Cette année, avant la présidentielle, on va encore avoir droit au grand cirque habituel : un meeting par semaine pour chaque candidat, avec son lot de promesses mirobolantes, de petites phrases bien calibrées pour Twitter, de mots qui font vibrer les militants et de selfies sur fond de drapeau tricolore.
Chacun va nous raconter « sa » France, « son » projet, « sa » vision. Applaudissements, selfies, trending topics. La messe électorale dans toute sa splendeur.
Mais arrĂȘtons deux secondes de planer. Pour mettre en Ćuvre le moindre programme ambitieux il ne faut pas des idĂ©es, il ne faut pas des discours : il faut des gros sous. Des vrais. Des masses. Et surtout, il faut dâabord en avoir.
Avant toutes les promesses que 90 % dâentre elles ne seront jamais tenues, il y a deux vĂ©ritĂ©s brutales et non nĂ©gociables :
1. Lâassainissement des finances publiques.
Ce nâest plus un coup de tronçonneuse quâil faut. Câest un lance-flammes.
La France vit depuis plus de 50 ans au-dessus de ses moyens. Dette publique qui frĂŽle les 120 % du PIB, intĂ©rĂȘts annuels qui dĂ©passent dĂ©jĂ le budget de lâĂducation nationale, dĂ©penses publiques Ă plus de 57 % du PIB (record europĂ©en). On dĂ©pense, on emprunte, on reporte. On crĂ©e des agences, des missions, des comitĂ©s, des statuts, des aides, des subventions⊠et on sâĂ©tonne que la machine soit grippĂ©e.
Sans un nettoyage en profondeur, suppression massive de dĂ©penses inutiles, rĂ©forme rĂ©elle de lâĂtat, fin des rentes et des privilĂšges corporatistes, vrai contrĂŽle de lâefficacitĂ© de chaque euro dĂ©pensĂ©, tout le reste câest du vent. On ne peut pas redistribuer ce quâon nâa pas, ni investir dans lâavenir avec des caisses vides et des crĂ©anciers qui nous regardent de travers.
2. Relancer la croissance via la productivité.
Pas de croissance durable sans hausse de la productivité. Point.
La France stagne. Notre productivité horaire, autrefois fierté nationale, est en train de se faire rattraper et dépasser.
RĂ©glementation asphyxiante, fiscalitĂ© punitive sur le travail et le capital, charges sociales records, formation initiale dĂ©connectĂ©e du marchĂ©, bureaucratie qui tue lâinitiative, Ă©nergie chĂšre et instableâŠ
Résultat : les entreprises hésitent à investir, les talents fuient, les jeunes créateurs galÚrent, et le gùteau national ne grossit plus assez vite.
Sans productivitĂ©, pas de richesse nouvelle. Sans richesse nouvelle, pas de salaires qui augmentent vraiment, pas de protection sociale pĂ©renne, pas de transition Ă©cologique sĂ©rieuse, pas de souverainetĂ©. On peut taxer les « riches », les entreprises et les successions jusquâĂ lâos, distribuer des chĂšques Ă tour de bras : Ă un moment, il nây a plus rien Ă redistribuer. La France continuera Ă creuser sa tombe, lentement, sĂ»rement, en chantant des slogans et en pointant du doigt les mĂ©chants.
Vous pouvez faire tous les discours du monde, agiter tous les Ă©pouvantails (immigration, Europe, « ultralibĂ©ralisme », « austĂ©ritĂ© »âŠ), promettre la lune et des jours meilleurs. Sans ce combo implacable assainissement brutal des finances choc de productivitĂ© rien ne changera. La dette continuera dâexploser, la croissance de ramper, le dĂ©clin de sâinstaller.
La France nâa pas besoin de sauveurs charismatiques ni de tribuns. Elle a besoin de courage politique, de luciditĂ© Ă©conomique et de rĂ©formes que personne nâose vraiment porter parce quâelles fĂąchent tout le monde : fonctionnaires, syndicats, entreprises assistĂ©es, rentiers du systĂšme.
Le reste nâest que comĂ©die Ă©lectorale bien huilĂ©e.
Et pendant quâon applaudit les beaux discours, la tombe se creuse un peu plus profond chaque trimestre.
Réveillez-vous. Exigez le réel.
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