Le 8 avril 1904, la France et l'Angleterre signent un accord qui met fin à mille ans de guerre.
Pas un traité d'alliance. Pas une promesse militaire. Juste un texte qui dit : on arrête de se battre pour des colonies.
Six ans plus tôt, les deux pays étaient au bord du conflit armé. Un incident à Fachoda, un village soudanais dont personne ne connaît le nom, avait failli déclencher une guerre entre les deux plus grandes puissances coloniales du monde.
L'Entente cordiale ne tombe pas du ciel. C'est l'oeuvre de Théophile Delcassé, ministre des Affaires étrangères, et de Paul Cambon, ambassadeur à Londres. Et d'un roi anglais, Édouard VII, qui adorait Paris, parlait français et comprenait que le vrai danger venait de Berlin.
L'accord ne mentionne pas l'Allemagne. Mais tout le monde a compris. Dix ans plus tard, Français et Anglais combattent côte à côte dans les tranchées de la Somme.
Aujourd'hui encore, l'expression "Entente cordiale" désigne la relation franco-britannique. 122 ans plus tard, cette relation a survécu à deux guerres mondiales, au Brexit et à un désaccord permanent sur qui fait le meilleur fromage.