"En quoi est- il responsable du mal agricole français si profond", chère Françoise...?
- Pour s'occuper de l'agriculture, il recrute en 2017 dans les cabinets du transfuge EELV Pascal Canfin et de Ségolène Royal. Nicolas Hulot, qui appelle alors à « libérer la société des diktats d'un mode de production et de consommation contaminé par l'illusion de la croissance », le rejoint.
- Ses mots d'ordre sont « sobriété », « transitions », « révolution » et « croissance verte ». Il promet, sans la moindre étude d'impact, que la France sortira du glyphosate, même si l'Europe ne suit pas. Qu'elle interdira les insecticides néonicotinoïdes, quoi qu'il en coûte. Qu'elle rendra contraignant l'objectif de « zéro artificialisation nette » des sols.
- Il théorise et met en oeuvre la "décroissance agricole" : en octobre 2017, à Rungis, il prévient qu'il faudra « arrêter des productions, qu'il s'agisse de la volaille ou du porc […] qui font que nous allons lancer la concurrence sur des marchés internationaux face à des pays contre lesquels nous ne pouvons rien et nous ne pourrons rien », lance-t-il. L'avenir de l'agriculture, pour lui, doit être le développement du bio et des marchés de niche pour consommateurs aisés. La Confédération Paysanne est aux anges.
- Son administration va constamment surtransposer, renforcer les normes envirponnementales, bloquer tout projet de développement de poulaillers ou d'accès à l'eau.
=> Six ans plus tard, la balance commerciale agricole s'est effondrée. Les agriculteurs, toujours plombés de charges et constamment soumis à de nouvelles normes, se sont recentrés sur des marchés de niche de haute qualité, mais ils ont perdu les marchés de masse – avalés par les importations étrangères, aux normes environnementales moins élevées.
Les importations de fruits, de légumes, de poulets… s'envolent. Des vergers sont arrachés, les cheptels s'amenuisent, poulaillers et abattoirs ferment. Les Français, dont le pouvoir d'achat stagne, n'ont pas les moyens de s'adapter à cette nouvelle offre.
En 2022, face à la réalité de l'inflation et du risque d'affaiblissement de la « ferme France », Emmanuel Macron vire à nouveau de bord : la « souveraineté alimentaire » devient le nouveau mantra. Il promet d'en finir avec les sur-transpositions de normes environnementales, encourage à « produire », à construire des retenues d'eau… En 2022, il lance de nouvelles grandes concertations. Des groupes de travail se réunissent pendant des mois, impliquant professionnels, filières, ONG, pour écrire une « grande loi » qui « va tout changer ».
Mais, sur le terrain, les agriculteurs ne voient rien venir, et bataillent toujours avec l'administration. La loi est reportée. Puis votée. Elle n'est pas appliquée.
Emmanuel Macron, lui, est déjà ailleurs...