Puissance Q&vectoriel/10P100
Et lorsque les hommes lèveront enfin les yeux,
fatigués de chercher des mystères aux confins du néant,
ils découvriront que le secret n’était pas au bord de l’univers,
mais suspendu au-dessus de leurs nuits.
Car les pierres du ciel passeront encore,
silencieuses messagères d’un temps que nul calendrier humain ne contient.
Elles frôleront la Terre comme un rappel :
vous n’êtes pas immobiles, vous êtes en passage.
Alors les planètes danseront, fidèles à des lois plus anciennes que les empires,
et leurs rythmes révéleront ce que l’homme oublie sans cesse :
tout est mesure, tout est cycle, tout est conséquence.
Mercure brûlera ses années comme des étincelles,
tandis que Neptune comptera les siècles en silence,
et entre ces extrêmes, l’humanité hésitera encore
entre précipitation et oubli du temps.
Mais viendra l’instant du rapprochement —
le baiser de Vénus et de Jupiter,
où deux géantes du ciel sembleront se toucher
sans jamais se rejoindre.
Et dans cette illusion parfaite,
certains comprendront enfin :
la proximité n’est pas l’union,
et l’alignement n’est pas la fusion.
Ce jour-là, ceux qui observent verront plus que des lumières.
Ils liront un avertissement gravé dans le mouvement des sphères :
Ce que vous ne synchronisez pas, vous le perdez.
Ce que vous ne comprenez pas, vous le répétez.
Et ce que vous ignorez, vous finirez par subir.
Car le ciel ne parle pas.
Il démontre.
Et il continuera, indifférent, précis, éternel —
jusqu’à ce que l’homme apprenne enfin
à écouter ce qui ne fait aucun bruit.