Bonjour Paul,
Merci de t'intéresser aussi attentivement à mes publications sur les réseaux sociaux.
Tu écris que j’ai publié de la "désinformation" au sujet du PEQ. Pourtant, je cite des faits: dans les quatre dernières années, le PEQ a permis de "permanentiser" entre 6000 et 20 000 personnes. Ce sont les chiffres du gouvernement.
Pourquoi? Parce que d'année en année, une très faible proportion des immigrants temporaires se qualifient au PEQ. C'est un programme très exigeant.
En 2022, environ 2,4% des immigrants temporaires se sont qualifiés au PEQ.
En 2023, environ 2,5% des immigrants temporaires se sont qualifiés au PEQ.
En 2024, environ 5,2% des immigrants temporaires se sont qualifiés au PEQ.
(Nous n'avons pas encore les chiffres totaux pour 2025.)
De ton côté, tu formules une hypothèse curieuse: tu laisses entendre que soudainement... une grande majorité des temporaires pourraient être admissibles au PEQ! C'est ce qui t'amènes à laisser entendre que la réactivation du programme (ou l'octroi d'une clause de droits acquis) pourrait "permanentiser" 300 000 personnes.
Pire encore, tu commets une très grave erreur factuelle: tu affirmes qu'une proportion "non-négligeable" des demandeurs d'asile (c'est quand même 190 000 personnes) "rempliraient les critères de travail et de français du PEQ". Sauf que Paul, les demandeurs d'asile ne sont pas admissibles au PEQ! Ils ne peuvent pas obtenir la résidence à travers le PEQ. C'est impossible.
Ta proposition politique est celle d'une réduction très importante de l'immigration au Québec. C'est une proposition légitime, même si je suis en désaccord.
Je crois cependant qu'il faut que ce débat se fasse dans le respect des faits. En écrivant, noir sur blanc, que les demandeurs d'asile pourraient passer par PEQ pour obtenir la résidence permanente (ce qui fait exploser ton calcul de près de 190 000 personnes), tu véhicules malheureusement de l'information inexacte.
Je crois sincèrement que tu devrais corriger le tir publiquement.
Gabriel
La proposition du Parti Québécois est chiffrée et précise: nous allons accorder un droit acquis et un accès au PEQ à tous les travailleurs qui se sont vu promettre cette voie rapide par le gouvernement du Québec pour obtenir leur permanence.
Ce matin en point de presse, les journalistes m’ont demandé de chiffrer combien de personnes étaient éligibles et admissibles si la proposition de certains maires et de Christine Fréchette, de donner un droit acquis à tous les immigrants temporaires qui étaient présents sur le territoire québécois au moment de l’abolition du PEQ, se matérialisait.
Premièrement, c’est aux maires et à Christine Fréchette de donner les détails et estimations de leurs demandes, c’est ce qu’Alex Boissonneault a demandé toute la semaine. La seule personne qui a accès aux chiffres précis est le ministre Roberge et il a affirmé qu’il s’agirait de donner un droit acquis à 250 000 - 300 000 personnes.
Un indice qui nous permet d’estimer le nombre de personnes qui passeraient par le PEQ avec ce droit acquis pour devenir résident permanent est la demande de Bruno Marchand pour la ville de Québec: il demande une clause grand-père pour 19 000 personnes. La ville de Québec elle même représentant environ 6% de la population du Québec et celle de la RMR de Québec environ 10%, on peut inférer que si chaque maire au Québec faisait la même demande, le nombre total de personnes visées serait entre 200 000 et 300 000. Mais ça demeure que des estimations, c’est au gouvernement et aux acteurs qui ont des demandes de préciser ces chiffres.
J’insiste cependant sur le fait que l’affirmation de plusieurs intervenants, dont Gabriel Nadeau-Dubois, comme quoi la mesure ne toucherait qu’environ 20 000 personnes, en se fondant sur l’historique du nombre des personnes reçues au PEQ au cours des dernières années, est manifestement erronée.
Pour le programme des travailleurs temporaires découlant du gouvernement du Québec, il y a déjà environ 40 000 personnes visées. Ensuite, il y a environ 176 000 travailleurs temporaires fédéraux du PMI sur le territoire québécois, on peut raisonnablement estimer que la majorité d’entre eux travaillent et parlent français. Ensuite, il y a présentement 190 163 demandeurs d’asile au Québec et une proportion non négligeable d’entre eux rempliraient les critères de travail et de français du PEQ.
Donc un débat serein sur ces questions, il serait aidant que les demandes de chaque acteur soit précisées et chiffrées. Pour ce qui est du Parti Québécois, nous avons fait cet exercice dans une publication de 97 pages intitulée « pour un modèle viable en immigration ».