Raphaël Glucksmann te parle de souveraineté. Avant de l'écouter, regarde où il a passé sa vie politique. Voici un fil sur l'homme derrière le pupitre "Gagner en 2027".
Raphaël Glucksmann, ou la souveraineté des autres
Cet homme te promet une "IA souveraine" et la "défense de la France". Le problème, c'est que sa carrière entière s'est construite ailleurs, pour les causes des autres, et contre l'idée même de souveraineté nationale.
Reprenons depuis le début.
Glucksmann ne sort pas de la politique française. Il sort des révolutions de couleur de l'ex-URSS. En 2008, après la guerre russo-géorgienne, il s'installe à Tbilissi et devient, de 2009 à 2012, le conseiller de Mikheil Saakachvili. Pas un consultant lointain : sa plume. Il écrit les discours du président géorgien et coordonne sa politique d'intégration à l'Union européenne et à l'OTAN. Détail savoureux pour un homme qui se présente aujourd'hui à gauche : Saakachvili, qu'il sert, abolit le salaire minimum, licencie 60 000 fonctionnaires et ramène l'impôt sur les dividendes à 5 %. Le futur candidat de la "gauche sociale" a coordonné un programme ultralibéral. Retiens ça.
Quand le régime géorgien tombe et que Saakachvili fuit (il finira en prison pour abus de pouvoir), Glucksmann ne rentre pas faire de la politique française. Il va à Kiev. Euromaïdan 2013, il conseille Vitali Klitschko et Giorgi Arveladze. Il se définit lui-même, dans Le Monde, comme un "consultant en révolution". Sa femme de l'époque, Eka Zgouladze, est vice-ministre de l'Intérieur de Géorgie, puis devient vice-ministre de l'Intérieur d'Ukraine sous Porochenko. Toute une décennie, sa vie publique et privée se joue dans les ministères de l'intérieur du Caucase et de la mer Noire. Pas une ligne pour la France.
Sur le fond idéologique : fils d'André Glucksmann, formé au Cercle de l'Oratoire, ce think tank atlantiste qui soutenait les guerres de l'ère Bush. Son logiciel, c'est le fédéralisme européen. Son projet politique, Place Publique, c'est la mise en commun de la souveraineté nationale, sa dissolution vers le haut, vers Bruxelles. Dans sa tête, la France n'est pas une nation souveraine. C'est une province d'une fédération à construire.
Et c'est là que l'écran d'hier devient comique. L'homme qui a passé quinze ans à dissoudre la souveraineté découvre, à la veille d'une présidentielle, qu'il en est le champion. "IA souveraine". Mieux : il "planifiera des investissements massifs" et une intégration "pilotée" dans la vie économique. Lis bien les mots. "Planifier", "piloter". C'est du Gosplan. Personne n'a jamais construit une frontière technologique en la "pilotant" depuis un bureau. L'IA se construit par des fondateurs, du capital et de la vitesse, exactement ce que son Europe réglementaire a tué. Le continent des régulateurs qui n'a produit aucun champion te promet maintenant un champion d'État.
Cet homme n'a jamais aimé la France comme nation. Il a aimé être du bon côté de l'Histoire, à Tbilissi, à Kiev, à Bruxelles. La France n'est que sa dernière circonscription.
"Nous ne pouvons pas rater le coche de l'IA sous peine de disparaître. (...) Nous planifierons des investissements massifs publics et privés pour une IA souveraine dont l'intégration dans la vie sociale et économique sera pilotée." annonce l'eurodéputé Raphaël Glucksmann.
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