đ«đ· Et si la dette française devenait le risque systĂ©mique que personne ne veut vraiment regarder ?
Dans un scĂ©nario de stress souverain français, le premier actif Ă regarder nâest pas lâaction.
Câest lâobligation.
Et ici on va parler plus précisément des fonds obligataires en assurance-vie.
Imaginons un scĂ©nario extrĂȘme, non central, mais utile pour raisonner en gestion de patrimoine :
Une France dont la crédibilité budgétaire se dégrade fortement.
Une OAT 10 ans qui monterait vers 8 %, 9 %, voire 10 %.
Un spread France-Allemagne qui sâĂ©carterait de 600 Ă 700 points de base.
Un euro fragilisé face au dollar.
Une BCE politiquement et juridiquement contrainte dans sa capacitĂ© dâintervention.
Ce scĂ©nario nâest pas une prĂ©vision.
Câest un stress test intellectuel.
Mais il pose une question essentielle :
đ Que vaut rĂ©ellement un fonds obligataire euro dans un monde oĂč la dette française cesse dâĂȘtre perçue comme quasi sans risque ?
Le rĂ©flexe classique consiste Ă penser quâun fonds obligataire est un support âdĂ©fensifâ.
Câest souvent vrai dans un cycle normal.
Mais cela devient beaucoup plus discutable lorsque le choc vient précisément du marché obligataire.
Car une obligation à taux fixe est mécaniquement sensible à la hausse des taux.
Quand les taux montent, le prix des obligations baisse.
Et plus la duration est élevée, plus la perte potentielle est forte.
La rÚgle simplifiée est connue :
Une duration de 7 signifie quâune hausse de taux de 1 point peut entraĂźner environ 7 % de baisse du prix obligataire, toutes choses Ă©gales par ailleurs.
Donc si un fonds obligataire euro porte une duration de 7 Ă 10 ans, et que le choc de taux/spread atteint 300, 400 ou 500 points de base, lâimpact thĂ©orique peut devenir violent.
On ne parle plus dâune correction de -3 % ou -5 %.
On peut raisonnablement modĂ©liser des pertes de lâordre de :