Les appels d’auditeurs de ce genre d’émissions sont dangereux, parce qu’ils véhiculent un déni de réalité sous couvert de témoignages soi-disant « sans filtre ».
À la radio, les programmateurs parlent toujours aux auditeurs avant de les lancer, et les pré-sélectionnent en sachant ce qu’ils vont dire.
Concernant le travail et le chômage chez les jeunes, ils choisissent systématiquement des boomers à côté de la plaque, qui croient qu’on peut encore s’acheter une voiture en travaillant pendant deux semaines. (Je ne vais même pas chercher à expliquer pourquoi c’est un discours déconnecté de toute réalité : vous le savez déjà.)
Parfois, les appels d’auditeurs véhiculent de fausses informations. Prenons par exemple cet auditeur qui prétend que son fils gagne 1900€ de chômage, après avoir travaillé pendant un an avec un salaire de 2200€, ce qui n’est pas possible.
Sur ces plateaux, non seulement on sélectionne des auditeurs comme celui-ci aux témoignages farfelus sans prendre le temps de vérifier l’information, mais en plus, aucun journaliste ne contredit en disant que ce n’est pas possible.
Le but n’est pas d’informer, mais de diffuser des discours idéologiques. Des discours anti-chômeurs, des discours prétendant que les jeunes auraient trop d’exigences au travail pour être employables. Pourtant, les jeunes acceptent bien plus les stages gratuits, les temps partiels donnant moins qu’un smic, et les statuts précaires sans congés payés, que les générations d’avant. Dans notre contexte de raréfaction de l’emploi, les jeunes ont raboté leurs standarts jusqu’à la moelle, mais ce n’est pas encore assez. Cette réalité est chiffrable (cf deuxième tweet), objective, et ne peut être contredite par des clichés boomeriens.
Quelle est la prochaine étape après les stages gratuits ? Payer pour travailler ? Que doit-on faire pour abaisser encore nos standards ?
🔴 Un salarié sur deux en détresse psychologique: génération de fragiles?
📞 Samy en est sûr: "C’est une génération qui veut tout, tout de suite. Moi, quand j’ai demandé ma première voiture, je suis allé bosser pendant deux semaines pour me la payer."
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