Notre score moyen en mathématiques à PISA a chuté de 37 points en vingt ans. Selon l’étude de référence TIMSS, le niveau moyen de nos collégiens dans cette discipline - le plus faible de toute l’Europe - se situe désormais entre le Kazakhstan et le Monténégro. Quant aux évaluations nationales conduites par le ministère dont Édouard Geffray a la charge, elles montrent que plus d’un élève sur deux ne maîtrise pas les automatismes élémentaires : calcul mental, tables de multiplication, fractions, pourcentages.
Donc oui, le niveau est en « chute libre ». Le dire n’a rien d’un « raccourci politique hâtif » : c’est reconnaître une évidence, conforme à toutes les données disponibles et à l’expérience de terrain des professeurs, dont 85 % tirent la sonnette d’alarme sur le sujet dans l’indifférence des gouvernements successifs (OpinionWay).
Qu’Édouard Geffray botte en touche, au mépris de toute décence, ne surprendra personne. Numéro deux de l’Éducation nationale pendant cinq ans, en sa qualité de DGESCO, il a accompagné le désastre, fait montre d'impuissance face à la crise des vocations et mis en œuvre les politiques qui nous ont conduits dans l’impasse actuelle, à commencer par les réformes du lycée et du baccalauréat. On comprend, dans ces conditions, qu’il ait jugé plus prudent de bloquer sur X toute possibilité de réponse et de contradiction...
« Chute libre » en mathématiques ? S'il faut avoir la lucidité de constater les difficultés, nous agissons chaque jour pour faire progresser nos élèves :
👉 La quasi-totalité des professeurs du 1er degré ont bénéficié d’un plan de formation en mathématiques depuis 2018.
👉 Le plan Filles et maths, qui vise à augmenter la part de filles dans les filières scientifiques au baccalauréat et dans l’enseignement supérieur, a été mis en place.
👉 Tous les programmes, de la maternelle à la fin du collège, ont été réécrits depuis 2024 et placent le calcul et le raisonnement au cœur des apprentissages.
👉 Le nouveau concours général des collèges, qui sera lancé à la rentrée 2026, comprend une épreuve de mathématiques, qui sera paritaire.
👉 Pour la première fois de l'histoire du baccalauréat, tous les élèves de 1ère générale et technologique passeront une épreuve anticipée de mathématiques.
L'ambition défendue par Patrice Caine est partagée. Mais l’École de la République et ses 800 000 professeurs, qui travaillent tous les jours à faire réussir leurs élèves, méritent mieux que les raccourcis politiques hâtifs.