Wsh stylé le maillot du Maroc mais tu dis de la merde Amneris.
À l'Humanité, on est censés faire du matérialisme, de l'analyse concrète de la situation concrète, notamment de l'islamophobie d'État en France, pas de la morale féministe abstraite de colon.
Vous croyez parler de l'Iran et défendre Satrapi. En réalité, vous parlez de vous-mêmes. Parce que le sujet c même plus l'Iran.
Le sujet c la France.
La France qui se regarde amoureusement dans le miroir Satrapi et y voit exactement ce qu'elle veut voir : une laïcité innocente, une émancipation par rupture avec la religion, un ennemi religieux altérisé parfait qui lui évite toute autocritique sur Mossadegh, Saddam, ses responsabilités historiques ou l'islamophobie qu'elle produit ici.
Pour nourrir ce confort moral, vous transformez une actrice politique en témoin sacré.
Satrapi n'est pas un sucre. C une femme adulte qui n'a jamais caché ses positions. En la dessinant à travers le statut exclusif de « femme victime », vous effacez toute son agentivité politique. Vous transformez une actrice engagée en objet de compassion. C misogyne.
Elle ne s'est jamais exprimée sur les récents bombardements en Iran, la mort de centaines d'écolières ou l'agression israélo-américaine. Vous minimisez son soutien au Printemps républicain, ses positions sur Israël et la manière dont elle dresse indirectement l'Iran comme responsable de ce que l'Occident lui inflige.
Le féminisme vous a tellement brainrot que toute critique devient automatiquement une agression.
Et c précisément pour le CADRAGE de son récit que la France en a fait une référence absolue. Vous n'en faites pas un récit parmi d'autres. Vous en faites LE récit.
Ça fait vingt ans que c diffusé dans les écoles, sur le service public, ressorti à chaque crise.
Même quand des gosses meurent sous les bombes, c encore cette grille de lecture qu'on recycle. C une putain de dinguerie.
Ce récit est devenu une caution culturelle intouchable qui a contribué à rendre pensables et légitimes les répressions visant les musulmanes en France, de la loi de 2004 aux interdictions dans le service public en passant par l'abaya.
Et pendant tout ce temps, les autres voix ont été marginalisées ou rendues invisibles.
Comme le collectif « Lettre de Téhéran », qui a fini par publier un communiqué et quitter les réseaux en dénonçant la récupération française de la lutte des femmes iraniennes.
Dès qu'une parole ne confirme plus le récit dominant, elle devient secondaire, suspecte ou invisible.
Sah, c ça le mécanisme.
Transformer une actrice politique en témoin sacré, son témoignage en vérité officielle, puis présenter toute critique de cette vérité comme une violence.
Et L'Humanité participe à ce mécanisme à fond.