REQUIEM POUR UN SOCIALISTE
Ô Lionel, grand prêtre du « ni-ni » et du « pluriel »,
Toi qui as régné sur Matignon, cohabitant si bien,
Te voilà parti, à 88 ans, sans tambour ni appel,
Dans la fosse commune de tes rêves socialistes éteints.
Tu naquis en 37, sous le signe du Front populaire,
Mais tu finis par ouvrir grandes les portes de l’Hexagone: Régularisations massives, regroupements en fanfare,« L’immigration choisie », disais-tu… choisie par qui, patron ?
Tu prêchais l’ouverture comme un évangile d’État, tes commissions, tes numéros verts, tes sermons obligés, pendant que les quartiers changeaient de visage sans débat, et que le peuple murmurait : « Mais où va-t-on, nom de Dieu ? »
Les 35 heures, ton chef-d’œuvre, ta grande trouvaille sui a saigné les PME et ralenti la machine. Tu disais « modernité », on criait «connerie française »
2002, quel crève-cœur, quel Waterloo rose bonbon ! Tu finis en larmes derrière Jean-Marie Le Pen. « L’insécurité ? Je ne la vois pas », clamais-tu, le front haut, et la France, stupéfaite, t’a renvoyé à tes cours.
Aujourd’hui tu reposes, loin des cortèges et des urnes. Fini les micros, fini les tribunes
Ton bilan ? Un pays en ruine et plus divisé que jamais
Merci pour les quotas, les tabous, et la dette qui explose.Repose en paix Lionel dans ton caveau de marbre gris, toi qui voulais changer la vie, tu l’as bien changée, hélas ! La France d’avant te pleure un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout!
Mais les rimes cinglantes, elles, te suivent jusqu’au trépas.Adieu, camarade ! Que la terre te soit légère…Ou au moins, qu’elle enterre tes illusions gauchistes en vrac. Car le socialisme que tu portas, fier et austère,est mort avec toi – et personne ne te regretteras en bas.