Distribution religieuse des villes européennes en 1900.
Infographie extrêmement intéressante. Quelques remarques :
- On relève immédiatement la dichotomie entre l'Europe occidentale et l'Europe centrale et orientale. Les villes de la première sont homogènes, celles de la seconde sont hétérogènes ("diverses"). Un siècle plus tard, c'était la situation inverse : les villes occidentales se sont diversifiées sous l'effet de l'immigration de masse, tandis que les massacres et déportations de la première moitié du 20e siècle ont contribué à homogénéiser les villes d'Europe centrale.
- l'homogénéité des villes d'Europe de l'Ouest est particulièrement forte, avec de nombreuses occurences de villes dont plus de 95 % de la population appartient à la religion majoritaire. A Paris, Londres ou Bruxelles, les communautés appartenant à des cultes minoritaires étaient réellement infimes, sans mentionner Naples, Rome, Madrid ou Stockholm (100 % !). Attention, ces groupements pouvaient masquer des variations à l'intérieur des confessions (notamment chez les protestants).
- l'absence de musulmans dans les villes d'Europe occidentale et centrale fait rêver. Seules Salonique et Istanbul/Constantinople en comprenaient une proportion notable. La présence musulmane sur le continent européen était confinée à quelques morceaux de territoires entre le sud de la Bulgarie, l'est de la Grèce, la Bosnie, l'Albanie et la Turquie continentale.
- la présence de très fortes proportions de Juifs en Europe centrale et orientale est évidemment notable. Il existait un véritable Yiddishland archipélagique, dans une vaste zone englobée par Berlin, Vienne, Bucarest, Kiev, Vilnius et Varsovie.
- la diversité des villes d'Europe centrale est masquée dans cette infographie par le fait qu'une même confession pouvait être pratiquée par des peuples différents. A Vienne, par exemple, les catholiques représentaient 87 % de la population, mais on trouvait parmi ceux-ci, outre les Autrichiens, de nombreux Tchèques, Slovaques, Hongrois et Slovènes.
- à l'Ouest, même des villes comme Londres, Glasgow ou Liverpool, où des communautés irlandaises nombreuses vivaient, ne comportent qu'une proportion réduite de catholiques (respectivement 3, 10 et 9 %). Les immigrations italiennes, belges ou espagnoles en France ne se distinguent pas par un accroissement de la diversité religieuse.
Religious demographics of European cities in 1900 with noted surprises. Istanbul is still majority Christian. Thessaloniki half Jewish