Voici le deuxième volet de l’analyse.
Scoring de niveau des épreuves de maths de l’école polytechnique (X) : le verdict est très différent du bac.
1985 : 19/20
1995 : 18,5/20
2005 : 17,5/20
2015 : 16,5/20
2025 : 17,5/20
Conclusion : à l’X, le niveau ne s’est pas effondré. Il reste extrêmement élevé.
Mais il a changé de nature.
Les sujets anciens étaient plus secs, plus abstraits, moins guidés : il fallait reconstruire, démontrer, chercher.
Les sujets récents sont souvent plus longs, plus structurés, plus progressifs, mais les dernières parties restent d’une exigence redoutable.
Le contraste avec le bac est brutal :
l’élite mathématique tient encore, mais la base s’est affaissée.
Et c’est précisément cela qui accentue les inégalités.
Quand l’école baisse l’exigence générale, les familles informées compensent par le privé, les prépas, les cours particuliers, les ressources extérieures, la bonne utilisation de l’IA.
Les autres restent avec un diplôme moins exigeant, un niveau moins solide, et une sélection qui se déplace plus tard, plus brutalement, au bénéfice des mieux armés et des mieux informés.
C’est le paradoxe français : au nom de l’égalité, on baisse le niveau commun.
Résultat : on protège les sommets et on fragilise la base. Le nivellement pas le bas est une machine à reproduire les élites.
L’effondrement de notre niveau en maths découle directement de l’effondrement de l’exigence.
J’ai demandé à ChatGPT d’évaluer, à grille constante, des sujets de bac maths représentatifs : 1985, 1995, 2005, 2015, 2025.
Résultat des scores de niveau en maths :
1985 : 18,5/20
1995 : 17/20
2005 : 15/20
2015 : 12,5/20
2025 : 10/20
Ce qui s’effondre, ce n’est pas seulement la technicité du calcul.
C’est l’autonomie.
Les anciens sujets demandaient de chercher, démontrer, tenir un raisonnement long, manipuler des objets abstraits, construire une stratégie.
Les sujets récents sont beaucoup plus guidés, découpés, sécurisés. On donne la méthode, on fragmente la difficulté, on réduit la part de recherche.
Or le bac n’est pas seulement un examen : c’est un signal envoyé à tout le système scolaire.
Quand le bac devient moins exigeant, le lycée s’adapte. Quand le lycée s’adapte, le collège suit. Et quand toute la chaîne baisse l’exigence, le niveau général s’effondre mécaniquement.
On ne relèvera pas les maths avec des slogans, des tablettes ou des “innovations pédagogiques”.
On relèvera les maths en remettant de la difficulté, de la démonstration, du calcul, de l’abstraction et de l’exigence dans les examens.
Pas d’exigence au bac = pas de niveau national.