LA LUTTE Ă LâITINĂRANCE : LA GRANDE PRIORITĂ SOCIALE DE LA PREMIĂRE ANNĂE DâUN GOUVERNEMENT DU PARTI QUĂBĂCOIS.
12 000 personnes sont dĂ©sormais sans logement au QuĂ©bec, une augmentation de 2 400 personnes supplĂ©mentaires en seulement trois ans. Câest ce que rĂ©vĂšle le plus rĂ©cent dĂ©nombrement sur lâitinĂ©rance du ministĂšre de la SantĂ© et des Services sociaux. MalgrĂ© lâampleur du phĂ©nomĂšne, comment expliquer quâun sujet aussi grave ne se soit pas imposĂ© davantage Ă l'AssemblĂ©e nationale et dans les mĂ©dias, passant trop souvent sous le radar? Si ces personnes faisaient une chaĂźne humaine, elle serait aussi longue que la largeur de lâĂźle de MontrĂ©al ou de Laval. Lâimage en dit long sur lâampleur du problĂšme.
En cette fin dâhiver, oĂč nous avons malheureusement encore eu des dĂ©cĂšs dus aux grands froids, on doit affirmer haut et fort que cette rĂ©alitĂ© est inacceptable et quâelle doit changer. Et ne pensons pas que cela se passe seulement dans les grands centres urbains: 30 % des personnes en situation dâitinĂ©rance se trouvent dĂ©sormais en rĂ©gion.
Le visage de lâitinĂ©rance a Ă©galement beaucoup changĂ©. Ce sont des aĂźnĂ©s dĂ©pourvus de famille et de ressources, des travailleurs et des travailleuses qui malgrĂ© leur effort ont perdu pied en raison de la crise du logement, de lâexplosion du coĂ»t de la vie, de problĂšmes de santĂ© mentale, de dĂ©pendance. Ce sont aussi des gens mal accompagnĂ©s Ă leur sortie du rĂ©seau de la protection de la jeunesse ou de prison aprĂšs avoir purgĂ© leur peine. Le rĂŽle des Ă©lus dans ce contexte est de dĂ©montrer la volontĂ© politique ferme de changer dâapproche car visiblement les rĂ©ponses actuelles ne suffisent plus.
Câest pourquoi un gouvernement du Parti QuĂ©bĂ©cois fera de la lutte Ă lâitinĂ©rance la grande prioritĂ© sociale de sa premiĂšre annĂ©e au pouvoir. Le gouvernement ne peut pas tout faire, mais il peut rassembler toutes les organisations pertinentes pour quâon se donne les moyens de renverser cette tendance. Et je nous fixe un objectif ambitieux : diminuer de 50% le nombre de personnes itinĂ©rantes au QuĂ©bec dâici 2030.
Câest Ă la fois beaucoup et trop peu parce que nous visons Ă terme lâitinĂ©rance zĂ©ro, mais je souhaite que nous nous fixions un objectif Ă la fois ambitieux et rĂ©alisable. Pour y arriver, je rĂ©unirai autour de la table les organismes communautaires et les municipalitĂ©s, Ă©videmment, mais aussi les entreprises, lâĂ©conomie sociale, le milieu associatif. Il nous faut mobiliser la contribution de tout le monde. En tant que premier ministre, je mâassurerai, grĂące Ă des bilans dâĂ©tape, que nous atteindrons nos cibles.
Câest un secret pour personne, le Parti QuĂ©bĂ©cois a Ă©tĂ© le seul parti au cours des derniĂšres annĂ©es Ă avoir dĂ©noncĂ© lâaccĂ©lĂ©ration dĂ©mographique rĂ©cente, largement imposĂ©e par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Cette croissance soudaine de la population excĂšde largement notre capacitĂ© Ă bĂątir de nouveaux logements, Ă assurer lâintĂ©gration en français et Ă maintenir la qualitĂ© des services publics. En novembre 2023, jâavais averti que nous nous dirigions vers une crise sociale sans prĂ©cĂ©dent en matiĂšre de logement et dâitinĂ©rance, avertissement pourtant jugĂ© exagĂ©rĂ© par mes adversaires. Or, ce qui est moins connu, câest que sous ma direction, le Parti QuĂ©bĂ©cois a Ă©laborĂ© un plan complet et dĂ©taillĂ© visant Ă prendre en charge les personnes en situation dâitinĂ©rance et Ă renverser cette tendance.
ConcrĂštement, nous allons nous inspirer de ce qui fonctionne ailleurs dans le monde. En Finlande, on a fait de lâitinĂ©rance une cause nationale et cela a Ă©tĂ© un succĂšs. La politique « Logement dâabord », mise en place en 2008, a permis de faire passer le nombre de personnes en situation dâitinĂ©rance de 20 000 Ă 4 000. Ă Houston, avec une politique similaire, « The way home », ils ont baissĂ© lâitinĂ©rance de 61%, malgrĂ© une hausse de leur population. Le fonctionnement de ces politiques est assez simple. PlutĂŽt que de mettre le logement dans un continuum dâaide, on offre un toit le plus rapidement possible, et ensuite on rĂšgle les autres problĂšmes qui relĂšvent souvent de dĂ©pendance ou de santĂ© mentale, en effectuant des suivis serrĂ©s et en offrant des services sur les lieux du domicile.
Ce ne sera pas la seule solution Ă©videmment, le plan du PQ comporte cinq axes inspirĂ©s des meilleures pratiques Ă travers le monde en matiĂšre de lutte Ă lâitinĂ©rance ». Le plan d'action, dĂ©taillĂ© en commentaires, se concentre sur :
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l'offre de logement;
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les services sociaux;
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l'aide financiĂšre;
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la prévention;
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la réinsertion sociale.
Nous croyons que ce plan en plusieurs axes permettra de freiner la hausse de l'itinĂ©rance, dâassurer une rĂ©ponse concrĂšte et humaine aux personnes vulnĂ©rables, et de favoriser durablement leur rĂ©insertion.
Dans ma vingtaine jâai eu la chance dâĂȘtre bĂ©nĂ©vole pour « Pops dans la rue », un organisme qui sâoccupe dâitinĂ©rance. Pendant mes Ă©tudes Ă la facultĂ© de droit de lâUniversitĂ© McGill, jâai Ă©galement eu lâoccasion de rĂ©diger une thĂšse sur lâĂ©volution du droit des itinĂ©rants, un travail qui avait remportĂ© le prix du meilleur essai de lâannĂ©e de la facultĂ©. Ce sujet me touche profondĂ©ment Ă titre personnel et me prĂ©occupe depuis de nombreuses annĂ©es. Câest aussi le symbole fort dâun dĂ©clin moral et institutionnel de notre sociĂ©tĂ©, dĂ©clin que nous devons absolument refuser pour ensuite le renverser.
Jâai eu la chance de rencontrer Jacques Parizeau une seule fois dans ma vie dans les coulisses de TĂ©lĂ©-QuĂ©bec lorsque je collaborais Ă lâĂ©mission
Bazzo.tv. Je lui avais demandĂ© comment il voyait la politique. Sa rĂ©ponse m'avait marquĂ©, tellement elle Ă©tait simple, mais allait Ă l'essentiel. Il mâavait rĂ©pondu : « La politique, câest protĂ©ger son monde ». Câest ce quâon doit faire pour les personnes en situation dâitinĂ©rance. Le QuĂ©bec ne peut plus attendre.