Loin de la fureur du monde, dix secondes du vent de l’Adriatique soufflant dans les vêtements séchant sur un balcon de Trieste. Le temps qui passe, lentement. Les murs couleur Morandi. L’air chargé d’embruns chauds et d’une discrète odeur de résine de pin. Au sol, les pavés montant vers la cathédrale, un peu glissants, cabossés par les années (et les bottes fascistes). Et le bruissement de l’air qui s’infiltre partout, claque les fenêtres et fait grincer les vieux volets en bois vermoulu. Le temps qui passe, lentement. Une corne de brume, des cloches qui tintinnabulent, une conversation entre deux hommes grillant une cigarette, le bruit d’un percolateur, quelques coups de klaxon (au loin). Le temps qui passe, lentement.