La faim justifie les moyens 🤔
Dis-moi de quoi tu as faim et je te dirai qui tu es.
As-tu faim de coïncidence? Alors tu es peut-être un mystique. Je débute ainsi cet écrit matinal, car ces deux photos ont été prises hier, le 25 décembre à plusieurs milliers de kilomètres de distance. Mon vieux, l'homme qui m'a enseigné "qu'il faut se contenter du minimum vital" est à droite. Un vieux sage tranquille. Je parle de coïncidence, l'esprit porté par la science.
C'est quoi le minimum vital selon lui? Ce qu'il faut d'indispensable pour respirer, penser, marcher. En effet, quand on respire, on vit; quand on pense, on comprend et quand on marche, on avance. L'interprétation est mienne, car pour lui, mon vieux, le minimum vital porte un nom sanscrit issu de l'Inde ancienne: prāna.
En vérité, ce texte m'a été inspiré par une discussion qui s'est déroulée hier. Un banquier camerounais que je rencontrai chez des amis me posa la question suivante, lors d'un festin convivial succulent où le vin et le champagne furent savoureux: "comment tu vois le Cameroun à l'horizon de deux ou trois ans".
Je me m'attendais pas à cette question, en de telles circonstances; mais, le Cameroun étant mon principal sujet d'intérêt passionnant, je lui fis une réponse construite sur des faits que je vois, que je vis et que j'entrevois depuis plusieurs années, sur place.
Je fus mitigé dans ma réponse, parlant du positif et du négatif en insistant sur la nécessité du bon leadership chez nous, afin qu'on transforme ce que je lui avouai être un paradis. Nous vivons dans un paradis offert par la nature, ceci explique peut-être cela.
Au moment où je le disais, la température était glaciale à Paris, très chaude à Douala. Notre terre arrosée par le soleil est d'une fertilité exceptionnelle. Ce fut un des exemples concrets que je fis.
Plus j'alignai des exemples de ce que j'appelai le potentiel de prospérité camerounais, plus mon interlocuteur, lui-même camerounais, installé depuis longtemps en occident semblait perplexe.
Il semblait me trouver naïf, un peu à plaindre, car sur son visage, je voyais beaucoup d'attention et un brin de tristesse quand il m'écoutait. Dès que j'eus fini mon propos, il me parle de "fuites" dans le pays. La fuite des cerveaux? Lui dis-je, ayant déjà pour ce constat de nombreux arguments. Non; me répondit-il; la fuite des capitaux me retorqua-t-il. Je me tus.
Étant banquier d'un certain âge, ayant vraisemblablement un certain niveau d'expertise et évoluant dans des niveaux de finance sans doute pertinents, il savait de quoi il parlait peut-être, me dis-je. Il me prit un exemple qui me fit perdre mon appétit. Mon verre de champagne offert avec amour, grâce et gentillesse par nos hôtes ne me fut plus agréable en bouche, pris de stupéfaction.
Alors, me vint à l'esprit cette phrase que j'emprunte à Nicholas Machiavel, changeant son mot "fin", par celui qui me sembla plus pertinent à la suite de l'exemple qui fut décrit par le banquier; la "faim".
Dis-moi de quoi tu as faim, et je te dirai qui tu es.
- As-tu faim de champagne?
- As-tu faim de Montreal?
- As-tu faim de paraître?
- As-tu faim d'être?
- As-tu faim d'argent?
- As-tu faim de santé?
- As-tu faim de progrès?
...
La liste pouvant ainsi s'établir est mathématiquent infinie, si on considère que les mots qui suscitent la faim le puissent être. On peut avoir faim de tout, poétiquement parlant. La poésie n'étant pas ce que des récitateurs ignorants peuvent en laisser croire.
Cette liste est digne de ce que les poètes appellent avec leur bonheur d'âmes créatives "inventaire à la Prévert".
La faim justifie les moyens. C'est la raison pour laquelle, les femmes et les hommes dont les pensées et les actes sont concentrés dans la jouissance au bénéfice de la satisfaction de leurs caprices et besoins personnels sont néfastes pour le bien commun. Ce qui est commun étant le Cameroun, notre belle Nation commune, le berceau de nos ancêtres. Notre chère Patrie. Notre terre chérie.
Manekang. 🙂