đŽLa loi Yadan a un vrai objectif : empĂȘcher la critique d'IsraĂ«l.
Son article premier ajoute l'apologie « mĂȘme implicite » d'un acte de terrorisme Ă l'article 421-2-5 du Code pĂ©nal.
L'apologie directe est déjà punie, et son application est plus qu'extensive : condamnation pour un partage « sans critique ni nuance », garde à vue pour un like, garde à vue d'un enfant de 8 ans.
Le mot « direct » était censé imposer la démonstration, le débat, la contestation. Il est déjà dévoyé.
Alors imaginez « implicite ».
Le droit pénal a horreur de ce qui n'est pas défini. Ce vide laisse place à l'arbitraire. Et l'arbitraire n'est jamais au bénéfice du justiciable.
đč Dire Allah Akbar ? Des terroristes le disent aussi - j'ai eu un client en GAV pour ça. Approbation implicite ?
đč « Nous sommes tous des enfants de Gaza » ? Comme le Hamas. Donc vous approuvez leurs actes ?
đč Expliquer, contextualiser le djihad ? « Expliquer, c'est excuser », disait Valls. Et excuser, c'est approuver, non ?
đč Sortir un drapeau palestinien ou critiquer la colonisation israĂ©lienne ? Comme le Hamas, tiens. Soutien implicite ?
La réponse dépendra du juge. Du parquet. Du policier. Du climat politique du moment.
Et ces textes n'ont pas besoin d'ĂȘtre appliquĂ©s pour produire leur effet. Leur fonction, c'est l'autocensure. La parole qui se rĂ©tracte avant d'ĂȘtre prononcĂ©e.
Car personne n'a envie d'ĂȘtre placĂ© en garde Ă vue, ou sous contrĂŽle judiciaire, sans mĂȘme parler de condamnation et d'inscription au FIJAIT.
L'objectif, au fond : réduire au silence toute critique de la politique israélienne.
On a toujours légiféré sur les mots.
On légifÚre maintenant sur les sous-entendus.
Et c'est l'accusateur qui décidera ce que vous vouliez dire.