L'accord entre
#OpenAI et Le Monde ouvre un débat passionnant. Mais plus complexe qu'il n'y parait.
L'accord ? "Il permettra à OpenAI de s’appuyer sur le corpus du journal pour établir et fiabiliser les réponses de son outil
#ChatGPT, moyennant une source significative de revenus supplémentaires".
Qu'en penser ?
1. Tout d'abord, c'est une bonne nouvelle pour les droits d'auteur et surtout pour le journalisme : les géants de la tech sont prêts à investir des millions pour intégrer du contenu de qualité dans leurs modèles d'IA.
2. Ce n'est pas la première fois que cela se produit. Dans les années 2010-2020, Google avait déjà versé plusieurs millions à la presse écrite, ce qui leur avait permis de lancer de nouveaux projets.
3. Curieusement, Le Monde ne communique pas sur le montant exact de l'accord, contrairement à d'autres deals comme celui entre Reddit et Google (60M$ par an).
4. Cela soulève deux questions :
👉 Ces accords vont se multiplier entre éditeurs et big techs. Ils donneront un avantage concurrentiel démesuré aux géants de la tech capables de payer, face aux autres acteurs (open source par exemple) qui n'en ont pas les moyens.
Cela annonce une concentration accrue des pouvoirs de l'IA entre quelques mains.
👉 Autre question : seuls les grands éditeurs seront favorisés par ce type d'accords, au détriment des plus petits. Ne faudrait-il pas réinventer le droit d'auteur pour permettre une juste rétribution du plus grand nombre, sans pour autant freiner l'innovation ? Des idées ?
Pour l'anecdote : il est intéressant de noter qu'en à peine un an, le discours du Monde sur l'IA a subtilement changé. Les critiques acerbes sur les dangers de cette technologie ont laissé place, dans leur communiqué, à l'enthousiasme. L'IA est désormais perçue comme un outil prometteur pour toucher de nouvelles audiences.
Cet accord en préfigure d'autres. Il soulève de nombreuses questions sur l'avenir des médias et la répartition de la valeur à l'ère de l'intelligence artificielle.