Le Québec, née pour un pti pain 🙃
L’article de Les Affaires part de l’hypothèse implicite que la valeur économique d’un permis de captation d’eau se mesure uniquement comme un actif “papier” traditionnel, sans considérer sa valeur stratégique réelle, son potentiel de revenu, ni le rôle qu’il peut jouer dans l’économie globale.
C’est EXACTEMENT la vieille façon de penser du petit Québec 😒
1- On regarde le droit administratif (autorisation de pompage) plutôt que la valeur économique réelle du contrôle d’une ressource stratégique.
2- On compare ce permis à des actifs traditionnels (ex. bâtiments, machines), sans intégrer l’eau comme un élément commercial et stratégique des chaînes de valeur.
En clair : l’article applique une logique comptable dépassée à une ressource dont la rareté et l’importance croissent mondialement, ce qui est fondamentalement biaisé.
Le cœur du problème, c’est qu’on confond statut juridique et valeur économique réelle.
Oui, un permis est révocable.
Oui, l’eau est une chose commune.
Mais cette lecture est incomplète. Hydro-Québec ne possède pas l’eau non plus. Les concessions minières, énergétiques ou portuaires sont temporaires, réglementées, renouvelables. Et pourtant, elles soutiennent des actifs qui valent des milliards. La valeur ne vient pas de la propriété absolue, mais du contrôle structuré, sécurisé et durable d’une ressource essentielle.
Réduire la valeur à “ce qui est inscrit au bilan aujourd’hui”, c’est raisonner comme un comptable du siècle dernier, pas comme un stratège.
L’affirmation voulant que « la valeur est dans le camion et la tablette, pas dans la source » est une vision court terme et locale.
La logistique se copie.
La distribution s’achète.
Les marques se construisent.
Mais une source d’eau potable abondante, renouvelable, sécurisée, située dans un territoire politiquement stable, ça ne se recrée pas ailleurs. C’est précisément ce type d’actif qui prend de la valeur quand le monde devient plus instable, pas moins.
Penser que la source n’est jamais un avantage stratégique, c’est supposer que l’eau restera éternellement abondante, politiquement neutre et sans pression internationale. C’est faux.
L’argument des redevances est tout aussi trompeur.
Oui, le coût par litre est faible aujourd’hui. Et alors? Le prix actuel d’une ressource n’a jamais été un indicateur fiable de sa valeur future. L’histoire est remplie d’exemples de ressources jugées banales… jusqu’au jour où elles deviennent critiques.
La rareté économique ne se décrète pas. Elle se construit avec le temps, la réglementation, la pression sociale, la géopolitique et la sécurité d’approvisionnement. Utiliser la faiblesse actuelle des redevances pour conclure que l’actif “ne vaut presque rien”, c’est exactement la logique qui fait rater les grands virages stratégiques.
Ce texte raisonne comme si :
1- le marché allait rester strictement local,
2- l’eau ne deviendrait jamais un enjeu stratégique global,
3- les seuls clients possibles étaient les épiciers et les dépanneurs.
C’est la bonne vieille façon de penser petit à Québec. Le monde réel évolue ailleurs : contrats à long terme, sécurisation d’approvisionnement, municipalités, industries, États. Dans ce contexte, ce qui vaut cher, ce n’est pas la bouteille sur la tablette, c’est l’accès fiable, contrôlé et défendable à la ressource.
Dire qu’un permis de captation d’eau « ne vaut presque rien », ce n’est pas une vérité économique.
C’est le reflet d’une vision étroite, administrative et dépassée.
Ceux qui continuent d’évaluer l’eau comme une commodité banale regarderont les autres transformer cette ressource en actif stratégique majeur du XXIᵉ siècle.
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