Institut dâĂ©tude de la guerre
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ACTUALITĂ : La CorĂ©e du Nord continue de tirer parti de ses relations avec la Russie et la RĂ©publique populaire de Chine pour poursuivre sa croissance Ă©conomique. Les projets dâinfrastructure nord-corĂ©ens reliant la CorĂ©e du Nord, la Russie et la RĂ©publique populaire de Chine pourraient faciliter davantage la coopĂ©ration commerciale et logistique entre ces trois Ătats.
Autres points clés :
Les Ătats-Unis, le Japon et la CorĂ©e du Sud ont publiĂ© une dĂ©claration commune appelant Ă la dĂ©nuclĂ©arisation de la CorĂ©e du Nord lors de leur rĂ©union trilatĂ©rale du 12 juin. Lâinclusion de la CorĂ©e du Sud dans cette dĂ©claration commune pourrait reflĂ©ter lâĂ©valuation selon laquelle un dialogue intercorĂ©en reste peu probable Ă lâheure actuelle, rendant ainsi indispensables la coopĂ©ration trilatĂ©rale et des dĂ©clarations politiques communes.
Le point sur la péninsule coréenne, 16 juin 2026
isw.pub/KoreanPeninsula06162âŠ
La CorĂ©e du Nord accroĂźt ses recettes grĂące au commerce avec la RĂ©publique populaire de Chine (RPC) et la Russie, en tirant parti de son importance gĂ©opolitique accrue aux yeux de ces deux grandes puissances. La sociĂ©tĂ© sud-corĂ©enne dâanalyse dâimages satellites AI Analytics (SIA) a indiquĂ© le 11 juin que la CorĂ©e du Nord avait augmentĂ© le nombre de vĂ©hicules et dâengins de chantier stationnĂ©s aux installations douaniĂšres et dâimmigration du nouveau pont sur le fleuve Yalu, passant de 40 Ă la mi-mai Ă 160 Ă la fin du mois de mai.[1] SIA a Ă©galement constatĂ© une augmentation du nombre de berlines sur le chantier, ce qui pourrait indiquer la prĂ©sence de hauts responsables.[2] Le nouveau pont sur le fleuve Yalu sâĂ©tend sur 3 km (1,88 mile) et relie Sinuiju, en CorĂ©e du Nord, Ă Dandong, en RĂ©publique populaire de Chine, situĂ© Ă environ 9 km (5,6 miles) au sud du pont de lâamitiĂ© sino-corĂ©en actuellement en service.[3] Les deux pays ont achevĂ© la construction du pont en 2014, mais ont reportĂ© son ouverture en raison des sanctions internationales contre la CorĂ©e du Nord et des inquiĂ©tudes concernant la charge financiĂšre que la construction du pont pourrait reprĂ©senter. [4] Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Parti communiste chinois (PCC), Xi Jinping, sâest rendu en CorĂ©e du Nord le 8 juin et a convenu de renforcer les « Ă©changes et visites entre les peuples » bilatĂ©raux, ainsi que la coopĂ©ration dans tous les secteurs.[5] Le volume total des Ă©changes commerciaux entre les deux pays a atteint 325,8 millions de dollars en avril 2026, soit le chiffre mensuel le plus Ă©levĂ© depuis huit ans. [6] Les Ă©changes bilatĂ©raux ont commencĂ© Ă remonter aux niveaux dâavant la pandĂ©mie fin 2025, et ont dĂ©passĂ© ces niveaux en dĂ©cembre 2025.[7]
Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Parti des travailleurs de CorĂ©e (PTC), Kim Jong Un, a adressĂ© une lettre de fĂ©licitations au prĂ©sident russe Vladimir Poutine le 12 juin Ă lâoccasion de la JournĂ©e de la Russie. [8] Kim a soulignĂ© que Pyongyang soutenait pleinement « les politiques de Moscou et maintenait une alliance inĂ©branlable avec la Russie ».[9] Le premier pont routier reliant la CorĂ©e du Nord Ă la Russie sera inaugurĂ© le 19 juin.[10] Les deux pays semblent avoir dĂ©libĂ©rĂ©ment choisi le 19 juin comme date dâinauguration afin de cĂ©lĂ©brer le deuxiĂšme anniversaire du TraitĂ© de partenariat stratĂ©gique global et de manifester leur alignement bilatĂ©ral. [11] Ce nouveau pont, situĂ© Ă environ 400 m (1 310 pieds) au sud du pont ferroviaire bilatĂ©ral existant sur le fleuve Tumen, constituera une liaison transfrontaliĂšre logistique essentielle.[12] Lâagence de tourisme Vostok Intur, basĂ©e Ă Vladivostok, a commencĂ© Ă promouvoir un nouveau forfait touristique traversant la RĂ©publique populaire de Chine, la CorĂ©e du Nord et la Russie.[13] Cette initiative soutient les efforts russes visant Ă accroĂźtre le tourisme vers la CorĂ©e du Nord. Le Service des frontiĂšres russe a indiquĂ© que 9 985 ressortissants russes se sont rendus en CorĂ©e du Nord en 2025, ce qui reprĂ©sente le volume annuel le plus Ă©levĂ© depuis 2010.[14]
La CorĂ©e du Nord semble dĂ©terminĂ©e Ă dĂ©velopper ses Ă©changes civils et Ă©conomiques, en plus de ses relations diplomatiques et militaires avec la RĂ©publique populaire de Chine et la Russie. Les nouveaux ponts sur les fleuves Tumen et Yalu renforceront les capacitĂ©s logistiques transfrontaliĂšres, jusquâalors limitĂ©es.
Le nouveau pont Ă quatre voies sur le Yalu, en particulier, augmentera considĂ©rablement la capacitĂ© de transport par rapport aux infrastructures routiĂšres existantes, Ă voie unique et Ă sens unique.[15] Kim tire probablement parti de la valeur gĂ©opolitique accrue de la CorĂ©e du Nord aux yeux de ces deux grandes puissances afin dâen maximiser les avantages pour son pays. La CorĂ©e du Nord a renforcĂ© son importance stratĂ©gique pour la Russie en exportant du matĂ©riel militaire et en dĂ©ployant environ 14 000 soldats pour soutenir lâeffort de guerre russe. [16] LâInstitut pour la stratĂ©gie de sĂ©curitĂ© nationale, un groupe de rĂ©flexion affiliĂ© au gouvernement sud-corĂ©en, a estimĂ© la valeur totale des armes nord-corĂ©ennes fournies Ă la Russie jusquâen 2025 entre 7 millions et 13,8 millions de dollars.[17] La consolidation rapide de lâalliance entre la CorĂ©e du Nord et la Russie a, en revanche, affaibli lâinfluence de la RĂ©publique populaire de Chine sur la CorĂ©e du Nord, ce qui a incitĂ© cette derniĂšre Ă tenter de rĂ©tablir son influence en reprenant les Ă©changes de haut niveau avec Pyongyang. La RĂ©publique populaire de Chine a largement Ă©vitĂ© les sujets sensibles, notamment la dĂ©nuclĂ©arisation, lors de ses entretiens avec des responsables nord-corĂ©ens de haut niveau, tout en mettant fortement lâaccent sur lâamitiĂ© bilatĂ©rale traditionnelle.[18]
Les Ătats-Unis, la CorĂ©e du Sud et le Japon ont tenu leur premiĂšre rĂ©union trilatĂ©rale de travail depuis le sommet Xi-Kim le 12 juin et ont menĂ© des consultations bilatĂ©rales distinctes avec les Ătats-Unis le 11 juin afin de contrer les efforts de la CorĂ©e du Nord visant Ă revendiquer son statut nuclĂ©aire « irrĂ©versible ». Les Ătats-Unis, la CorĂ©e du Sud et le Japon ont exprimĂ© leur « profonde inquiĂ©tude » face aux programmes de dĂ©veloppement nuclĂ©aire et balistique de la CorĂ©e du Nord et ont rĂ©affirmĂ© leur engagement en faveur de la dĂ©nuclĂ©arisation complĂšte de ce pays.[19] Le 11 juin, lors de la 6e rĂ©union du Groupe consultatif sur le nuclĂ©aire (NCG) Ă SĂ©oul, les Ătats-Unis et la CorĂ©e du Sud ont rĂ©affirmĂ© sĂ©parĂ©ment leur objectif commun de dĂ©nuclĂ©arisation de la CorĂ©e du Nord. [20] Les Ătats-Unis ont Ă©galement rĂ©itĂ©rĂ© leur engagement Ă mettre Ă disposition « lâensemble des capacitĂ©s amĂ©ricaines, y compris les capacitĂ©s nuclĂ©aires », afin de dissuader la CorĂ©e du Nord. [21] La dĂ©claration commune du NCG adoptĂ©e en dĂ©cembre 2025 ne faisait pas mention de la dĂ©nuclĂ©arisation de la CorĂ©e du Nord.[22] Le 11 juin, lors de leur Dialogue sur la dissuasion Ă©largie (EDD) Ă Tokyo, les Ătats-Unis et le Japon ont rejetĂ© lâaffirmation de la Russie selon laquelle la poursuite par la CorĂ©e du Nord de son programme dâarmement nuclĂ©aire constituait une « question rĂ©glĂ©e » et ont appelĂ© Ă la dĂ©nuclĂ©arisation complĂšte de la CorĂ©e du Nord. [23] Le 14 juin, la CorĂ©e du Nord a dĂ©clarĂ© que « les condamnations significatives Ă lâencontre de la [RĂ©publique populaire dĂ©mocratique de CorĂ©e] et les menaces nuclĂ©aires coordonnĂ©es des Ătats-Unis et de leurs alliĂ©s » ne pouvaient pas remettre en cause son statut « irrĂ©versible » de puissance nuclĂ©aire. [24]
La rĂ©union entre les Ătats-Unis, la CorĂ©e du Sud et le Japon a constituĂ© la premiĂšre prise de position trilatĂ©rale sur la CorĂ©e du Nord depuis la rencontre entre le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du PCC, Xi Jinping, et le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Parti des travailleurs de CorĂ©e (PTC), Kim Jong Un, les 8 et 9 juin. Les trois pays visaient probablement Ă contrer les efforts de la CorĂ©e du Nord visant Ă consolider son statut nuclĂ©aire, dans un contexte de soutien croissant de la part de la Russie et de la RĂ©publique populaire de Chine. Le NCG et lâEDD ont Ă©galement permis de rĂ©affirmer lâengagement des Ătats-Unis en faveur de la dissuasion Ă©largie face aux menaces nuclĂ©aires nord-corĂ©ennes. La participation de la CorĂ©e du Sud Ă ces dialogues et dĂ©clarations communes est remarquable, compte tenu de la rĂ©ticence de Lee Jae Myung Ă prendre des mesures susceptibles de provoquer des protestations de la part de la CorĂ©e du Nord. Le prĂ©sident sud-corĂ©en Lee Jae Myung et la PremiĂšre ministre japonaise Sanae Takaichi se sont Ă©galement rendus visite Ă titre rĂ©ciproque en 2026[25]. La gestion par lâadministration Lee de ses relations avec le Japon pourrait reflĂ©ter lâidĂ©e quâun rapprochement intercorĂ©en Ă court terme reste peu probable. La coordination trilatĂ©rale entre les Ătats-Unis, la CorĂ©e du Sud et le Japon pourrait se renforcer en rĂ©ponse Ă la reconnaissance par la Russie et la RĂ©publique populaire de Chine du programme nuclĂ©aire nord-corĂ©en.
Relations extérieures de la Corée du Nord
La coopĂ©ration de haut niveau entre la Russie et la CorĂ©e du Nord se poursuit. Une dĂ©lĂ©gation Ă©conomique nord-corĂ©enne, conduite par le ministre des Relations Ă©conomiques extĂ©rieures de la CorĂ©e du Nord, Yun Jong Ho, a participĂ© au Forum Ă©conomique international de Saint-PĂ©tersbourg (SPIEF) en Russie et a assistĂ© au salon international « Belagro-2026 » Ă Minsk, en BiĂ©lorussie, du 29 mai au 8 juin. [26] Ce nâest apparemment pas la premiĂšre fois que des responsables nord-corĂ©ens participent au SPIEF, mais la prĂ©sence de la CorĂ©e du Nord semble ĂȘtre un phĂ©nomĂšne relativement rĂ©cent, une dĂ©lĂ©gation ayant dĂ©jĂ Ă©tĂ© envoyĂ©e en 2024 et lâambassadeur de la CorĂ©e du Nord en Russie, Sin Hong Chol, y ayant assistĂ© en 2022.[27] Le vice-prĂ©sident de la RĂ©publique populaire de Chine, Han Zheng, Ă©tait Ă©galement prĂ©sent au SPIEF et aurait rencontrĂ© le prĂ©sident russe Vladimir Poutine, qui aurait dĂ©clarĂ© que les relations entre la Russie et la RĂ©publique populaire de Chine se situaient Ă un « niveau sans prĂ©cĂ©dent ». Aucune rĂ©union publique nâĂ©tait prĂ©vue entre les reprĂ©sentants de la RĂ©publique populaire de Chine, de la CorĂ©e du Nord et de la Russie lors du SPIEF, mais il est possible quâil y ait eu un certain degrĂ© de coordination ou de rĂ©unions Ă huis clos alors quâils Ă©taient tous prĂ©sents.
Le prĂ©sident de la Douma russe, Viatcheslav Volodine, a dĂ©clarĂ© que la Douma avait exigĂ©, lors dâune sĂ©ance plĂ©niĂšre, la levĂ©e des sanctions internationales contre la CorĂ©e du Nord, Cuba et lâIran afin de lever les obstacles au dĂ©veloppement de lâĂtat.[28] M. Volodine a en outre exprimĂ© lâopposition de la Russie aux nouveaux obstacles au dĂ©veloppement de la RĂ©publique populaire de Chine qui ont Ă©tĂ© mis en place, sans toutefois prĂ©ciser la nature de ces « obstacles » ni identifier leurs responsables.[29] Les mĂ©dias dâĂtat russes ont par ailleurs publiĂ© plusieurs articles consacrĂ©s au tĂ©lĂ©gramme annuel adressĂ© par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Parti des travailleurs de CorĂ©e (PTC), Kim Jong Un, au prĂ©sident russe Vladimir Poutine, le fĂ©licitant Ă lâoccasion de la FĂȘte de la Russie.[30] Ce tĂ©lĂ©gramme soulignait que la CorĂ©e du Nord et la Russie « ouvrent une nouvelle page de lâhistoire », Kim affirmant que sa « volontĂ© et sa position inĂ©branlables » consistent à « soutenir sans faille la politique intĂ©rieure et Ă©trangĂšre de Moscou, et Ă toujours se tenir aux cĂŽtĂ©s de la Russie ».[31]
Ces derniers Ă©vĂ©nements marquent la fin dâune pĂ©riode marquĂ©e par dâimportantes rencontres bilatĂ©rales de haut niveau entre la Russie, la CorĂ©e du Nord et la RĂ©publique populaire de Chine, y compris des rencontres bilatĂ©rales directes entre les dirigeants de ces trois pays. Le SPIEF est reconnu comme un vecteur permettant Ă la Russie de renforcer ses liens politiques et Ă©conomiques avec les pays participants, en particulier dans le contexte des sanctions adoptĂ©es Ă la suite de lâinvasion de lâUkraine en 2022.[32] La CorĂ©e du Nord a connu une croissance Ă©conomique significative depuis 2022, en grande partie grĂące Ă ses partenariats avec la Russie et la RĂ©publique populaire de Chine.[33] La poursuite de ces Ă©changes de haut niveau pourrait soutenir cette croissance.
La CorĂ©e du Nord importe et exporte des matiĂšres premiĂšres et du matĂ©riel militaire en violation des sanctions internationales. Les Ă©changes bilatĂ©raux avec la Russie et la RĂ©publique populaire de Chine ont connu une forte hausse ces derniĂšres annĂ©es.[34] La rĂ©solution 2371 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies (ONU) interdit totalement aux pays membres de sâapprovisionner en charbon auprĂšs de la CorĂ©e du Nord.[35] Yu Yong-weon, dĂ©putĂ© du Parti du pouvoir populaire (PPP), parti dâopposition sud-corĂ©en, a publiĂ© une dĂ©claration affirmant que la CorĂ©e du Nord avait illĂ©galement exportĂ© environ 1,5 million de tonnes de charbon en 2025, en utilisant des navires battant pavillon Ă©tranger et en Ă©tiquetant faussement ses exportations comme Ă©tant dâorigine russe.[36] M. Yu a dĂ©clarĂ© que la CorĂ©e du Nord importait du pĂ©trole raffinĂ© Ă un volume plus de sept fois supĂ©rieur au plafond de 500 000 barils par an fixĂ© par les sanctions de lâONU. M. Yu a ajoutĂ© que la CorĂ©e du Nord enfreignait Ă©galement les rĂ©glementations de lâONU en exportant dâautres minerais, tels que le minerai de fer, et en Ă©changeant du matĂ©riel militaire avec la Russie.[37]
Les Ătats-Unis, le Japon, la CorĂ©e du Sud et sept autres pays ont publiĂ© une dĂ©claration commune le 30 mai afin dâ« examiner les informations relatives aux violations » et de prendre des mesures Ă lâencontre des navires impliquĂ©s dans le contournement des sanctions contre la CorĂ©e du Nord, citant spĂ©cifiquement les exportations illĂ©gales de charbon et de minerai de fer.
[38] La RĂ©publique populaire de Chine et la Russie sont les principaux partenaires commerciaux de la CorĂ©e du Nord, et ces deux pays sâopposent aux sanctions Ă lâencontre de ce pays. La RĂ©publique populaire de Chine et la Russie ont publiĂ© en mai 2026 une dĂ©claration commune exprimant explicitement leur opposition aux sanctions ou Ă toute pression militaire exercĂ©e sur la CorĂ©e du Nord. [39] Les sanctions internationales visent Ă empĂȘcher la CorĂ©e du Nord de gĂ©nĂ©rer des recettes en devises Ă©trangĂšres pour financer ses programmes dâarmes nuclĂ©aires et de missiles balistiques.[40] La CorĂ©e du Nord est toutefois lĂ©galement autorisĂ©e Ă exporter certaines matiĂšres premiĂšres, et les chiffres de lâAdministration gĂ©nĂ©rale des douanes de la RĂ©publique populaire de Chine montrent que les importations chinoises de tungstĂšne nord-corĂ©en, de janvier Ă avril 2026, ont Ă©tĂ© multipliĂ©es par plus de 13 par rapport Ă la mĂȘme pĂ©riode en 2025. [41] La CorĂ©e du Nord a exportĂ© pour 75,17 millions de dollars de tungstĂšne vers la RĂ©publique populaire de Chine de janvier Ă avril 2026, dĂ©passant ainsi les produits capillaires au rang de premiĂšre exportation du pays en valeur.
Guerre cognitive nord-coréenne
Rien de significatif Ă signaler.
Relations intercoréennes
Le ministĂšre sud-corĂ©en de lâUnification (MOU) pourrait mettre en Ćuvre des stratĂ©gies alternatives visant Ă encourager les Ă©changes intercorĂ©ens, alors que la CorĂ©e du Nord continue de rejeter les initiatives diplomatiques sud-corĂ©ennes. En mars, le gouvernement provincial sud-corĂ©en de Jeju a envoyĂ© en CorĂ©e du Nord, via Dalian (RPC), des fournitures mĂ©dicales, du matĂ©riel de lutte contre les nuisibles et des plants de mandarines de Jeju pour une valeur de 105 000 dollars. [42] Ces actions de Jeju ont marquĂ© la reprise du projet dâaide de Jeju Ă la CorĂ©e du Nord, interrompu depuis lâadministration de Moon Jae-in.[43] Jeju a fourni une aide Ă la CorĂ©e du Nord de 1999 Ă 2010, et des colis dâaide supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© livrĂ©s en 2018 et 2021. [44] Il sâagit du premier Ă©change intercorĂ©en depuis que le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Parti des travailleurs de CorĂ©e (PTC), Kim Jong Un, a proclamĂ© sa politique de « relations hostiles entre les deux Ătats » en 2023.[45] Le directeur gĂ©nĂ©ral de lâOffice du tourisme et des Ă©changes culturels de Jeju, Kim Yang-bo, a dĂ©clarĂ© le 8 juin que Jeju et la CorĂ©e du Nord avaient convenu de coopĂ©rer dans le secteur mĂ©dical et de dĂ©velopper leurs liens touristiques. [46] Les responsables de Jeju ont estimĂ© que la cargaison Ă©tait arrivĂ©e en CorĂ©e du Nord le 4 mai, bien que Pyongyang nâait ni confirmĂ© cette livraison ni Ă©mis de rĂ©ponse officielle.[47] Ce projet humanitaire a dĂ©butĂ© en novembre 2025, lorsque le gouverneur de Jeju, Oh Young-hoon, a sollicitĂ© la coopĂ©ration du MOU et le soutien de la RĂ©publique populaire de Chine. [48] Lâagence de presse japonaise Kyodo News a affirmĂ© que M. Oh et une dĂ©lĂ©gation de Jeju avaient rencontrĂ© lâagent nord-corĂ©en Ri Ho-nam Ă PĂ©kin en fĂ©vrier.[49] M. Ri supervisait un canal de communication intercorĂ©en informel depuis les annĂ©es 1990 et avait auparavant participĂ© Ă des nĂ©gociations en vue de sommets intercorĂ©ens ainsi quâĂ des scandales liĂ©s Ă des transferts de fonds dâentreprises sud-corĂ©ennes. [50] Les responsables de Jeju ont refusĂ© de confirmer si M. Oh avait rencontrĂ© M. Ri.[51] Le 8 juin, le porte-parole du MOU, Yoon Min-ho, a niĂ© que cette aide sâinscrive dans le cadre dâune politique officielle de lâadministration Lee, bien que le MOU ait approuvĂ© le projet.[52] M. Yoon a ajoutĂ© que les collectivitĂ©s locales constituaient des entitĂ©s juridiques distinctes de lâadministration centrale.[53]
Lâaide de Jeju, fournie avec lâaccord du MOU, pourrait sâinscrire dans la stratĂ©gie plus large du MOU visant Ă dĂ©velopper les Ă©changes intercorĂ©ens indirects, conformĂ©ment Ă sa politique de « coexistence pacifique ». Le MOU considĂšre probablement aussi les canaux de communication non officiels avec des personnalitĂ©s nord-corĂ©ennes comme une alternative fonctionnelle tant que les voies bilatĂ©rales officielles restent coupĂ©es. Jeju pourrait Ă©galement avoir lâintention dâĂ©largir les Ă©changes gĂ©nĂ©raux avec Pyongyang, conformĂ©ment Ă ses accords de coopĂ©ration avec la CorĂ©e du Nord.
Gwang Chol Chang, ressortissant nord-corĂ©en et chef de la section des politiques Ă©ducatives de lâOrganisation des Nations unies pour lâĂ©ducation, la science et la culture (UNESCO), participera au Forum annuel de Jeju, co-organisĂ© par le ministĂšre sud-corĂ©en des Affaires Ă©trangĂšres et la province de Jeju.[54] Le gouvernement central sud-corĂ©en et les autoritĂ©s de Jeju ont prĂ©cisĂ© que M. Chang participerait strictement en tant que reprĂ©sentant de lâUNESCO, indĂ©pendamment de sa nationalitĂ© nord-corĂ©enne. [55] Jeju espĂšre sans doute profiter de cette occasion pour maintenir un canal de dialogue indirect, mĂȘme si M. Chang traitera probablement la CorĂ©e du Sud comme un Ătat Ă©tranger, conformĂ©ment Ă la politique de Pyongyang en matiĂšre de « relations hostiles entre les deux Ătats ». La CorĂ©e du Nord exploitera probablement les ouvertures diplomatiques de SĂ©oul pour faire valoir ses exigences et obtenir les ressources matĂ©rielles dont elle a besoin dans lâimmĂ©diat, tout en continuant Ă refuser dâengager un dialogue de haut niveau.
Politique intérieure sud-coréenne
Le prĂ©sident sud-corĂ©en Lee Jae Myung est confrontĂ© Ă une baisse de popularitĂ© malgrĂ© les victoires du Parti dĂ©mocratique (PD), au pouvoir, lors des Ă©lections locales du 3 juin. La cote de popularitĂ© de M. Lee a probablement chutĂ© au cours de la deuxiĂšme semaine de juin, principalement en raison des retombĂ©es politiques et des controverses entourant les Ă©lections locales du 3 juin. Realmeter a indiquĂ© que la cote de popularitĂ© de Lee Jae Myung Ă©tait tombĂ©e Ă 51,5 %, soit une baisse de 3,7 points de pourcentage par rapport Ă la premiĂšre semaine de juin[56]. Ă lâinverse, son taux dâimpopularitĂ© a augmentĂ© de 3,2 points de pourcentage pour atteindre 44,2 %[57]. Realmeter a attribuĂ© cette baisse en grande partie au rĂ©cent ralentissement Ă©conomique de la CorĂ©e du Sud, caractĂ©risĂ© notamment par une hausse du taux de change et de lâinflation. [58] Le taux de change du won corĂ©en par rapport au dollar amĂ©ricain a augmentĂ© rĂ©guliĂšrement au cours de lâannĂ©e Ă©coulĂ©e, atteignant un pic de 1 559,5 wons pour un dollar amĂ©ricain le 5 juin, soit une hausse par rapport au taux de 1 363,5 wons pour un dollar amĂ©ricain enregistrĂ© lors de lâinvestiture de M. Lee il y a un an. [59] Il sâagit du taux de change le plus Ă©levĂ© depuis le 10 mars 2009, date Ă laquelle le won sâĂ©changeait Ă 1 561 wons pour un dollar amĂ©ricain, en pleine crise Ă©conomique mondiale dĂ©clenchĂ©e par le marchĂ© des prĂȘts hypothĂ©caires Ă risque.[60] Cette tendance pourrait encore faire baisser la cote de popularitĂ© de Lee si la faiblesse du won corĂ©en entraĂźnait une hausse des prix sur le marchĂ© des importations.
Realmeter a Ă©galement soulignĂ© que la levĂ©e de boucliers suscitĂ©e par la mauvaise gestion, de la part de la Commission Ă©lectorale nationale (NEC), des Ă©lections locales du 3 juin a intensifiĂ© la pression publique sur lâadministration Lee pour quâelle rende compte de ses actes.[61] La NEC nâavait prĂ©parĂ© des bulletins de vote que pour 50 % du total des Ă©lecteurs inscrits dans 91 bureaux de vote, ce qui a fortement perturbĂ© et retardĂ© lâĂ©lection du maire de SĂ©oul, en particulier.[62] Cet incident a dĂ©clenchĂ© une vague de protestations conservatrices contre la NEC, car ces pĂ©nuries de bulletins de vote se sont produites principalement dans des bastions conservateurs.[63] Le Parti du pouvoir populaire (PPP), parti dâopposition conservateur, intensifie son offensive politique pour condamner les dĂ©faillances de lâadministration en matiĂšre de gestion Ă©lectorale.[64] Lee a publiĂ© un message sur X (anciennement Twitter) le 10 juin, indiquant quâil acceptait le jugement de lâopinion publique concernant la baisse de sa cote de popularitĂ©, semblant ainsi reconnaĂźtre la tendance nĂ©gative croissante liĂ©e aux Ă©vĂ©nements Ă©conomiques et politiques. [65] Realmeter a Ă©galement signalĂ© quâun phĂ©nomĂšne de basculement dans les cotes de popularitĂ© des partis sâĂ©tait produit pour la premiĂšre fois depuis lâinvestiture de Lee en juin 2025.[66] Realmeter a indiquĂ© que le soutien au PD au pouvoir Ă©tait tombĂ© Ă 38 %, contre 41,8 % la semaine derniĂšre, tandis que celui du PPP, parti dâopposition, avait progressĂ© de 3,2 points de pourcentage pour atteindre 44,3 %. [67] Gallup a Ă©galement fait Ă©tat dâune baisse des taux de popularitĂ© tant pour M. Lee que pour le PD, bien que les scores du PPP nâaient pas encore dĂ©passĂ© ceux du PD.[68]
Efforts de constitution dâune coalition contre la CorĂ©e du Nord
Le prĂ©sident sud-corĂ©en Lee Jae Myung sâest joint aux dirigeants de lâUnion europĂ©enne (UE) pour condamner la CorĂ©e du Nord, ce qui constitue la dĂ©claration la plus ferme de M. Lee Ă lâĂ©gard de la CorĂ©e du Nord Ă ce jour et marque une riposte face au soutien apportĂ© par la RĂ©publique populaire de Chine et la Russie au rĂ©gime de Kim.
La dĂ©claration commune du 10 juin entre la CorĂ©e du Sud et lâUE a condamnĂ© le soutien apportĂ© par la CorĂ©e du Nord Ă la guerre menĂ©e par la Russie en Ukraine et a appelĂ© Ă lâarrĂȘt immĂ©diat des programmes nuclĂ©aires et balistiques nord-corĂ©ens.[69] Lee et les dirigeants europĂ©ens ont rĂ©affirmĂ© leur engagement en faveur de la dĂ©nuclĂ©arisation de la CorĂ©e du Nord. [70] La dĂ©claration a soulignĂ© que des amĂ©liorations substantielles de la situation des droits de lâhomme en CorĂ©e du Nord Ă©taient essentielles et a exhortĂ© Pyongyang Ă autoriser lâaccĂšs des organisations internationales et humanitaires au pays.[71] Le 13 juin, la CorĂ©e du Nord a dĂ©noncĂ© la dĂ©claration commune CorĂ©e du Sud-UE comme une violation de sa souverainetĂ© et a qualifiĂ© la politique de « coexistence pacifique » de lâadministration Lee de « façade ».[72]
Le ton de la dĂ©claration commune semble plus modĂ©rĂ© que celui de la version de 2023 publiĂ©e sous lâadministration de Yoon Suk-yeol. La dĂ©claration commune de 2023 appelait explicitement Ă la « dĂ©nuclĂ©arisation complĂšte, vĂ©rifiable et irrĂ©versible (CVID) » de la CorĂ©e du Nord et qualifiait les lancements de missiles du rĂ©gime dâ« illĂ©gaux » et dâ« imprudents ».[73] La dĂ©claration commune de 2026 faisait rĂ©fĂ©rence Ă la « dĂ©nuclĂ©arisation complĂšte » de la CorĂ©e du Nord et exprimait une « grave prĂ©occupation » concernant les programmes de missiles nord-corĂ©ens.[74]
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