Depuis le début du XXe, la population humaine a été multipliée par 4, tandis que le nombre de victimes de catastrophes naturelles n'a cessé de diminuer.
Ces évolutions ont peu à voir avec les écarts de revenus et de patrimoine, et tout à voir avec le développement économique et technologique envers laquelle Piketty & consorts manifestent une totale indifférence.
En effet, la vulnérabilité des nations au changement climatique a moins à voir avec les écarts de revenus entre les plus riches et les pauvres qu'avec les niveaux de développement ainsi que la qualité des infrastructures collectives.
Autrement dit, entre un pays avec d'importants écarts de revenus et de patrimoine, mais où il est possible de dessaler l'eau de mer, où l'agriculture est bien irriguée d'une part ; et une nation plus « égalitaire » dépourvue de telles infrastructures d'autre part, c'est le second pays qui est le moins bien armé face aux sécheresses et aux évènements météorologiques extrêmes.
La question des inégalités patrimoniales revêt peut-être un intérêt affectif et psychologique pour ceux qui ont une aversion pour la richesse.
Mais elle n'a aucun intérêt au regard des enjeux environnementaux. C'est juste du greenwashing de préoccupations pseudo-marxistes, qui nous fait perdre un temps précieux.
D'autant que ceux qui plaident pour plafonner les hauts revenus et les patrimoines dans les pays du Nord afin de permettre aux pays du Sud de se développer réintroduisent le vieux sophisme du jeu à somme nulle.
Ils pensent l'économie comme on la pensait au 16eme siècle, avec l'idée que les gains des uns correspondraient aux pertes des autres.
Une telle lecture néglige les interdépendances entre les classes sociales, tant à l'intérieur des nations qu'à l'échelle internationale.
À titre d'exemple, l'Afrique subsaharienne a gagné plus de 20 ans d'espérance de vie depuis la fin de la WWII alors que la croissance économique y a été très faible.
C'est-à-dire que les régions les plus pauvres de la planète ont largement bénéficié des retombées positives des progrès industriels, technologiques et médicaux réalisés par les entreprises du Nord.
Dans ces conditions, plafonner les revenus et les patrimoines dans les nations les plus productives, c'est réduire le nombre de candidats à la génération d'innovations susceptibles de profiter à tous. C'est ralentir la constitution du stock d'épargne nécessaire aux investissements écologiques, au Nord comme au Sud. C'est infliger à toutes l'humanité une perte de chance, loin des promesses d'enrichissement massif formulées pour appâter les plus naïfs.
La réalité est que Piketty & consorts se contrefichent des obstacles à la modernisation des pays du Sud (conflits, corruption, instabilité politique, absence de cadastre dans 90% des terres rurales africaines, etc.)
Leurs propositions feront peut-être plaisir à une génération d'illettrés économiques animée par de mauvaises passions. En attendant, les véritables solutions attendent d'être mises en oeuvre.
The world today is characterized by large-scale inequalities. And a climate crisis is looming over us.
We urgently need a new vision for global progress in the 21st Century. One that grounds human development and equality in planetary habitability.
What would it take to achieve high prosperity and equality while remaining within planetary boundaries?
The World Inequality Lab is very excited to launch the
#GlobalJusticeReport.
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