Monsieur le Président
@EmmanuelMacron,
Nous avons un problème de méthode. Il est structurel, et il se répète.
Sur chaque sujet majeur (souveraineté numérique, sécurité, immigration, cohésion nationale), la mécanique est la même. Des acteurs de terrain alertent, faits et solutions à l'appui. Des réseaux idéologiques bien organisés, relayés par certains médias, étouffent ou détournent le débat. Les années passent. Le problème s'aggrave. Et nous réagissons dans l'urgence, trop tard. Toujours.
Sur la souveraineté numérique, je ne théorise pas : j'agis depuis vingt ans.
Dès 2006, dans mon entreprise, j'ai développé pour l'accueil des gens du voyage une application qui exploitait des données de gestion en plaçant l'anonymisation et la sécurité au cœur de sa conception — hébergée en France, chez un opérateur engagé (
@icodia). Le numérique n'y était pas un gadget : il permettait de solides études sociologiques et un pilotage concret.
En 2022, lucide sur la vassalisation technologique qui menace la France et l'Europe, j'ai réuni des professionnels pour lancer Dataker, un projet consistant à faire de la cité corsaire un vaisseau amiral de la souveraineté numérique, à l'appui d'un datacenter vert avec labo de recherche en physique quantique. Quelle ville s'y prêtait mieux ?
J'ai donc alerté sur les conflictualités à venir. Hormis les professionnels et un sénateur, rares furent ceux qui ont écouté. Le sujet était même suspect.
Aujourd'hui, l'État vient de créer un Observatoire de la souveraineté numérique et multiplie les annonces. Très bien. Mais nous restons suspendus aux infrastructures extra-européennes : domination des clouds américains, risque d'extraterritorialité, fragilité de nos données stratégiques. Une fois de plus, nous réagissons devant le fait accompli.
Même schéma sur l'immigration. Des alertes anciennes ont été minimisées, puis diabolisées, avant d'être validées par les chiffres : 7,7 millions d'immigrés en 2024 selon l'Insee, le plus haut niveau jamais recensé, des risques sans précédent de déstabilisation de notre pays. Ignorer une réalité ne l'a jamais fait disparaître.
La réponse est la même partout : rendre la parole et le pouvoir aux faiseurs.
À ceux qui produisent, qui innovent sur le terrain, qui mesurent les conséquences réelles de leurs décisions. Pas à ceux qui idéologisent depuis un bureau ou un plateau. Or, nous faisons l'inverse : priorité aux discours, aux réseaux d'influence, aux postures.
Monsieur le Président, il y a urgence, et les solutions existent, les hommes aussi. Techniques, opérationnelles, pragmatiques, humaines. Elles supposent une rupture nette avec un cycle que nous connaissons par cœur : nier, minimiser, subir.
La France a les talents et les atouts. Il suffit de les placer enfin aux commandes, là où ça compte.
Je reste à votre disposition pour échanger concrètement — sur Dataker, ou sur tout sujet où l'action prime sur l'idéologie.
Avec respect, engagement constant et détermination.
Peut-être que l'élection désormais quasi acquise de Donald Trump, avec les enjeux qu'elle soulève, donnera à ce projet de 2022, consistant à faire de la cité corsaire le vaisseau amiral de la souveraineté numérique en France, la puissance anticipatrice qu'il révélait.