Certains me disent : "qu'est-ce qu'on peut faire ? tu sers à quoi ?". Lorsqu'une vague de chaleur importante est prévue, les consignes agricoles visent surtout à préserver l'eau, limiter les brûlures, réduire le stress thermique et éviter toute intervention aggravante. Les recommandations varient fortement selon les productions. Voici quelques exemples (non exhaustifs, si vous avez des suggestions, n'hésitez pas) :
VITICULTURE :
➡️Reporter l'effeuillage côté soleil couchant pour ne pas exposer la grappe.
➡️Éviter les traitements phytosanitaires qui peuvent être phytotoxique au dessus de 35°C.
➡️Éviter le travail du sol qui augmente l'évaporation.
➡️Irriguer préventivement (si autorisé) avant le pic de chaleur plutôt qu'après.
➡️Sur cépages sensibles, utilisation possible de kaolin (argile blanche) ou de talc agricole pour réduire les brûlures de grappes et la température des feuilles.
ARBORICULTURE :
➡️Irrigation anticipée et verification des système d'eau.
➡️Utilisation possible de kaolin (argile blanche) ou de talc agricole pour réduire les brûlures et la températures des feuilles.
➡️Éviter de découvrir brutalement les fruits par éclaircissement foliaire.
MARACIHAGE :
➡️Décalage de toutes les plantations après la canicule pour éviter les mortalités.
➡️Ne pas biner et désherber mécaniquement pour éviter d'exposer le sol.
➡️Préparer l'irrigation matinale, le paillage, les filets d'ombrage.
➡️Décaler le travail humain aux heures fraîches et revoir le calendrier de main d'oeuvre.
ELEVAGE :
➡️Vérifier l'accès à l'eau et les installations de brumisation, ventilation.
➡️Répartir le cheptel dans des parcs arborer / abriter (si possible) et vérifier les rations alimentaires.
GRANDES CULTURES :
➡️Peu d'actions possibles à part l'irrigation.
➡️Eviter le travail du sol ou la destruction de couvert qui exposerait le sol au soleil.
➡️Eviter les semis non irrigué hors couvert.
La prévention d'un risque climatique est essentielle pour adapter le travail en champs et limiter les pertes de rendement. Mon travail n'est pas de savoir ce qu'il faut faire à l'échelle du grand public, mais plutôt à l'échelle agricole.
Bon, là, la situation est critique : les 40°C ne semblent plus être une barrière dès jeudi. On voit beaucoup plus large, beaucoup plus haut. Le potentiel d'une vague de chaleur historique (encore !) en juin dépassant les records tout mois confondus n'est plus une fiction.
Chaque canicule ne fait désormais que détrôner la précédente dans la course aux températures les plus élevées. J’espère sincèrement que les modèles de prévision vont rapidement revoir leur copie et se limiter à du 38-40°C sur une durée plus courte, car sinon les conséquences pourraient être considérables.
Les valeurs envisagées me paraissent tellement irréelles que je préfère attendre jeudi avant d’en détailler les impacts agricoles et les adaptations qui pourraient devenir nécessaires. Pour l’instant, je préfère rester prudent.
Carte : meteologix.