Fierté inc.
Il fut un temps où la fierté signifiait affirmer son droit d’exister comme personne homosexuelle dans une société qui lui était hostile. Cette lutte, portée par des individus courageux, visait des droits concrets : la dépénalisation, la protection contre la discrimination, la reconnaissance des couples de même sexe. Aujourd’hui, cette fierté a été récupérée, vidée de son sens et recyclée en outil idéologique au service d’un agenda qui n’a plus rien à voir avec les droits civils des personnes homosexuelles et bisexuelles.
Le moteur doctrinal de cette dérive? La théorie queer et l’idéologie néo-marxiste. Cette nébuleuse théorique déconstruit tout : le sexe, l’orientation, la vérité biologique, l’individu lui-même. Elle prétend que tout est fluide, perçu, performé, et que toute limite ou contrainte est oppression. À travers cette logique, on ne cherche plus à défendre des réalités, mais à abolir leur existence même.
Ce sont ces idées radicales que le lobby
#LGBTQIA2S s’est chargé de diffuser. Agissant comme bras financier et propagandiste de ce militantisme, il utilise son pouvoir pour imposer cette idéologie par tous les canaux disponibles : médias traditionnels, institutions publiques, programmes scolaires, formations obligatoires en entreprise. Le lobby ne défend pas des droits : il fait la promotion de dogmes.
Fait encore plus troublant : plusieurs des anciens organismes qui œuvraient jadis pour les droits des gays et des lesbiennes ont choisi d’embrasser cette expansion identitaire à rallonge alphabétique. Non pas par conviction, mais par nécessité : pour continuer à recevoir des subventions, rester «pertinents» et justifier leur existence alors que les personnes homosexuelles et bisexuelles avaient réussi à obtenir l’égalité en droits, ils ont accepté d’ajouter lettre sur lettre à l’acronyme jusqu’à perdre toute cohérence.
Les grandes institutions culturelles, éducatives et politiques, soucieuses de cumuler les points de vertu à l’Église du Saint-Woke, ont embrassé cette idéologie sans esprit critique. Subventions, partenariats, certifications «inclusives» : tout un écosystème s’est mis en place, où la conformité idéologique est monnayée et récompensée. La «fierté» est devenue une marque déposée, un produit rentable, un étendard de vertu pour des élites en quête de capital symbolique.
Mais il est encore temps d’inverser la vapeur. Il faut mettre fin à l’utilisation du sigle
#LGBTQIA2S et à toutes ses déclinaisons invraisemblables. Il faut cesser d’amalgamer les personnes homosexuelles et bisexuelles à des causes et des mouvances idéologiques qui n’ont aucun rapport. Les gens ne sont pas des lettres. S’il y a des personnes ou des groupes qui souhaitent militer pour le transgenrisme, qu’ils le fassent en leur nom pour leur cause. S’il y a des individus qui soutiennent l’idéologie queer, qu’ils demandent des fonds pour les queers. Ce qui est inacceptable, c’est de continuer à utiliser les personnes gays, lesbiennes et bisexuelles comme caution émotionnelle, morale et levier politique pour financer des idéologies identitaires qui n’ont strictement rien à voir avec elles. Il faut également cesser de subventionner des organismes qui prétendent parler au nom de tous, alors qu’ils ne représentent qu’un courant idéologique précis, souvent hostile à la réalité même des personnes homosexuelles.
La réalité, c’est que ce lobby ne représente pas les gays, les lesbiennes ou les bisexuels. Il représente une vision du monde où la vérité est relative, où le langage est redéfini pour servir des causes, et où l’adhésion idéologique est obligatoire. Derrière le vernis de l’«inclusion», il y a un projet politique radical dont les premières victimes sont les enfants, les femmes et les personnes homosexuelles.
Il est temps de le dire : la Fierté a été vendue. Et ce qu’elle promeut aujourd’hui n’est pas l’égalité, mais un endoctrinement. Fierté inc. n’est pas une lutte. C’est une marque. Et comme toute marque, elle obéit à une logique de pouvoir, de marché et de contrôle.