🛑 Le RSA, on croit que c’est une exception française. C’est faux.
Presque tous les pays riches ont un minimum social. Mais le diable est dans les chiffres.
En France, le RSA c’est environ 646 euros par mois pour une personne seule, financé par la solidarité nationale, donc par vous. L’Allemagne a son Bürgergeld, autour de 563 euros, plus la prise en charge du logement. Le Royaume-Uni a l’Universal Credit. Les États-Unis ont leurs food stamps et le TANF. L’Italie a bricolé puis raboté son Reddito di cittadinanza. Bref, le filet existe partout.
Là où la France se distingue, ce n’est pas l’existence du minimum, c’est l’empilement autour. Prime d’activité, APL, allocations familiales, complémentaire santé solidaire, exonérations diverses. Pris séparément, chaque dispositif se défend. Empilés, ils créent des situations où la frontière entre travailler et ne pas travailler devient floue.
La DREES le documente depuis des années. Pour certaines configurations familiales, reprendre un emploi au SMIC rapporte quelques dizaines d’euros une fois la garde, le transport et la perte d’aides déduits. On a construit une usine à gaz tellement complexe que même ceux qui veulent bosser doivent faire un tableur Excel avant de signer.
Le problème n’a jamais été d’aider les gens. Le problème, c’est un système qui punit l’effort sans le vouloir.
La vraie question n’est pas “faut-il un RSA”. C’est : combien de pays ont rendu le travail aussi peu rentable que l’assistance ?