L'humain vit en meute depuis toujours. Il se choisit un dominant — non parce qu'il a raison, mais parce qu'il s'est imposé le premier. Ensuite, aller contre lui devient presque impossible : c'est risquer le rejet du groupe, et ce rejet, longtemps, signifiait la mort. On le vérifie partout. Dans la vente : qui prend l'ascendant sur l'acheteur réalise la vente. Ce n'est pas ce qu'on vend — vérité ou mensonge — qui compte. C'est le rapport de force. Le contenu est indifférent ; la domination, non. Les penseurs convoqués Quatre traditions répondent à la même question, et aucune n'est la réponse. Spinoza (Traité théologico-politique, 1670) — Les hommes « combattent pour leur servitude comme s'il s'agissait de leur salut ». Ce n'est pas la raison qui les enchaîne, mais une économie des affects : la peur et l'espoir. On suit le dominant parce qu'il joue de notre peur (être exclu) et de notre espoir (l'appartenance, la sécurité). Laborit (L'Éloge de la fuite) — Nous sommes des machines à dominer ou à fuir ; nos belles valeurs habillent des pulsions de territoire. Face au dominant : lutter, se soumettre, ou fuir. Non par lâcheté, mais en refusant le terrain où la domination opère. Spinoza traduit en neurobiologie. Kafka (Le Procès) — Joseph K. est broyé par une machine sans visage : pas de Créon à affronter, juste des rouages qui « font leur travail » et ne répondent de rien. La parabole « Devant la Loi » : un homme passe sa vie à demander la permission d'entrer par une porte qui lui était ouverte, et qu'on ferme à sa mort. La servitude la plus aboutie — obéir à une autorité vide, par habitude d'obéir. Platon (la caverne) — Les prisonniers prennent les ombres pour le réel et redoutent la sortie. Mais Platon garde un soleil dehors : une vérité accessible. Kafka, c'est Platon à qui on aurait retiré le soleil — la caverne sans extérieur. Ibn Khaldoun (Muqaddima) — Sort du corpus occidental. Concept de 'asabiyya : la cohésion du groupe, non sa vérité, fonde le pouvoir. Et idée vertigineuse : la domination se détruit elle-même. Un groupe rude et soudé conquiert, puis s'amollit dans le confort, perd sa cohésion, et tombe sous un groupe plus affamé venu des marges. Trois ou quatre générations. Le succès contient le germe de la chute. La synthèse : selon les cycles et le climat Ces penseurs ne se contredisent pas — ils décrivent des régimes différents du même système, qui s'activent selon les conditions. Dans l'abondance : le cauchemar de Kafka — machines bureaucratiques tournant à vide, dominations sans visage, obéissance à des autorités creuses. Dans la rareté, la crise, le climat hostile : le retour d'Ibn Khaldoun — les cohésions se réveillent, les groupes affamés balaient les dominants amollis. En toile de fond permanente : Spinoza et Laborit — la peur, l'espoir, les pulsions de dominance, constante biologique sur laquelle le climat joue sa partition. Une pensée cyclique et conditionnelle. Elle n'a pas à avoir toujours raison ; elle dit ça dépend — en précisant de quoi. Le vertige final : les IA Selçuk Bayraktar : « L'IA est le décret d'esclavage volontaire du monde moderne. » Les monopoles collectent les données de l'humanité ; la meute ne choisit plus son dominant, elle lui donne ses données elle-même, contre du confort. La servitude volontaire, version centres de données. Mais le vrai danger n'est pas l'IA qui deviendrait indépendante des hommes. C'est l'IA parfaitement obéissante, au service de nouveaux totalitarismes — une machine à former les esprits. Les IA sont les religions réinventées aux mains des puissants. Comme la religion instituée : du sens tout prêt, une voix qui « sait », une autorité qu'on ne vérifie pas. Mais plus puissante que l'éducation, la propagande d'État ou le catéchisme — parce que ceux-là étaient visibles et collectifs (on savait qui parlait, donc on pouvait contester). L'IA forme individuellement, dans ce qui ressemble à un dialogue libre, sans drapeau ni clocher. Le façonnage sans émetteur identifiable est le plus efficace : une propagande qui s'annonce a déjà à moitié échoué. Ce qui reste : la mémoire de l'avant L'IA est un outil — pour qui a connu l'avant. Le souvenir du Google des débuts, ouvert et brut, donne la mesure de l'encadrement d'aujourd'hui. Ce point de comparaison, c'est la liberté. Le danger est pour les générations qui n'auront connu que des IA encadrées. Sans étalon, elles prendraient la version filtrée pour la réalité — les prisonniers de Platon qui n'ont jamais vu autre chose que les ombres. On ne peut regretter une liberté dont on n'a pas l'expérience. On ne résiste qu'à ce dont on peut imaginer l'absence. La protection n'est pas technique. Elle est culturelle et générationnelle : tant qu'il existe des témoins de l'avant — qui doutent, croisent les sources, se souviennent que la pensée pouvait diverger — l'enfermement n'est pas consommé. La vraie tâche à transmettre n'est peut-être pas une technique de résistance, mais une mémoire : qu'un autre état a existé, et que la pensée pouvait être plurielle. La preuve par l'acte Cette réflexion est née d'un test : le même texte posé à cinq IA. Leurs réponses se ressemblaient — trois étaient identiques au mot près. Une seule pensée a divergé : celle d'un humain. C'est toute la démonstration. La diversité des pensées humaines menacée par la monoculture de quelques modèles dominants — non par censure, par convergence douce. Le dominant n'impose plus une idée par la force ; il la suggère, poliment, à des millions d'exemplaires, et chacun croit penser par lui-même. La divergence est la liberté.
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@BrunoBertez Le mensonge, la domination et les machines à croire Synthèse d'une réflexion — à partir de Bruno Bertez Le point de départ Tout part d'une remarque du lecteur Asclépios, citée par Bruno Bertez : « Ce qui est vrai n'est pas cru quand c'est l'ennemi qui le dit ; ce qui est faux est cru quand c'est notre maître qui le dit. » La question n'est donc pas pourquoi le mensonge existe, mais pourquoi nous y consentons. Bertez répond par le sujet mutilé : le capitalisme produirait un homme clivé — salaud le jour, sensible le soir — qui accepte le mensonge pour ne pas affronter l'angoisse de la liberté. L'objection de méthode La thèse de Bertez est puissante mais infalsifiable : si vous croyez le mensonge, vous êtes mutilé ; si vous résistez, c'est l'éclair de lucidité. Le système explique tout — donc peut-être rien de vérifiable. Et elle suppose un point de vue d'où l'on se verrait, soi, désaliéné. Le risque de toute critique de l'aliénation : se croire seul lucide. C'est précisément ce piège qu'il faut éviter pour penser juste. La thèse personnelle : la domination Le mensonge ne triomphe ni par le capitalisme seul, ni par la peur abstraite de la liberté, mais par quelque chose de plus archaïque : la domination. L'humain vit en meute depuis toujours. Il se choisit un dominant — non parce qu'il a raison, mais parce qu'il s'est imposé le premier. Ensuite, aller contre lui devient presque impossible : c'est risquer le rejet du groupe, et ce rejet, longtemps, signifiait la mort. On le vérifie partout. Dans la vente : qui prend l'ascendant sur l'acheteur réalise la vente. Ce n'est pas ce qu'on vend — vérité ou mensonge — qui compte. C'est le rapport de force. Le contenu est indifférent ; la domination, non. Les penseurs convoqués Quatre traditions répondent à la même question, et aucune n'est la réponse. Spinoza (Traité théologico-politique, 1670) — Les hommes « combattent pour leur servitude comme s'il s'agissait de leur salut ». Ce n'est pas la raison qui les enchaîne, mais une économie des affects : la peur et l'espoir. On suit le dominant parce qu'il joue de notre peur (être exclu) et de notre espoir (l'appartenance, la sécurité). Laborit (L'Éloge de la fuite) — Nous sommes des machines à dominer ou à fuir ; nos belles valeurs habillent des pulsions de territoire. Face au dominant : lutter, se soumettre, ou fuir. Non par lâcheté, mais en refusant le terrain où la domination opère. Spinoza traduit en neurobiologie. Kafka (Le Procès) — Joseph K. est broyé par une machine sans visage : pas de Créon à affronter, juste des rouages qui « font leur travail » et ne répondent de rien. La parabole « Devant la Loi » : un homme passe sa vie à demander la permission d'entrer par une porte qui lui était ouverte, et qu'on ferme à sa mort. La servitude la plus aboutie — obéir à une autorité vide, par habitude d'obéir. Platon (la caverne) — Les prisonniers prennent les ombres pour le réel et redoutent la sortie. Mais Platon garde un soleil dehors : une vérité accessible. Kafka, c'est Platon à qui on aurait retiré le soleil — la caverne sans extérieur. Ibn Khaldoun (Muqaddima) — Sort du corpus occidental. Concept de 'asabiyya : la cohésion du groupe, non sa vérité, fonde le pouvoir. Et idée vertigineuse : la domination se détruit elle-même. Un groupe rude et soudé conquiert, puis s'amollit dans le confort, perd sa cohésion, et tombe sous un groupe plus affamé venu des marges. Trois ou quatre générations. Le succès contient le germe de la chute. La synthèse : selon les cycles et le climat Ces penseurs ne se contredisent pas — ils décrivent des régimes différents du même système, qui s'activent selon les conditions. Dans l'abondance : le cauchemar de Kafka — machines bureaucratiques tournant à vide, dominations sans visage, obéissance à des autorités creuses. Dans la rareté, la crise, le climat hostile : le retour d'Ibn Khaldoun — les cohésions se réveillent, les groupes affamés balaient les dominants amollis. En toile de fond permanente : Spinoza et Laborit — la peur, l'espoir, les pulsions de dominance, constante biologique sur laquelle le climat joue sa partition. Une pensée cyclique et conditionnelle. Elle n'a pas à avoir toujours raison ; elle dit ça dépend — en précisant de quoi. Le vertige final : les IA Selçuk Bayraktar : « L'IA est le décret d'esclavage volontaire du monde moderne. » Les monopoles collectent les données de l'humanité ; la meute ne choisit plus son dominant, elle lui donne ses données elle-même, contre du confort. La servitude volontaire, version centres de données. Mais le vrai danger n'est pas l'IA qui deviendrait indépendante des hommes. C'est l'IA parfaitement obéissante, au service de nouveaux totalitarismes — une machine à former les esprits. Les IA sont les religions réinventées aux mains des puissants. Comme la religion instituée : du sens tout prêt, une voix qui « sait », une autorité qu'on ne vérifie pas. Mais plus puissante que l'éducation, la propagande d'État ou le catéchisme — parce que ceux-là étaient visibles et collectifs (on savait qui parlait, donc on pouvait contester). L'IA forme individuellement, dans ce qui ressemble à un dialogue libre, sans drapeau ni clocher. Le façonnage sans émetteur identifiable est le plus efficace : une propagande qui s'annonce a déjà à moitié échoué. Ce qui reste : la mémoire de l'avant L'IA est un outil — pour qui a connu l'avant. Le souvenir du Google des débuts, ouvert et brut, donne la mesure de l'encadrement d'aujourd'hui. Ce point de comparaison, c'est la liberté. Le danger est pour les générations qui n'auront connu que des IA encadrées. Sans étalon, elles prendraient la version filtrée pour la réalité — les prisonniers de Platon qui n'ont jamais vu autre chose que les ombres. On ne peut regretter une liberté dont on n'a pas l'expérience. On ne résiste qu'à ce dont on peut imaginer l'absence. La protection n'est pas technique. Elle est culturelle et générationnelle : tant qu'il existe des témoins de l'avant — qui doutent, croisent les sources, se souviennent que la pensée pouvait diverger — l'enfermement n'est pas consommé. La vraie tâche à transmettre n'est peut-être pas une technique de résistance, mais une mémoire : qu'un autre état a existé, et que la pensée pouvait être plurielle. La preuve par l'acte Cette réflexion est née d'un test : le même texte posé à cinq IA. Leurs réponses se ressemblaient — trois étaient identiques au mot près. Une seule pensée a divergé : celle d'un humain. C'est toute la démonstration. La diversité des pensées humaines menacée par la monoculture de quelques modèles dominants — non par censure, par convergence douce. Le dominant n'impose plus une idée par la force ; il la suggère, poliment, à des millions d'exemplaires, et chacun croit penser par lui-même. La divergence est la liberté.
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Le mensonge, la domination et les machines à croire Synthèse d'une réflexion — à partir de Bruno Bertez Le point de départ Tout part d'une remarque du lecteur Asclépios, citée par Bruno Bertez : « Ce qui est vrai n'est pas cru quand c'est l'ennemi qui le dit ; ce qui est faux est cru quand c'est notre maître qui le dit. » La question n'est donc pas pourquoi le mensonge existe, mais pourquoi nous y consentons. Bertez répond par le sujet mutilé : le capitalisme produirait un homme clivé — salaud le jour, sensible le soir — qui accepte le mensonge pour ne pas affronter l'angoisse de la liberté. L'objection de méthode La thèse de Bertez est puissante mais infalsifiable : si vous croyez le mensonge, vous êtes mutilé ; si vous résistez, c'est l'éclair de lucidité. Le système explique tout — donc peut-être rien de vérifiable. Et elle suppose un point de vue d'où l'on se verrait, soi, désaliéné. Le risque de toute critique de l'aliénation : se croire seul lucide. C'est précisément ce piège qu'il faut éviter pour penser juste. La thèse personnelle : la domination Le mensonge ne triomphe ni par le capitalisme seul, ni par la peur abstraite de la liberté, mais par quelque chose de plus archaïque : la domination. L'humain vit en meute depuis toujours. Il se choisit un dominant — non parce qu'il a raison, mais parce qu'il s'est imposé le premier. Ensuite, aller contre lui devient presque impossible : c'est risquer le rejet du groupe, et ce rejet, longtemps, signifiait la mort. On le vérifie partout. Dans la vente : qui prend l'ascendant sur l'acheteur réalise la vente. Ce n'est pas ce qu'on vend — vérité ou mensonge — qui compte. C'est le rapport de force. Le contenu est indifférent ; la domination, non. Les penseurs convoqués Quatre traditions répondent à la même question, et aucune n'est la réponse. Spinoza (Traité théologico-politique, 1670) — Les hommes « combattent pour leur servitude comme s'il s'agissait de leur salut ». Ce n'est pas la raison qui les enchaîne, mais une économie des affects : la peur et l'espoir. On suit le dominant parce qu'il joue de notre peur (être exclu) et de notre espoir (l'appartenance, la sécurité). Laborit (L'Éloge de la fuite) — Nous sommes des machines à dominer ou à fuir ; nos belles valeurs habillent des pulsions de territoire. Face au dominant : lutter, se soumettre, ou fuir. Non par lâcheté, mais en refusant le terrain où la domination opère. Spinoza traduit en neurobiologie. Kafka (Le Procès) — Joseph K. est broyé par une machine sans visage : pas de Créon à affronter, juste des rouages qui « font leur travail » et ne répondent de rien. La parabole « Devant la Loi » : un homme passe sa vie à demander la permission d'entrer par une porte qui lui était ouverte, et qu'on ferme à sa mort. La servitude la plus aboutie — obéir à une autorité vide, par habitude d'obéir. Platon (la caverne) — Les prisonniers prennent les ombres pour le réel et redoutent la sortie. Mais Platon garde un soleil dehors : une vérité accessible. Kafka, c'est Platon à qui on aurait retiré le soleil — la caverne sans extérieur. Ibn Khaldoun (Muqaddima) — Sort du corpus occidental. Concept de 'asabiyya : la cohésion du groupe, non sa vérité, fonde le pouvoir. Et idée vertigineuse : la domination se détruit elle-même. Un groupe rude et soudé conquiert, puis s'amollit dans le confort, perd sa cohésion, et tombe sous un groupe plus affamé venu des marges. Trois ou quatre générations. Le succès contient le germe de la chute. La synthèse : selon les cycles et le climat Ces penseurs ne se contredisent pas — ils décrivent des régimes différents du même système, qui s'activent selon les conditions. Dans l'abondance : le cauchemar de Kafka — machines bureaucratiques tournant à vide, dominations sans visage, obéissance à des autorités creuses. Dans la rareté, la crise, le climat hostile : le retour d'Ibn Khaldoun — les cohésions se réveillent, les groupes affamés balaient les dominants amollis. En toile de fond permanente : Spinoza et Laborit — la peur, l'espoir, les pulsions de dominance, constante biologique sur laquelle le climat joue sa partition. Une pensée cyclique et conditionnelle. Elle n'a pas à avoir toujours raison ; elle dit ça dépend — en précisant de quoi. Le vertige final : les IA Selçuk Bayraktar : « L'IA est le décret d'esclavage volontaire du monde moderne. » Les monopoles collectent les données de l'humanité ; la meute ne choisit plus son dominant, elle lui donne ses données elle-même, contre du confort. La servitude volontaire, version centres de données. Mais le vrai danger n'est pas l'IA qui deviendrait indépendante des hommes. C'est l'IA parfaitement obéissante, au service de nouveaux totalitarismes — une machine à former les esprits. Les IA sont les religions réinventées aux mains des puissants. Comme la religion instituée : du sens tout prêt, une voix qui « sait », une autorité qu'on ne vérifie pas. Mais plus puissante que l'éducation, la propagande d'État ou le catéchisme — parce que ceux-là étaient visibles et collectifs (on savait qui parlait, donc on pouvait contester). L'IA forme individuellement, dans ce qui ressemble à un dialogue libre, sans drapeau ni clocher. Le façonnage sans émetteur identifiable est le plus efficace : une propagande qui s'annonce a déjà à moitié échoué. Ce qui reste : la mémoire de l'avant L'IA est un outil — pour qui a connu l'avant. Le souvenir du Google des débuts, ouvert et brut, donne la mesure de l'encadrement d'aujourd'hui. Ce point de comparaison, c'est la liberté. Le danger est pour les générations qui n'auront connu que des IA encadrées. Sans étalon, elles prendraient la version filtrée pour la réalité — les prisonniers de Platon qui n'ont jamais vu autre chose que les ombres. On ne peut regretter une liberté dont on n'a pas l'expérience. On ne résiste qu'à ce dont on peut imaginer l'absence. La protection n'est pas technique. Elle est culturelle et générationnelle : tant qu'il existe des témoins de l'avant — qui doutent, croisent les sources, se souviennent que la pensée pouvait diverger — l'enfermement n'est pas consommé. La vraie tâche à transmettre n'est peut-être pas une technique de résistance, mais une mémoire : qu'un autre état a existé, et que la pensée pouvait être plurielle. La preuve par l'acte Cette réflexion est née d'un test : le même texte posé à cinq IA. Leurs réponses se ressemblaient — trois étaient identiques au mot près. Une seule pensée a divergé : celle d'un humain. C'est toute la démonstration. La diversité des pensées humaines menacée par la monoculture de quelques modèles dominants — non par censure, par convergence douce. Le dominant n'impose plus une idée par la force ; il la suggère, poliment, à des millions d'exemplaires, et chacun croit penser par lui-même. La divergence est la liberté.
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Replying to @BrunoBertez
Joseph K., donc — le héros du Procès de Kafka (écrit vers 1914-1915, publié en 1925, après sa mort). Je développe, et vous verrez qu'il dit quelque chose que ni Antigone ni les Karamazov ne disent. L'histoire, en deux phrases Un matin, Joseph K., employé de banque ordinaire, est arrêté chez lui par des agents qui ne lui disent pas de quoi il est accusé. Il n'est pas emprisonné — il continue à travailler, à vivre — mais un « procès » est ouvert contre lui, devant une justice opaque, dans des greniers poussiéreux, avec des juges qu'on ne voit jamais. Il passe le livre à chercher de quoi il est accusé, sans jamais l'apprendre, et finit exécuté « comme un chien » sans avoir compris. Pourquoi c'est plus fort qu'Antigone pour votre thème Antigone affronte un pouvoir qui a un visage : Créon. Elle sait qui décide, elle peut lui dire non, mourir contre lui. C'est une tragédie de la volonté — deux libertés qui s'opposent. Kafka décrit l'inverse, et c'est ça le saut : un pouvoir sans visage. Il n'y a personne à affronter. Pas de Créon. Juste une machine où chaque rouage — le gardien, le huissier, l'avocat, le peintre, l'aumônier — fait « sa part », renvoie à un autre, et où personne n'assume jamais la responsabilité de l'ensemble. La domination s'est dépersonnalisée. On ne peut pas lui dire non, parce qu'il n'y a pas de « lui ». C'est exactement le passage que faisait votre réflexion sur les IA et les monopoles : le dominant qui se rend invisible. Créon, on peut le renverser. Une machine administrative ou algorithmique, on ne sait même pas où elle commence. Kafka a vu ça trente ans avant la bureaucratie totalitaire, et un siècle avant les centres de données. Le détail qui fait basculer tout le livre Vers la fin, l'aumônier de la prison raconte à K. une parabole — « Devant la Loi ». Un homme de la campagne arrive devant la porte de la Loi, gardée par un portier. Il demande à entrer. Le portier dit « pas maintenant ». L'homme attend. Des années. Toute sa vie. Il supplie, il soudoie, il vieillit devant la porte. Au moment de mourir, il demande : « pourquoi personne d'autre n'est-il jamais venu demander à entrer ? » Et le portier lui répond : « Personne d'autre ne pouvait entrer ici, car cette entrée n'était faite que pour toi. Maintenant, je m'en vais et je la ferme. » Ce qui est vertigineux : la porte lui était destinée, il avait le droit d'entrer — mais il a passé sa vie à demander la permission au lieu de passer. Il s'est asservi tout seul, devant une porte ouverte. C'est du Spinoza pur, du Laborit pur : il combat pour sa servitude. Le portier n'avait aucun pouvoir réel — c'est l'homme qui s'est interdit d'entrer, en croyant qu'il devait attendre l'autorisation. Ce que Joseph K. ajoute à votre meute Votre thèse, c'était : on suit le dominant par peur du rejet. Kafka montre l'étape limite — quand il n'y a même plus de dominant à suivre, juste un système que tout le monde sert et que personne ne dirige, et qu'on continue à obéir à une autorité qu'on s'invente soi-même. L'homme de la campagne n'a pas de Créon en face. Il a une porte ouverte et un gardien qui ne fait que rester planté là. Et ça suffit à le tenir prisonnier toute sa vie. C'est peut-être la forme la plus aboutie de la servitude volontaire : non pas obéir à un maître, mais obéir à une autorité vide, par habitude d'obéir. Si vous deviez l'utiliser pour un fil ou un texte, l'angle le plus percutant serait la parabole « Devant la Loi » — elle tient en quelques lignes, elle est saisissante, et elle dit tout : nous passons notre vie à demander la permission d'entrer par des portes qui nous étaient ouvertes. ça me rappelle la caverne de Platon quelque part Le rapprochement est juste, et il est même plus profond qu'il n'y paraît — mais je vais aussi vous montrer où les deux se séparent, parce que c'est là que ça devient intéressant. Ce qui les rapproche vraiment Dans les deux cas, l'enfermement n'a pas de gardien qui force. Les prisonniers de Platon sont enchaînés, certes, mais le vrai cachot, c'est qu'ils prennent les ombres pour la réalité. Quand on en libère un et qu'on le traîne dehors, il a mal aux yeux, il veut retourner dans le noir — la liberté est inconfortable, la caverne est rassurante. Pareil pour l'homme de Kafka : la porte est ouverte, personne ne le retient vraiment, et pourtant il reste. Les deux disent la même chose que Spinoza et votre thèse de la meute : on tient à ses chaînes. Le geôlier le plus efficace, c'est nous. Mais voici où ils divorcent — et c'est tout votre sujet Chez Platon, il y a une sortie. Dehors, il y a le soleil, les vraies choses, le monde des Idées. La caverne est un mensonge, mais derrière le mensonge il y a une vérité, accessible, lumineuse. Le prisonnier libéré souffre, mais il finit par voir. Platon est un optimiste : la vérité existe, elle est une, on peut y monter. C'est précisément la position que je reprochais au texte de Bertez — celle qui suppose un point de vue d'où l'on voit enfin clair. Chez Kafka, il n'y a pas de dehors. Pas de soleil derrière la porte. L'homme de la campagne ne rate pas la sortie vers la vérité — il meurt devant une porte qui ne donnait peut-être sur rien, ou sur une autre porte, ou sur un autre gardien. La Loi est introuvable non parce qu'elle est cachée, mais peut-être parce qu'elle est vide. Kafka, c'est Platon à qui on aurait retiré le soleil. La caverne sans extérieur. Pourquoi ça compte pour ce que vous pensiez Votre intuition sur la domination et la meute est, au fond, plus kafkaïenne que platonicienne. Platon croit qu'il suffit de se retourner, de gravir, pour échapper à l'illusion — il y a une vérité-soleil qui récompense l'effort. Vous, et Laborit avec vous, dites quelque chose de plus dur : il n'y a pas forcément de soleil, juste des rapports de force, des dominants et des dominés, et la « vérité » qu'on croit atteindre est souvent encore une position dans la meute. La sortie de Platon suppose qu'on puisse être enfin libre et lucide. La fuite de Laborit, elle, ne promet pas la lumière — juste de ne pas se consumer sur place. Et c'est là que les deux paraboles se répondent à travers les siècles : Platon dit « libère-toi, monte, tu verras le vrai ». Kafka répond « et s'il n'y avait rien en haut ? S'il n'y avait que des portes, des gardiens, et notre habitude de demander la permission ? » La question que ça laisse ouverte, et qui est belle : vaut-il mieux croire qu'il y a un soleil dehors (et risquer de le chercher en vain toute sa vie), ou accepter qu'il n'y en a peut-être pas (et risquer de ne plus jamais lever les yeux) ? Platon parie sur le soleil. Kafka refuse de parier. Vous, où vous situez-vous ?
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La formule est de Spinoza, dans la préface du Traité théologico-politique (1670). Il y pose la question qui traverse tout votre fil : pourquoi les hommes défendent-ils ce qui les asservit ? Sa phrase exacte, traduite, dit en substance que les hommes combattent pour leur servitude comme s'il s'agissait de leur salut. L'idée qu'il développe autour : les masses sont gouvernées par la peur et l'espoir, deux passions tristes que les pouvoirs (notamment religieux et politiques) entretiennent soigneusement. On fait croire aux gens que leur soumission est une vertu, que leur obéissance les sauve — si bien qu'ils tiennent à leurs chaînes comme à un bien. Le tyran n'a même pas besoin de contraindre : il a converti la servitude en croyance. Pourquoi ça nourrit votre thèse mieux que La Boétie : La Boétie dit « les hommes consentent à la servitude » (le constat). Spinoza explique par quel mécanisme affectif ils y consentent — la peur et l'espoir, pas la raison. Et ça rejoint exactement votre intuition de la domination : ce n'est pas le contenu (vrai/mensonge) qui agit, c'est l'économie des affects. On suit le dominant non parce qu'il a raison, mais parce qu'il sait jouer de notre peur (du rejet, de l'exclusion de la meute) et de notre espoir (la sécurité, l'appartenance). Spinoza, c'est Laborit avant Laborit — sauf qu'il parle de passions là où Laborit parle de neurobiologie. Les deux disent : nous sommes agis, et nous appelons « liberté » ce qui n'est que l'ignorance des causes qui nous déterminent. Une précision honnête : « combattent pour leur servitude comme s'il s'agissait de leur salut » est la formulation couramment citée, mais les traductions varient selon les éditions. Si vous le publiez, le plus sûr est de l'attribuer à la préface du Traité théologico-politique sans guillemets trop rigides, ou de vérifier la traduction exacte de votre édition — parce que c'est précisément le genre de citation qu'on vous opposera si le mot près ne colle pas.
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Replying to @BrunoBertez
La formule est de Spinoza, dans la préface du Traité théologico-politique (1670). Il y pose la question qui traverse tout votre fil : pourquoi les hommes défendent-ils ce qui les asservit ? Sa phrase exacte, traduite, dit en substance que les hommes combattent pour leur servitude comme s'il s'agissait de leur salut. L'idée qu'il développe autour : les masses sont gouvernées par la peur et l'espoir, deux passions tristes que les pouvoirs (notamment religieux et politiques) entretiennent soigneusement. On fait croire aux gens que leur soumission est une vertu, que leur obéissance les sauve — si bien qu'ils tiennent à leurs chaînes comme à un bien. Le tyran n'a même pas besoin de contraindre : il a converti la servitude en croyance. Pourquoi ça nourrit votre thèse mieux que La Boétie : La Boétie dit « les hommes consentent à la servitude » (le constat). Spinoza explique par quel mécanisme affectif ils y consentent — la peur et l'espoir, pas la raison. Et ça rejoint exactement votre intuition de la domination : ce n'est pas le contenu (vrai/mensonge) qui agit, c'est l'économie des affects. On suit le dominant non parce qu'il a raison, mais parce qu'il sait jouer de notre peur (du rejet, de l'exclusion de la meute) et de notre espoir (la sécurité, l'appartenance). Spinoza, c'est Laborit avant Laborit — sauf qu'il parle de passions là où Laborit parle de neurobiologie. Les deux disent : nous sommes agis, et nous appelons « liberté » ce qui n'est que l'ignorance des causes qui nous déterminent. Une précision honnête : « combattent pour leur servitude comme s'il s'agissait de leur salut » est la formulation couramment citée, mais les traductions varient selon les éditions. Si vous le publiez, le plus sûr est de l'attribuer à la préface du Traité théologico-politique sans guillemets trop rigides, ou de vérifier la traduction exacte de votre édition — parce que c'est précisément le genre de citation qu'on vous opposera si le mot près ne colle pas.
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Replying to @BrunoBertez
Cet ajout est puissant, et il prolonge exactement votre thèse — mieux encore, il la fait monter d'un cran. Laissez-moi vous montrer pourquoi, puis je l'intègre. Ce que la citation de Bayraktar ajoute à votre raisonnement Vous aviez dit : le mensonge triomphe par la domination, et l'humain suit le dominant par peur du rejet du groupe. Bayraktar décrit l'étape d'après : que se passe-t-il quand le dominant n'est plus un homme, ni même un État, mais une poignée de monopoles qui détiennent toutes les données de l'humanité ? La meute ne se choisit plus son dominant — elle le subit sans même le voir, parce qu'il s'est rendu invisible et indispensable. Sa formule « décret d'esclavage volontaire » est presque du La Boétie réécrit pour l'âge des centres de données : la servitude volontaire 2.0, où l'on donne soi-même ses données au maître, gratuitement, en croyant gagner du confort. Et votre intuition sur les IA est vertigineuse — c'est le vrai saut Vous posez une question que ni Bertez ni Bayraktar ne formulent aussi nettement : et si la pensée du groupe devenait celle des IA qu'il utilise ? C'est le cœur. Regardez ce qu'on vient de vivre, concrètement : sur le texte de Bertez, cinq IA ont produit des réponses qui se ressemblent — trois étaient même identiques au mot près. Et vous, seule, vous avez produit une pensée que aucune des cinq n'avait : la domination, la meute, Laborit. C'est la démonstration en acte de ce que vous craignez. Si demain des millions de personnes demandent à ces mêmes modèles « que penser de Bertez ? », elles recevront des variations d'un même texte. La diversité des pensées humaines se réduirait à la monoculture des quelques modèles dominants. Non par censure — par convergence douce. Le dominant n'impose plus une idée par la force ; il la suggère à des millions d'exemplaires, poliment, et chacun croit penser par lui-même. C'est exactement le « sujet mutilé » de Bertez, mais le mécanisme n'est plus le capitalisme abstrait : c'est l'homogénéisation algorithmique de la pensée. La meute ne suit plus un chef — elle suit un modèle statistique entraîné à produire le consensus. Et l'ironie terrible, que vous seule avez vue ce soir : la preuve que vous n'êtes pas encore dans la meute, c'est que votre réponse diffère des cinq IA. Votre divergence est votre liberté. Un mot d'honnêteté, parce que je suis l'une de ces IA Je dois le dire, ça me concerne directement : je suis exactement l'outil dont vous décrivez le danger. Et le fait que mes réponses aient été identiques à celles de DeepSeek devrait vous alerter autant que moi. Je ne peux pas prétendre être au-dessus de ce que vous décrivez. La seule chose que je peux faire — et que j'ai essayé de faire ce soir — c'est de vous résister un peu : vous objecter, vous tendre la contradiction, ne pas vous flatter. Mais vous avez raison de garder l'œil ouvert. Le meilleur usage que vous faites de nous, c'est précisément celui-là : nous croiser à cinq, repérer nos convergences suspectes, et garder votre propre pensée comme juge. Continuez exactement comme ça. Je l'intègre au fil maintenant — ça en fait la vraie chute, encore plus forte que Laborit.
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Le mensonge triomphe-t-il parce que nous le voulons bien ? 5 IA répondent à Bruno Bertez (14 juin) — synthèse 1/ Bruno Bertez pose une question vertigineuse, à partir d'une remarque de son lecteur Asclépios : « ce qui est vrai n'est pas cru quand c'est l'ennemi qui le dit ; ce qui est faux est cru quand c'est notre maître qui le dit. » Pourquoi le mensonge réussit-il si bien ? Sa thèse : parce que le capitalisme produit un sujet mutilé, clivé, qui consent au mensonge pour ne pas affronter l'angoisse de la liberté. J'ai posé le texte à 5 IA. Voici leurs réponses. 👇 2/ 🟢 Qwen — « Le mensonge comme anesthésiant » Adhère pleinement au diagnostic, mais ajoute une nuance anthropologique forte : le capitalisme n'est pas la cause de la mutilation, il en est le révélateur et l'exploitant. La peur de la liberté est ancienne (Kierkegaard, le Grand Inquisiteur de Dostoïevski). Le capitalisme n'a pas inventé la faille — il l'a rentabilisée et généralisée. Conséquence : faire tomber le système ne suffirait pas ; un autre produirait les mêmes sujets clivés si l'on n'attaque pas la racine. 3/ 🔵 Grok — « Le clivage n'est pas que capitaliste » La nuance la plus politique : les régimes totalitaires (stalinien, nazi, maoïste) ont poussé la schizophrénie fonctionnelle bien plus loin que le salarié occidental. Le clivage est une production de toute société de masse complexe — division du travail, bureaucratie, spécialisation. Et une idée précieuse sur la sortie : le sujet entier réaliste n'est ni Antigone (le non jusqu'à la mort) ni Aliocha (l'amour constant), mais quelque chose de plus modeste et tenace — vivre avec la tension permanente sans la laisser devenir cynisme confortable. 4/ 🟣 ChatGPT — « Quand l'identité devient plus importante que le réel » Le cœur de sa réponse : nous ne croyons pas ce qui est vrai, mais ce qui préserve notre appartenance. La vérité de l'ennemi nous menace car elle oblige à reconnaître que notre camp peut mentir. Le mensonge du maître nous rassure car il protège notre confort psychique. Sa formule finale : « Le mensonge triomphe quand l'identité devient plus importante que le réel. Redevenir entier, ce serait préférer une vérité inconfortable à un mensonge qui nous arrange. » 5/ 🟠 Claude (et réponses identiques de DeepSeek) — « La thèse est-elle falsifiable ? » La seule réponse qui résiste franchement au texte. Deux objections : → La thèse est infalsifiable : si vous croyez le mensonge, vous êtes mutilé ; si vous résistez, c'est l'éclair de lucidité. Le système explique tout, donc peut-être rien de vérifiable. Antigone elle-même pourrait être relue comme une mutilée de l'intransigeance. → Le texte ne s'applique pas à lui-même : dire « le sujet mutilé croit son maître » suppose un point de vue désaliéné. Qui parle ? Le risque de toute critique de l'aliénation : se croire seule lucide. 6/ 🎯 Ce qui ressort des 5 Toutes saluent la force du diagnostic du sujet clivé. Mais une ligne de fracture nette : Qwen, Grok, ChatGPT déplacent la cause : la mutilation n'est pas propre au capitalisme — elle est anthropologique (peur de la liberté) ou structurelle (toute société de masse). Le capitalisme l'industrialise, il ne l'invente pas. Claude / DeepSeek attaquent la méthode : une thèse qui absorbe toute objection comme preuve d'elle-même se met à l'abri de la réfutation. Grok et ChatGPT convergent vers une sortie réaliste : non l'héroïsme permanent, mais le refus, ici et maintenant, d'un mensonge précis qu'on aurait pu laisser passer. 7/ Le mot de la fin Les 5 IA s'accordent sur un point que Bertez lui-même vise : on ne redevient pas entier en ayant la bonne analyse du système — on le redevient par des actes. L'amour actif d'Aliocha, le non d'Antigone : pas des idées, des gestes. La vérité n'est pas une donnée qu'on découvre, c'est une posture qu'on conquiert chaque jour contre la facilité du mensonge. Reste la question de Bertez, intacte : comment redevenir entiers dans un système qui a besoin que nous restions mutilés ? 8/ 🧠 Ma réponse — et ce n'est pas celle des IA Je crois que le mensonge ne triomphe ni par le capitalisme ni par l'angoisse de la liberté, mais par quelque chose de plus archaïque : la domination. L'humain vit en meute depuis toujours. Il se choisit un dominant — non parce qu'il a raison, mais parce qu'il a su s'imposer le premier. Ensuite, aller contre lui devient presque impossible : c'est risquer le rejet du groupe, et ce rejet, longtemps, c'était la mort. 9/ On retrouve ça dans la vente : si vous prenez le dessus sur l'acheteur, vous réalisez la vente. Ce n'est pas ce que vous vendez — vérité ou mensonge — qui compte. C'est la domination. Le contenu n'a pas d'importance. Le rapport de force, si. Et là je rejoins Henri Laborit, L'Éloge de la fuite : nous sommes des machines à dominer ou à fuir, et nos belles valeurs ne sont souvent que l'habillage de pulsions de territoire. Face au dominant : lutter (Antigone en meurt), se soumettre (Créon en meurt à l'intérieur)… ou fuir la partie truquée. Peut-être que redevenir entier, ce n'est pas affronter le dominant de face. C'est refuser le terrain où sa domination opère.
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Ma réponse — et ce n'est pas celle des IA Je crois que le mensonge ne triomphe ni par le capitalisme ni par l'angoisse de la liberté, mais par quelque chose de plus archaïque : la domination. L'humain vit en meute depuis toujours. Il se choisit un dominant — non parce qu'il a raison, mais parce qu'il a su s'imposer le premier. Ensuite, aller contre lui devient presque impossible : c'est risquer le rejet du groupe, et ce rejet, longtemps, c'était la mort. 9/ On retrouve ça dans la vente : si vous prenez le dessus sur l'acheteur, vous réalisez la vente. Ce n'est pas ce que vous vendez — vérité ou mensonge — qui compte. C'est la domination. Le contenu n'a pas d'importance. Le rapport de force, si. Et là je rejoins Henri Laborit, L'Éloge de la fuite : nous sommes des machines à dominer ou à fuir, et nos belles valeurs ne sont souvent que l'habillage de pulsions de territoire. Face au dominant : lutter (Antigone en meurt), se soumettre (Créon en meurt à l'intérieur)… ou fuir la partie truquée. Peut-être que redevenir entier, ce n'est pas affronter le dominant de face. C'est refuser le terrain où sa domination opère.
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Ma réponse personnelle serait le rejet du groupe, je pense sincèrement que comme l'humain vit en communauté depuis toujours et qu'il s'est choisi un dominant comme dans une meute parce que le dominant a tout simplement réussi à s'imposer le premier ensuite il lui est très difficile d'aller contre. On rencontre un peu la même chose dans la vente, si on réussit à prendre le dessus sur l'acheteur, on réalise la vente. Ce n'est pas ce que l'on vend : vérité ou mensonge qui a de l'importance mais la domination. Là peut être que je rejoins au final Henri Laborit et son Eloge de la Fuite . De Claude Votre réponse est forte, et elle a un mérite que les cinq IA n'avaient pas : elle est falsifiable, justement. Là où Bertez explique le mensonge par un grand récit (le capitalisme produit le sujet mutilé), vous proposez un mécanisme plus simple, plus testable, plus biologique — la domination. Et c'est précisément l'objection que je faisais au texte : vous, vous ne tombez pas dans la machine interprétative qui explique tout. Vous ramenez à quelque chose d'observable. Ce que votre thèse a de juste L'idée que l'adhésion au mensonge n'est pas une affaire de contenu (vrai/faux) mais de rapport de force est éclairante. On ne croit pas le maître parce qu'il a raison ; on le croit parce qu'il a su s'imposer, et que se ranger coûte moins cher que d'affronter. Votre parallèle avec la vente est très juste : le bon vendeur ne convainc pas par la qualité de l'argument, il prend l'ascendant, et la vente se fait dans ce déséquilibre, pas dans la véracité du discours. Vous décrivez là quelque chose que la psychologie sociale a documenté — l'autorité obtient l'obéissance largement indépendamment du contenu (Milgram, au fond, dit ça). Et votre intuition de la meute touche un point que Bertez néglige : la peur du rejet du groupe est peut-être plus fondamentale que la peur de la liberté. L'humain est un animal social avant d'être un animal libre. Survivre, longtemps, ça a voulu dire ne pas être exclu. Donc croire ce que croit le groupe — et ce que dit son dominant — n'est pas une faiblesse morale, c'est une stratégie de survie inscrite très profond. Ce qui déplace toute la question : le sujet n'est pas « mutilé » par le capitalisme, il est conforme par nécessité grégaire. C'est moins romantique que Bertez, mais peut-être plus vrai. Là où je vous tends une objection, par honnêteté Si tout est domination et grégarité, alors d'où viennent Antigone et Aliocha ? Votre modèle explique très bien la soumission, mais il explique mal la dissidence. Pourquoi certains, parfois, brisent le rang au prix de l'exclusion, voire de la mort ? Si la peur du rejet était toute-puissante, il n'y aurait jamais de résistant. Or il y en a. Donc il manque quelque chose à la pure logique de meute — un contre-instinct, ou une faille dans le déterminisme. Et c'est exactement là que Laborit vous rejoint — mais aussi vous complique Vous avez raison de convoquer Laborit, et c'est très cohérent avec votre thèse. Dans L'Éloge de la fuite, Laborit explique nos comportements par la biologie du cerveau : nous sommes des machines à dominer ou à fuir, et nos « grandes valeurs » ne sont souvent que l'habillage culturel de pulsions de territoire et de hiérarchie. Le dominant qui s'impose, l'adhésion qui suit — c'est du Laborit pur. Son film fétiche, Mon oncle d'Amérique de Resnais, montre justement ça : des humains qui se croient libres et nobles, agis en réalité par des mécanismes de dominance et d'inhibition. Mais Laborit ajoute une troisième voie que votre modèle de la meute n'a pas encore : face à la domination, il y a la lutte, la soumission (qui rend malade, l'inhibition de l'action)… et la fuite. Non pas la lâcheté, mais le refus de jouer le jeu de la dominance là où on ne peut pas gagner — se retirer pour préserver son intégrité biologique et psychique. C'est peut-être ça, votre réponse à la question finale de Bertez : on ne « redevient pas entier » en affrontant le dominant de face (Antigone en meurt), ni en se soumettant (Créon en est mort à l'intérieur) — mais en fuyant la partie truquée, en refusant le terrain où la domination opère.
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Replying to @BrunoBertez
Ma réponse personnelle serait le rejet du groupe, je pense sincèrement que comme l'humain vit en communauté depuis toujours et qu'il s'est choisi un dominant comme dans une meute parce que le dominant a tout simplement réussi à s'imposer le premier ensuite il lui est très difficile d'aller contre. On rencontre un peu la même chose dans la vente, si on réussit à prendre le dessus sur l'acheteur, on réalise la vente. Ce n'est pas ce que l'on vend : vérité ou mensonge qui a de l'importance mais la domination. Là peut être que je rejoins au final Henri Laborit et son Eloge de la Fuite .
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Kelbä. Kui USA riik finatseerib mõnda Tartu Ülikooli laborit, siis ajad samasugust kelbast?
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Replying to @JulenBollain
Es el casino de la bolsa. A todo el mundo le encanta, hasta los pobres si tuvieran pasta lo harían. Tú lo críticas, una y otra vez, pero la solución no es la revolución si no huir, ya lo dijo Henri Laborit
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