Aujourd’hui, la plus haute juridiction du pays m’a donné raison.
Après sept ans de combat, après les brimades, les insultes racistes pour lesquelles ils ont été condamnés, après les pressions, les refus d’appliquer les préconisations du médecin du travail, après les attaques visant à briser ma santé et ma carrière, Trans-Landes a perdu.
Cette entreprise publique, les autocars que vous voyez circuler dans les Landes, a brisé ma carrière à 27 ans. Ses dirigeants m’ont poussé à l’inaptitude. Aujourd’hui, à 35 ans, je suis en invalidité. Mais eux n’ont jamais été inquiétés.
Aujourd’hui encore, certains de ceux qui ont participé à ce harcèlement, qui ont contribué à briser ma carrière et ma santé, continuent d’occuper tranquillement leurs postes. Protégés par un conseil d’administration composé d’élus locaux, qui ont préféré le silence à la responsabilité.
Ce conseil, présidé aujourd’hui par Renaud Lagrave, tout comme l’ont été avant lui Pierre Froustey, Monique Lubin, Éric Kerrouche, Xavier Fortinon et maintenant Alain Rousset, depuis que la SPL a été transférée à la Région Nouvelle-Aquitaine. Tous soi-disant socialistes.
Informés dès 2017 ou plus tardivement, aucun d’entre eux n’a jamais pris publiquement position. Aucun n’a répondu à mes alertes. Tous ont préféré couvrir l’inacceptable plutôt que de stopper cette machine à broyer.
Trans-Landes a dépensé des sommes faramineuses en frais de justice, en honoraires d’avocats, en dommages et intérêts, tout cela avec de l’argent public. De l’argent qui aurait dû servir à l’amélioration des conditions de travail, au service public. Au lieu de cela, il a été utilisé pour défendre l’indéfendable, pour tenter d’écraser une victime plutôt que de reconnaître des faits pourtant établis par la justice.
Je ne veux pas en faire un combat politique, mais les valeurs que je défends ne sont pas celles qu’ils prétendent incarner en tant qu’élus socialistes.
Jennifer, mon pilier, mon amour, celle qui a traversé toutes ces épreuves avec moi, depuis dix ans. Un an après notre rencontre, j’apprenais ma sclérose en plaques. Quelques mois plus tard, Trans-Landes décidait de me broyer. Elle a tout enduré avec moi, soutenu chacun de mes pas, séché mes larmes, trouvé les mots pour que je tienne debout. Enfin, nous allons pouvoir nous marier sereinement le 14 juin prochain.
Mattéo, mon fils, mon tout petit, mon chaton, arrivé en pleine tempête, et qui, grâce à son insouciance, ses "je t’aime" et son sourire, m’a donné la force de continuer, malgré mes angoisses, malgré cette bataille judiciaire interminable.
Cette victoire, c’est aussi la leur. Celle de notre famille, de notre combat, de notre amour.
Les affaires judiciaires se sont multipliées à Trans-Landes ces dernières années, mais tout le monde reste passif. Et l’État ? Il ne protège pas les salariés malades ou en situation de handicap, il les laisse seuls, face à un mur bien souvent infranchissable. Ce système préfère protéger ceux qui harcèlent plutôt que celles et ceux qui en sont victimes.
Aujourd’hui, je pense à toutes celles et ceux qui subissent en silence. À celles et ceux qu’on harcèle au travail, qu’on pousse dehors parce qu’ils sont malades ou en situation de handicap, à celles et ceux qui n’ont pas les ressources pour se défendre. Je continuerai à porter votre voix, à travers mes engagements.
Mes merveilleux amis, mes innombrables soutiens sur les réseaux sociaux, vous avez été ma force quand la mienne vacillait. Merci.
À ceux qui savaient et qui ont choisi de me tourner le dos, je n’oublierai jamais votre silence complice. Vous avez préféré protéger vos tout petits médiocres intérêts, plutôt que d’agir.
Je veux aussi avoir une pensée pour mon "vieil ami" Jean-Paul, syndicaliste engagé, qui m’a tant aidé et qui n’est plus là aujourd’hui pour voir cette victoire. J’espère que, de là où il est, il est fier de son "jeune ami".
Aujourd’hui, je suis épuisé. Tout est à reconstruire. Mais je suis debout.
Je vous aime.
1/2 Ceux qui me suivent depuis des années ici connaissent bien mon histoire. Mais dans quelques jours, le 19 mars, la Cour de cassation rendra son arrêt. Une ultime décision après 7 ans de combat contre Trans-Landes, l’entreprise qui m’a harcelé, brisé, licencié après m’avoir laissé souffrir en silence. Depuis plusieurs jours, je ne dors plus. Je suis sous traitement médical lourd pour essayer de traverser cette période. L’attente me paralyse.
Tout commence en 2016 : on me diagnostique une sclérose en plaques. Je suis reconnu travailleur handicapé (RQTH), ce qui est censé m’apporter une protection. Mais ça ne m’a pas protégé. La médecine du travail impose un bus adapté à mon état. Trans-Landes refuse. Je dois continuer à travailler dans un véhicule inadapté, malgré les douleurs, malgré la fatigue extrême. J’alerte. On me répond que je suis un "assisté", qu’il y en a "des pires que toi qui bossent sans se plaindre".
Et comme si ça ne suffisait pas, je subis aussi le racisme. Mon supérieur me lance : "Ça va l’immigré ?" "Comment va DAESH?", devant témoins. Lors d’une enquête interne, il reconnaît ses propos mais les minimise : "C’était pour rigoler". La direction est au courant. Personne ne réagit.
Mon employeur ne s’est pas arrêté là. Lorsque j’ai demandé un aménagement médicalement nécessaire, le directeur de production s’est emporté et a insinué que ma maladie était une excuse. Il a osé comparer mon état à des salariés qui « se mettent en arrêt pour rien » et a affirmé que le médecin du travail « ne se rend pas compte de la complexité de travailler avec des salariés qui ont des restrictions médicales ». Face à la pression, j’ai été forcé d’accepter un véhicule inadapté.
Quand mon état s’est aggravé et que la médecine du travail a prescrit un mi-temps thérapeutique, Trans-Landes l’a refusé verbalement, juste « pour des raisons d’organisation ». Rien d’autre. Pas un mot sur ma santé, pas une prise en compte de mon état. Juste du mépris et du cynisme.
En 2019, mon corps lâche : je suis déclaré inapte et licencié.
Mais je refuse de disparaître en silence. Je porte l’affaire en justice. En 2023, la Cour d’appel de Pau reconnaît la vérité : harcèlement moral avéré, licenciement nul, condamnation de Trans-Landes. Une victoire ? Oui, mais pas encore définitive. Mon ex-employeur refuse d’assumer et s’accroche à un pourvoi en cassation.
J’ai alerté tous les élus locaux, du département à la région, sur ce qui se passait dans cette entreprise publique. Aucun n’a bougé. Ceux qui dirigent aujourd’hui ont laissé Trans-Landes se pourvoir en cassation, même si c’est évidemment un droit. Ils ont laissé cette société utiliser l’argent du contribuable pour continuer à s’acharner sur un salarié malade. Personne n’a levé le petit doigt.
Mais ce n’est pas fini : il y a aussi une procédure pénale en cours. L’inspection du travail a rédigé un PV accablant, transmis au procureur. Le procureur a mandaté une juge d’instruction qui a ouvert une enquête et m’a déjà auditionné. La justice avance, lentement, mais sûrement. Un harcèlement aussi grave ne peut pas rester impuni.
Aujourd’hui, j’attends le verdict final. Le rapport du conseiller rapporteur a rejeté en bloc les arguments de Trans-Landes. Il confirme que la Cour d’appel a bien jugé, que mon licenciement était injuste et que mon employeur ne peut plus fuir ses responsabilités. J’espère que cela me portera chance et que la Cour de cassation suivra cet avis.
Mais tout cela a un prix : les procédures judiciaires coûtent une fortune pour un simple citoyen qui n’a rien demandé. Pendant que je me bats avec mes propres moyens, Trans-Landes, entreprise publique landaise administrée par les élus paradoxalement socialistes des Landes et désormais de Nouvelle-Aquitaine, utilise l’argent du contribuable pour prolonger son acharnement. Et ce n’est même pas la première fois qu’ils sont condamnés…👇🏼