C'était une pendaison de crémaillère.
On avait bien mangé, bien bu, nous avions le ventre bien repu.
De la nourriture pas forcément saine, avec des melanges d'alcool déconseillés par la convention de Genève.
On passe l'après midi, la soirée, je ne fais pas caca, je ne m'inquiète pas, viens l'heure du départ.
Comme mon hôte n'avait pas de frigo assez grand pour garder ce qui restait de bière au frais, on se les partage. Comme de bons vieux amis.
Je rentre vers chez moi, puis je me dis, vu que la soirée est douce, que m'installer dans un parc pour siroter quelques bières en regardant des vidéos sur YouTube serait une bonne idée.
Bah non.
Après quelques dizaines de minutes, mes intestins se tordent et gargouillent. Je sens alors quelque chose taper a la porte de mon fessier. Quelque chose de gros, entre solide et liquide.
Impossible de risquer un pet, je dois aller aux toilettes.
Ca tombe bien, au loin, des lumières m'indiquent la présence de toilettes publiques.
Pas le choix. Je me desinfecterais en rentrant, et je prendrais aussi le temps de mettre quelques feuilles de papier sur la cuvette.
Je m'avance vers le bâtiment envoyé sur terre par dieu pour me soulager, j'en fais le tour, et la je me retrouve face a un œil.
Un œil rouge et inquisiteur qui me dit
"Hey mec, soit y'a quelqu'un la dedans, soot c'est fermé, mais c'est mort, tu ne chieras pas la dedans".
J'ai le front en sueur, je ne me sens pas bien, j'ai les jambes qui tremblent. Je continue le tour du bâtiment en me disant qu'il y a peut être un deuxieme toilettes. Et la...
Miracle. Un œil vert! Une porte! Je l'ouvre! La lumière s'allume!
En face, un urinoir. A droite, un évier, a gauche, un miroir en plastique tagué et brûlé par des flammes de briquets.
La chose qui grandit a l'interieur de moi va sortir. Elle DOIT sortir. L'évier est plus haut que l'urinoir.
Je titube vers l'urinoir, en dégraffant mon pantalon, que je baisse en même temps que mon boxer. Les vrais connaissent la technique.
Je dirige mon orifice vers l'urinoire et je déverse tout ce que je peux.
"Braaaaaaplrtrtrtrt BWAP prrrrretttttttslslshslshslshshiiiii brouloupbrouloup PWIP BWAP rllltltltltlltltlttlt".
Je suis en sueur, le regard fixé vers la porte que je n'ai pas pris le temps de verrouiller.
Avec la gracieuse démarche d'un canard, le pantalon aux chevilles, je me dirige vers la porte que je verrouille, laissant derrière moi des gouttes de tout ce que j'ai digéré depuis des années au vu de l'odeur et de la couleur.
Je peine a reprendre mon souffle avec l'odeur, mais je suis un homme fort et responsable. Direction l'evier, pour m'essuyer avec le papier aussi reche que du papier de verre. J'essaye sans succès de me rincer un peu, utilise du papier humide pour essuyer tout mon fessier du mieux que je le peux.
Je peux enfin me redresser. Je me rhabille, dignement. Puis entreprend de nettoyer la scène de crime. D'abord le sol. Les petites et moins petites gouttes que j'ai laissé sur le sol.
Et la l'urinoire... Des couleurs que je n'avais jamais vu... c'était... beau.
(La bataille de tchernobyl, pour ceux qui n'auront pas la ref).
Rien a faire pour l'urinoir. Il y en a trop, il y a même des projections sur le mur.
Tant pis me dis je. Je vais tirer la chasse pour en évacuer le maximum.
Grossière erreur.
Je pensais naïvement que l'eau allait dissoudre et évacuer lentement le magma. Mais non, l'eau le soulève, le fait dégouliner par terre. C'est une vision d'horreur. J'ai réveillé un volcan.
J'ai tourné les talons et ai prit la fuite sans regarder derrière moi.
C'était il y a quelques années, mais j'ai encore régulièrement une pensée émue pour les agents d'entretien qui ont du intervenir derrière moi.
Désolé les gars. Mais j'avais passé une excellente journée.