Le Gouvernement prend acte du rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.
Le Parlement est dans son rôle de contrôle. Mais les polémiques ne font pas une politique publique.
Sur la gestion financière, le travail est engagé depuis l'automne dernier. Il s’appuie sur des bases solides et objectives, notamment le rapport de la Cour des comptes. Les efforts seront poursuivis, dans la transparence. Il faut maintenant bâtir un cadre pluriannuel exigeant. Comme pour l’ensemble de l’État, la règle est simple : efficacité et bonne gestion de l’argent public. Personne ne pourra s'y soustraire. La ministre
@catherinepegard a déjà engagé le travail de suivi.
Sur la neutralité, l’exigence est totale. Elle doit être garantie par l’autorité indépendante compétente, l’ARCOM. Le rapport attendu à la fin du mois permettra d’objectiver ce débat. Il faudra en tirer toutes les conséquences, y compris si des mesures sont à prendre avant l'élection présidentielle.
Mais disons-le clairement : ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C'est une occasion manquée.
Car la seule vraie question est celle de la vision pour l’avenir.
Dans dix ou quinze ans, à quoi doit servir l’audiovisuel public ?
Quelle place face aux plateformes mondiales, à la fragmentation des usages, à la désinformation, à la concentration des médias ?
Quelle ambition pour l’information, la culture, les territoires, notamment en région et outre-mer ? Pour la création ?
C’est à partir de ces réponses que doivent être posées les questions de format, de moyens, d’organisation. Le fond doit toujours précéder les structures - et non l’inverse.
Réduire ce débat à une opposition caricaturale entre refus de toute réforme et une privatisation générale, comme le demandent certains, n’a aucun sens. Nous notons que le rapport ne propose pas de privatisation générale. Car supprimer purement et simplement l’audiovisuel public, ce serait affaiblir notre souveraineté culturelle, notre capacité d’information indépendante et notre présence sur l’ensemble du territoire.
Des réformes seront nécessaires.
Certaines sont déjà engagées. D'autres doivent venir, seul moyen de protéger le service public, les journalistes et équipes techniques qui le font vivre avec professionnalisme. Mais cela doit répondre à une vision.
Ni démantèlement, ni immobilisme.