Marc Froidefont aborde cette question dans son livre "Théologie de Joseph de Maistre" :
"Comment concilier l’hypothèse qu’il y ait des habitants sur les autres planètes avec les enseignements de la religion ? La découverte de l’Amérique avait déjà provoqué des difficultés, quand on se demandait ce qu’il en était du salut des indiens dans l’économie de la Révélation.
Le problème devient autrement plus important s’il s’avère qu’il y ait d’autres planètes habitées ! Cela ne reste toutefois qu’une hypothèse, mais une hypothèse qui trouve tant de crédit qu’elle passe pour une forte probabilité.
Si les planètes sont habitées, c’est une raison de plus à ajouter la considération de l’immensité du monde, pour penser que l’univers n’a pas été fait que pour les hommes. Ainsi les deux arguments de l’immensité du monde et de la possibilité d’habitants sur d’autres planètes sont-ils des armes que les théophobes fourbissent contre la religion.
Joseph de Maistre répond à ces deux arguments dans un de ses premiers textes philosophiques, intitulé Essai sur les Planètes, rédigé à Venise en 1799 et que l’on peut trouver dans le Registre de Lectures D conservé aux Archives Départementales de la Savoie.
Maistre n’hésite pas à affirmer que la religion a raison de dire que l’univers est bel et bien fait pour l’homme. Cette assurance apparemment prétentieuse ne l’est plus si l’on considère que l’on peut très bien dire que quelque chose est fait pour nous, mais sans prétendre à l’exclusivité. On peut avancer tout à la fois que le soleil est fait pour nous sans pour autant sous-entendre qu’il ne soit fait que pour nous. Il est probable que Maistre ait pris cette idée à Origène lequel dans son Commentaire sur saint Jean, emploie un argument semblable.
Maistre n’exclut donc pas la possibilité qu’il y ait d’autres habitants dans d’autres planètes que la nôtre. L’immensité de l’univers, la possibilité qu’il y ait d’autres êtres que les hommes, tout cela ne fait que renforcer la puissance du Créateur. Il suffit de comprendre ce monde « comme un empire dont chaque planète n’est qu’une province ».
Ainsi ne sommes-nous plus vraiment séparés des autres. Il appert que « nous sommes propriétaires de notre planète, mais il ne s’ensuit pas que les autres nous soient étrangers » quoique nous ne puissions communiquer avec eux.
Il n’appartient certes pas à l’homme de savoir si la Rédemption vaut pour toutes les planètes habitées. « Si les hommes des autres planètes sont coupables et dégradés comme nous, Dieu y pourvoira ou y a pourvu par des moyens à lui connus ». Ceux qui s’inquiètent des progrès de l’astronomie, ceux qui ont peur que la multitude des mondes soit un argument contre la foi, ont donc tort.
"Les chrétiens (quelques-uns du moins) s’alarment de cette multitude des mondes […]. J’ai remarqué que le cardinal Gerdil dans les notes dont il a accompagné le très médiocre poème de son collègue Bernis sur la Religion manifeste visiblement cette crainte. Partout où il trouve dans le poème, les mondes, il ne manque pas d’avertir que c’est une expression poétique, mais ces petites grimaces ne sont plus de saison. Ce n’est plus le temps de dissimuler les difficultés."
Ainsi l’éventualité d’une pluralité des mondes n’est-elle en rien un argument contre la dignité de l’homme. Maistre ne fait aucune difficulté pour admettre l’immensité du monde : « C’est une opinion assez répandue aujourd’hui que chaque étoile est un soleil et le centre d’un système planétaire, cela peut être ou n’être pas ». S’il accepte aussi l’hypothèse qu’il y ait des habitants dans les autres planètes, il n’est pas sûr cependant qu’il tienne cette dernière hypothèse pour si solide qu’elle paraît à bon nombre de ses contemporains. Il note que si elle agrée aux astronomes, elle heurte tant le bon sens que la tradition, puisque dans les écrits anciens une telle hypothèse a souvent été jugée défavorablement. Si jamais nous n’étions que les seuls habitants de l’univers, il n’en demeurerait pas moins qu’il serait possible de combiner l’immensité de ce dernier avec le fait que Dieu a créé le monde pour l’homme. C’est que l’homme est loin d’être cet « insecte » que décrivent les théophobes. Il est au contraire si important pour Dieu, qu’il n’y a rien d’inconvenant à penser que tout l’univers puisse être fait pour lui. Il suffit pour s’en convaincre de considérer la liaison entre les éléments. L’homme ne peut vivre sur la terre que si le soleil l’éclaire, cela signifie que le soleil est fait pour la terre, sans bien sûr que cette dernière puisse prétendre que le soleil ne brille que pour elle. Il n’en demeure pas moins que si « le soleil est en rapport avec l’œil du ciron … » cela prouve que le soleil est fait pour la terre, et conséquemment pour l’homme. Ce qui vaut pour le soleil, pourquoi est-ce que cela ne vaudrait pas pour les étoiles ? Les philosophes modernes ont tort de tant être fascinés par l’éclat des étoiles.
"Les philosophes ne tarissent pas sur la grossièreté du vulgaire, il n’y a rien de si grossiers qu’eux. Semblables aux sauvages qui préfèrent la verroterie aux métaux précieux, c’est parce que les étoiles brillent qu’ils leur accordent tant de considération. Si elles étaient noires ils ne se douteraient peut-être même pas qu’elles sont faites pour nous, mais qu’une étoile qui brille soit faite pour un homme qui ne brille pas, c’est ce qui les passe tout à fait."
Maistre retourne donc contre les philosophes leurs propres arguments. L’immensité peut s’entendre comme rehaussant davantage encore l’homme, et l’éventualité que les planètes soient habitées ne gêne en rien la religion."
Steven Spielberg says his new movie, Disclosure Day, about aliens will have Christians and people of faith second-guessing their own religion.
Spielberg says the movie will take the position of the Church.
"Is God our God only on this planet, or is God a God for every system where there's civilization?"
"That would mess up a lot of people."